‹ Des intérêts catholiques au XIXe siècle (volume 2)Chapitre 21 sur 69 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

rice ou leur indiscipline, ailleurs la complicité d'un trop grand nombre avec les pires ennemis du bien. Ces misères se voient aujourd'hui, comme elles se sont toujours vues, comme elles se verront toujours. Mais ce qu*on n^a pas vu, du moins depuis deux siècles, c^esl un mouvement de régénération et de rajeunissement comme celui que nous venons de résumer.

Il (faut d*ailleurs le remarquer : dans les luttes entre diverses puissances, on ne peut mesurer retendue -de la victoire que par le degré de la chute des adversaires ou des rivaux de la puissance qui triomphe. Si votre ennemi n'a succombé qu'après une lutte glorieuse ei longtemps disputée, si dans sa défense il conserve l'honneur et la conscience de sa force, vous pouvez contracter avec lui une paix honorable; vous seriez insensé de fonder une confiance illimitée sur sa faiblesse. Mais je prie qn'on veuille bien me dire où en sont les puissances ennemies, ou simplement rivales de l'Église. Après les luttes qui ont rempli l'histoire du monde pendant soixante ans, de toutes les forces qui étaient debout eo 1789, quelles sont celles qui se trouvent avoir ^gné quelque chose à l'heure où nous sommes ? 11 y en a deux : la révolution et l'Église. Mais en dehors d*elles, point. Serait-ce par hasard le protestantisme? Non. La philosophie? Non. Le pouvoir temporel? Non. Le libéralisme? Non, mille fois non.

Le protestantisme, tombé au rang de simple négation, n'est plus guère pris au sérieux par personne. Gomme institution, il a laissé réduire au rang d'une section de l'administration civile ses

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églises officielles, docilement enchaînées dans Tan- Uchambre de l'État, soumises à la surveillance, à la direction et à Tinterprétation dogmatique des laïques. Gomme théologie, il a vu son orthodoxie pâlir graduellement devant les doctrines vagues ou perverses qui ont envahi toutes ses universités et toute sa polémique. En Allemagne, nous savons déjà son irréparable décadence, et nous ajoutons que la Bible, que Luther se vantait d'avoir découverte, est rejetée comme un tissu d'impostures ou de mythes par beaucoup de ceux qui se portent pour les héritiers directs de Luther et qui remplissent les châtres des églises réformées. En Amérique, comme en Angleterre, la vie s'est retirée de cette fraction dn protestantisme qui se qualifie d'orthodoxe, et qui a conservé une ombre d^organisation hiérarchique, pour se réfugier dans les sectes dissidentes , chex les adversaires déclarés de toute discipline et même de toute révélation. Gomme en Allemagne, la doctrine de la réforme ne sert plus que de point de dé* part au rationalisme et à la démocratie. A Dieu ne plaise que je blesse aucune conscience honnête! Je connais des protestants dont les illusions ne me font pas méconnaître les vertus ; je sais qu'il reste çà et là une poignée d'hommes honnêtes et pieux à qui ne manque pas la bonne volonté de combattre les conséquences de leur principe : leurs efforts contre l'ennemi commun ne seraient pas dédaignés par l'Église; mais que peut-on attendre quanta présent, que peut on craindre surtout d'une soidisant Église divisée en mille sectes diverses , et qui n'a produit ni un prédicateur ni un théologien depuis la mort de Vinel et la conversion de Mewmao ?

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