CHAPITRE XVIII
nu CONS£BVATOIRE DES TBIMTAIRES ET DE SAINTE-EUPUÉHIE.
Sous le pontificat de Pie VI, une sœur Catherine Marchetti, Romaine, recueillit en une maison, près de Saintc- Praxède, quelques jeunes filles portées vers la vie religieuse, et les mit sous la direction des pères Trinitaires déchaussés, dont elle portait l’habit. Elle désirait fonder un monastère ; mais monsignor Buffo, trésorier, lui conseillant de recevoir dans cet asile les orphelines des employés du gouvernement, modifia l’idée de la fondatrice et donna naissance au conservatoire des trinitaires. Mon^ signor le trésorier s’occupait du temporel, monsignor le vice-gérant du spirituel de l’institut. La fondatrice mourut en 1789, et le conservatoire fut transféré à Saint-Paid-rEnnite, dans la rue des Quatre-Fonfaines, où monsignor le trésorier Buffo le réorganisa sous une règle nouvelle. Le traitement est le même que dens les autres COTiservatoires ; les travaux se bornent à la couture, au raccommodage et choses semblables : le gain se
donne aux élèves pour leurs vêtements. Le local est assez petit; il a une église, un jardin, et contient aujourd’hui dix élèves seulement. Trente autres jeunes filles du conservatoire de Sainte-Euphémie sont réunies aux premières dans les mêmes bâtiments . Ce conservatoire dut son origine à ce Léonard Céruso que nous avons vu recueillir à Borne les enfants vagabonds, désignés de son surnom, sous le titre de Lettrés. En 1595, le cardinal-vicaire Busticucci et le vénérable cardinal Baronius, prirent soin de ces pauvres filles. Le premier leur obtint près de la colonne Trajane une maison démolie plus tard, comme toutes les autres, par l’administration française pour décombrer les ruines de ce grand monument. Flavia Conti Sforza, comtesse de Sanla-Fiora, fonda le monastère de Saint-Urbain, de l’ordre de Sainte-Claire, où elles pouvaient se faire religieuses. Sur la fin du XVll'^ siècle, le conservatoire comptait deux cents élèves, exerçait plusieurs branches d’industrie et possédait de belles rentes. Le cardinal camerlengo est supérieur des deux instituts de Sainte- Euphémie et de Saint - Urbain. Le prélat auditeur du camerlengo, deux avocats, un ecclésiastique et huit chetaliers forment la députation. Du bâtiment de la colonne Trajane, les jeunes filles allèrent à Sainte-Catherine-des- Cordiers; en 1814 à Saint-Ambroise; enfin en 1828 à Saint-Paul où elles sont aujourd’hui, malgré l’exiguité du local, tout au plus capable de loger à leur aise trente personnes seulement. Le conservatoire des trinitaires reçoit du trésor 1758 écus et celui de Sainte-Euphémie 574, outre 3500 écus de rentes propres, sur lesquelles pèse la charge de l’entretien de Saint-Urbain.