CHAPITRE XIX
Dl' COÎÎSERVATOIRE BORROMÉE.
Le cardinal Vitaliano Borromée, dernier membre de cette grande famiUe, qui fut revêtu de la pourpre, acheta, il y a cinquante ans, à l’instigation de D. Marconi, prêtre zélé, une maison sur l’Esquilin, pour y recueillir les orphelines abandonnées. Les premières admises étaient tellement pauvres que le peuple les nomma cenciose (déguenillées).
Le cardinal ne refusait pas même celles affligées de quelque infirmité, et les faisait soigner avec grande sollicitude. Il ordonna dans son testament, qui les instituait héritières de ses biens, qu’un ecclésiastique fut le supérieur et se choisit un coadjuteur, ainsi qu’il se pratiqpie à l’hospice de Papa-Jean. De ces supérieurs dépendent l’admission, l’administration intérieure et la discipline. Le bâtiment est divisé par une cour eu deux ailes, et un corridor couvert les unit l’une à l'autre ; les jeunes filles dorment dans plusieurs chambres, présidées par une maltresse. Quand elles sortent le dimanche pour se promener, elles ont une robe de couleur de violette, un voile sur la tète et sur les épaules. Leurs travaux consistent à coudre, à fabriquer des bas et à devider de la soie. Le traitement et le règlement sont semblables à epux des autres conservatoires. Quand elles se marient, l’élablis-
scment ne peut donner de dot; mais il n’est pas difficile de s’en procurer à Rome, où les secours matrimoniaux sont très abondants. Les revenus sont d’environ 2000 écus avec lesquels on entretient 40 personnes.
CHAPHRK XX.
nu CONSERVATOIRE DES PERICLITANTES.
On appelle conservatoire delle pericolanli (périclitantes), cet établissement assis à la naissance du Janicule, fondé à la fin du dernier siècle par Francesco Cervetti, compagnon de Papa Jean, et soutenu et dirigé parl’abbé Barlari. Pie VI acheta pour cet institut le palais Vitellescbi, qu’U occupe. Monsignor Ruffoy établitdes métiers de soie, pour la préparation de laquelle on a encore deux grandes maebincs, dont l’nne rem^t toute la hauteur du bâtiment. Les marchands y apportent des commandes ; un cinquième du gain est accordé aux jeunes filles pour leurs vêtements ; le reste est employé à la manutention des machines et au profit de l’établissement. Le commissaire de la révérende chambre apostolique en est le supérieur temporel, chaîné de prononcer sur les admissions : monsignor le vice-gérant le directeur spirituel. On y compte 50 élèves. Les revenus sont de 643 écus qui, joints aux 3385,98 donnés par la chambre, forment
4030,98. Jeu ajoute rieu quaut aux usages et aux i-èglements intérieurs puisque j’en ai parle dans les chapitres précédents.