CHAPITRE IV
la sotie hérésie de la perfectibilité indéfinie de rbomme, U Goasécration^de Tenvie sous le nom d^égallté, ridolfttrie du nombre sous le nom de suffrage universel et de souveraineté du peuple? En •erai-je réduit à me défendre de toute complicité avec les prédicateurs de lalilnsrté illimitée, absolue? J'espère que non. Ce que j*aime et ce que je désire, c*est la liberté réglée, contenue, ordonnée, tempérée, la liberté honnête ei modéré»; la liberté telle que Tont proclamée, recherchée, conquise ou rêvée, tes grands cœurs et les grandes nations de tous les temps, dans Tantiquité comme depuis la rédemption; la liberté, qui bien loin d'être hostile à rautorifé,ne peut coexister qu'avec elle, mais dont la disparition fait aussitôt dégénérer l'autorité en despotisme.
Encore une fois, je n'entends professer ici aucune théorie absolue, universelle, exclusivement applicable à tous les siècles et à tous les peuples. Je prétends seulement que, chez la plupart des peuples chrétiens, et dans l'état actuel du monde, la liberté est un bi^n, un bien relatif, non absolu. Sauf en ce qui touche aux lois directement établies et révélées par IHeu, je tiens que l'absolu est en tout l'ennemi de la vérité, telle qu'elle s'adapte à l'infirmité humaine.
Donc la liberté peut et doit varier dans son application et dans son étendue, selon les temps et les lieux, selon les hommes et les choses Mais, partout où elle existe, elle a cet incomparable avantage, qu'elle crée ou qu'elle réclame des garanties indispensables contre les abus du pouvoir. Elle les place dans des constitutions écrites ou traditionnelles, dans des lois qui lient réciproquement les peuples
T2 DES IKT^EÀTS GA.THOLIQUES.
el leurs chefè, dans ces pactes qui, depuis rorigine du monde, ont' toujours été la condition et le palladium des sociétés régulières el durables. Ces garanties sont toujours incomplètes, souvent éphémères; mais elles sont toujours nécessaires, toujours regrettables et toujours regrettées quand elles ont péri. Elles constituent le besoin le plus impérieux et le plus légitime de l'bomme en société. Aucune forme politique ne les assure irrévocablement, aucune ne peut les empêcher de dégénérer en abus. Mais, malgré ces conditions d'imperfection et de faiblesse, les essais les moins heureux, les institutions les moins durables, les lois les moins observées, tout cela est préférable au pouvoir absolu, au pouvoir illimité dé Thomme sur Thomme, que ce pouvoir soit exercé par un seul ou par la multitude, au nom d^une dynastie inamovible ou au nom du peuple souverain.
Je sais que j'ai contre moi la grande autorité de Bossuet, et j'en gémis. Il veut que le pouvoir des rois soit absolu, et il essaye de distinguer ce genre de gouvernement du gouvernement arbitraire. Ce soin qu^ont toujours pris les hommes de chercher des barrières à la souveraine puissance dans les diverses constitutions des empires et des monarchies, il rappelle un vain tourment (i).
(i) Politique tirée de l'Écriture iainte. Ht. x , art. 6, prop. II. Et il vient dédire, en propres termes, après avoir cité Saiil, Hérode, Abimélecb ; a On voit que, depuis Véttt* « blissement de la puissance absolue, il n*y a plus de bar- (I rière contre elle, ni d'hospitalité qui ne soit trompeuse, «r ni de rempart assuré pour la pudeur, ni enfin de sûreté « pour la vie des hommes. Avouons donc, de bonne foi.