‹ Des intérêts catholiques au XIXe siècle (volume 2)Chapitre 27 sur 69 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Mais OD sait que Fénelon, d*accord avec Timmense majorité des docteurs catholiques antérieurs au xvii* siècle, est d'un tout autre avis. L*honime se donnera toujours ce vain tourment, et c*est son honneur. Il y sera autorisé d'ailleurs par Texemple de tous les âges, et surtout par la tradition de la chrétienté, par toute Thistoire de ces grands siècles du moyen âge, dont le regard de Bossuet s'est volontairement détourné. Ébloui par la monarchie illimitée, celle que Louis xiv personnifiait devant lui , son génie s'est arrêté, comme éperdu, devant l'étude et Texplication des plus beaux temps de nos annales. En écrivant l'histoire universelle, il la termine brusquement à Gharlemagne, c'est-à-dire au moment où la chrétienté se fonde, où l'Église triomphe, où le sacerdoce et l'empire organisent leur alliance. En traçant pour un prince chrétien les droits et les devoirs de la politique, il les emprunte exclusivement à l'histoire du peuple juif, comme si l'exemple de cette nation , sur laquelle Dieu 8*était réservé une action directe et visible par les prophéties et les miracles, qui fut d'ailleurs toujours rebelle à sa loi, et dont l'existence politique précède la venue de Notre Seigneur, devait être le seul que pussent invoquer des peuples catholiques ayant l'Église pour guide immortel et le Calvaire pour point de départ. Je livre cette observation aux uges compétents ; je ne la hasarde qu'en tremblant,

« quil n'y a point de tentation égale d celle de la puissance ; « ni rien de plus difficile que de se refuser quelque chose a quand lei hommes vous Mcordenl tout, et qu'ils ne sonir geot qa'à prévenir ou m^me à exciter vos désirs, u

car nul ne s'indine avec un plus lendre respect, avec une admiration plus passionnée que moi, de* vant le plus mâle génie et Thomme le plus éloquent que la terre ait jamais porté.

Je me permets donc d^affirmer, jusqu^à preuve contraire, que Télroite alliance de TÉglise avec le pouvoir absolu, dont Bossuet et ses successeurs avaient fait en quelque sorte un article de foi parmi nous, a été une nouveauté qui ne date que du xvii« siècle , et qui a contre elle mille ans de traditions et des précédents contraires dans Thistoire du catholicisme. Je tâcherai de prouver plus loin que cette nouveauté ayant parfaitement mal réussi à rËglise , il serait peu opportun de la ressusciter.

Laliberté, définie et limitée comme j'ai essayé de le faire , est une arme pour le mal , grâce à la chute originelle de Thomme, mais elle est aussi une force pour le bien , grâce à ce quMl reste d'intelligence et de vertu dans l'homme racheté par le sang d'un Dieu. Malgré les inconvénienls qui en sont inséparables , comme de toutes les choses humaines , partout où elle a régné , elle a toujours profité à la vérité , c'est-à-dire à l'Église. Je crois pouvoir afiSrmer, pour l'avoir profondément et sérieusement étudié , que telle a été la foi religieuse, politique et sociale du moyen âge. Tous les grands papes, tous les grands catholiques de ces grands siècles ont combattu pour la liberté , sous la forme qu'elle avait alors. Tous pensaient comme ce moine, comtemporain de Gharlemagne, qui écrivait au pape: «La s liberté n'a point péri , parce que l'humilité s'est

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