‹ Des intérêts catholiques au XIXe siècle (volume 2)Chapitre 23 sur 69 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

la philosophie aux affaires. En vérité ! Alors la philosophie mérite bien l*arrél que prononçait contre elle Frédéric ii, en disant que, 8*il avait une province à punir, il la donnerait à gouverner aux philosophes. Ces philosophes et ces libéraux ont si bien conduit les affaires, que deux fols en un demisiècle leur système a abouti à Tabdication et à la suppression possible de tout droit et de toute liberté, et cela aux applaudissements des honnêtes gens effrayés 1 Oui, deux fois en cinquante ans, les peuples, désabusés pour un temps par Texcès du mal, et épouvantés par les secousses de la machine sociale, ont jeté la liberté garrottée aux pieds d*un maître absolu. Telles sont, à Pheure qu'il est, les conquêtes de 1789 : tels sont les triomphes de ce qu'on a osé appeler la raison et la sagesse modernes, et qui n'était autre chose qn'une odieuse révolte de Torgueil et de Penvie contre Dieu et contre la nature des choses. En présence d'une catastrophe si imprévue, mais si méritée, le chrétien, sûr d'en connaître le sens et la cause, ouvre les livres saints, et y trouve l'histoire d'hier , racontée depuis quatre mille ans par Job et par Salomon.

Qui dùcerunt Deo : Rbceoe a nobis et scien'

TIAM VIARDM TIARCH nOLDMl'S... CrUflt SÎCUt pa-

leœ ante faciem vintiy et sicut favilla quam turbo dispergit (i).

Iniquitates suœ capiunt impium».. Ipie morietur, quia rotv habet disciplinam, et m mclti-

TODlRt STDLTITIil SMM DECIPIETUft (S).

Or, Je prétends que l'avortement complet du faux (i) Job, XXI. — (s) Proverb., v.

G4 DES INTÉHETS CATHOLIQUES.

libéralisme, qui a été depuis si longtemps le rival ou Tadversaire du catholicisme, crée pour TÉglise la plus grande situation qu^on puisse rêver pour elle, et que, debout el invulnérable entre le protestantisme impuissant et la monarchie vacillante, sur les ruines de la raison insurgée et de la fausse liberté, elle devient, aux yeux de tout juge impartial et sensé, la plus grande, pour ne pas dire la force unique des temps actuels

Mais de ce que la raison, égarée par de faux sages, est confondue et humiliée ,' de ce que la liberté, trahie et souillée par de faux libéraux, semble temporairement supprimée, en faut-il conclure que les catholiques doivent renier la raison et sacrifier la liberté ? Tout au contraire ! J'ose dire que c'est le moment de les recueillir avec respect, de leur rouvrir l'asile inviolable où l'une et l'autre peuvent se réfugier, se purifier, se refaire, s'occuper de leurs blessures, panser et guérir leurs plaies sous î'aile de la foi catholique.

Le problème de l'alliance du catholicisme avec la raison, avec la raison libre, malgré la conscience de son infirmité, et humble, malgré le souvenir de sa divine origine ; ce problème, que les plus grands génies de lIÉglIse, tels que saint Anselme et Bossuet , ont si énergiquement abordé, si admirablement résolu, et qui semble toujours renaître, ne doit pas me préoccuper ici : assez d'autres s'en chargeraient, s'il y avait lieu.

Mais la situation relative des intérêts catholiques et des intérêts de la liberté me semble mériter une étude urgente et sérieuse. J'y veux consacrer tout ce qu'il me reste à dire.

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