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vieillard qui était Tenu le sacrer empereur, et, îe traînant d*étape en étape, de prison en prison, il entreprit contre sa TicUme une lutte impie où il fut vaincu, tout en gardant dans les fers ]usqu*au Jour de sa chute le vicaire de Jésus-Christ.
Est-ce la réaction monarchique de 1814? Est-ce notamment la restauration en France? Non encore. Et ici, Dieu me préserve de vouloir méconnaître les services rendus parla maison de Bourbon à la France et à la liberté, à cette liberté dont la destinée semble plus que jamais identifiée avec celle de cette auguste race. ! Dieu me garde d'élever une ombre de récrimination contre un gouvernement qui a si noblement et si péniblement vécu entre les aveugles exigences des ultra-royalistes, et ^'odieuse ingratitude du parti libéral. Dieu me garde surtoutde révo* queren doute le zèle sincère et fervent des princes de cette illustre maison pour la foi de saint Louis. Mais Je ne constate qu*un fait en rappelant qu*après quinze ans passés sous des rois dont le dévouement à TËglise était incontestable, la religion bien loin d^avoir gagné du terrain, était tombée dans le plus aiBigeant discrédit et avait perdu presque toute influence sur le peuple comme sur la bourgeoisie. Certes Je n*en conclus pas que des rois impies ou simplement Indifférents valent mieux pour l*Ëglise et la vérité que des rois chrétiens : je dis seulement, e%^nsultant Texpérience, que, dans une société comme la nôtre, le dévouement des rois les plus chrétiens ne suffit pas à Tœuvre de salut. J*en atteste les souvenirs de tous ceux qui, comme moi, terminaient leur éducation vers cette époqne. Combien étions-nous de Jeunes chrétiens, même dans
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les coliég^eâ les mieux famés ? A peine un sur vingt. Quand nous entrions alors dans une église, est-ce que la rencontre d'un de ces jeunes gens des écoles, d'un de ces hommes du peuple qui aujourd'hui remplissent nos temples, ne produisait pas presque autant de surprise et de curiosité que la visite <i*un voyageur chrétien dans une mosquée d'Orient? Encore une fois, je ne justifie rien ; je ne cherche pas même à rien expliquer : je raconte. Je ne me laisse pas aller à la tentation de signaler les coupables complots et les mécomptes amers de ceux qui, par leurs écrits et leur conduite, avaient travaillé avec un si cruel acharnement à dévaster ainsi Tâme de la France. Si Ton en avait le loisir et le courage, il serait assez piquant, ce me semble, d'en déférer aux vieux libéraux de ce temps-là, s'il en reste, pour savoir d'eux jusqu'à quel point ils ont à se féliciter du résultat politique et social de cette guerre faite à la monarchie et à la religion, à Taide du chantre de Lisette et de FrétUlon, du Petit Chapeau et du f^ieusp Drapeau. Mais je me borne à enregistrer un souvenir douloureux et inc£Façable : au sortir de la restauration, TÉglise était en France au ban deTopinion et de la popularité, et peut s'en fallut qu'elle ne fût entraînée, comme en 179S, dans la chute de la royauté.
Que Ton compare sa situation en 1830 avec celle qu'elle a prise sans elfort en 1848, au sortir d*un règne auquel elle avait été presque toujours condamnée à résister; qu'on la compare avec celle qu'elle a gardée en 185^, après quatre années de luttes continuelles contre les périls de l'anarchie.
Ce n'est donc ni l'empire, ni la.restauratioh ; ce
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n'est ni la proieclion, ni la sympathie du pouvoir qui lui ont valu la force qu'elle possède aujourd'hui, le mieux relatif que chacun ressent, le progrès manifeste qui chaque jour se révèle.
Qu'est-ce donc? Il faut le dire : c'est la liberté, rien que la liberté, et la lutte rendue possible par la liberté.
La même cause a produit partout le même effet. Il suffit de citer l'Angleterre et O'Connell, la Belgique et sa constitution, la Hollande et l'Allemagne tout endère ; en un mot, tous les pays que noua passions tout à l'heure en revue.
Je ne veux marcher qu'avec des précautions extrêmes ; je me mets en garde contre ce paralogisme signalé par l'école : Cum hoc, ergo propier hoc. Je ne veux m'arroger aucun droit contestable. Je parle dans l'ordre des choses permises : je ne pose aucun principe; je ne promulgue aucune doctrine; je ne constate que des faits, et j'en lire des conséquences parement pratiques. Je ne consulte que l'expérience ; je fais de l'empirisme, mais de l'empirisme de croyant, en regard de cet empirisme incrédule qui a dominé le monde moderne jusqu'à nos jours.
Mais sur ce terrain-là je proclame, sans crainte d'être démenti, que c'est à la liberté que nous devons, en fait, le succès merveilleux et imprévu des intérêts catholiques. Oui, partout la lutte a profité à rtiglise, partout, depuis la tribune de Westminster, du Palais-Bourbon et du Luxembourg, jusqu'à la prison des archevêques de Cologne et de Turin : et la lutte n'est possible qu'avec la liberté. Oui, la liberté politique a été la sauvegarde el l'instrument de la régénération catholique en Europe. Partout
celte régénération aj«té d*au(ant plu8 complète et plus facile que la liberté* a été plus sincère et plus sérieuse. Et j*aJoute que cette régénération n*a eu lieu nulle part que là où elle a été précédée ou provoquée par la liberté politique, sous une forme plus ou moins imparfaite. Il n*y a qu'un seul pays en Europe où la religion catholique soit complètement enchaînée : c*est la Russie ; c'est aussi le seul pays où la liberté n'a jamais existé.
Je remarque, en outre, que tous les hommes qui •ont exercé une influence durable et profonde sur ropinion catholique ont tous, tôt ou tard, aimé et servi la liberté. Je citais tout à Theure OXonnell, dont le nom seul suffit ; Je citerai encore Balmès, qui, dans son écrit sur Pie ix, a si éioquemment proclamé Tunion de la religion et de la liberté. Je citerai même le comte de Slaistre, qui passait, à quarante ans, pour un jacobin, parce qu'il Toul»it, nous dit son fils, ces libertés justes et honnêtes qui empèchenlles peuples d'en convoiter decoupable8(i).
Faut-il maintenant que je m'explique sur ce que j'entends par liberté ?Serai-je soupçonné de vénérer sous ce nom ancien et sacré les inventions de l'orgueil moderne, l'infaillibilité de la raison humaine,
(i) d .... Les opinions du comte de Haisire étaient pour • ces libertés Justes el bouDètcs qai empêchent les peuples « d'en conToiter de coupables. Celle manière de voir, qu'il « ne cachait nullement, ne loi fat pas Tavorable, dans un a temps où les esprits échauffés regardaient la modération fi comme un crime. M. de Maistre Tut soupçonné de jaco- << binisme, et représenté à la cour comme un esprit enclin « aux nouveautés, et dont il fallait se garder. » ( Lettres $t ojnntonf, 1851, t, i, p. 6. }