CHAPITRE VI
tourne aujourdilui partout à son profit. Sans doute il serait insensé de le proclamer dans les pays où il n'exisfe pas, et où il n'est réclamé par personne. Mais là où il existe, où il a été une fois inscrit dans les lois, gardons-nous de Ten effacer, car il y devient la sauvegarde de la foi et le boulevard de PÉglise. On sait assez que ce principe, invoqué par les premiers réformateurs, n*a jamais été appliqué par Cux ; que Luther, Calvin, Henri viii, ont été les plus violents persécuteurs, non-seulement des catholiques, mais des protestants qui ne pensaient pas en tout comme eux ; que la réforme n'a triomphé en Angleterre, en Allemagne, en Hollande, qu'à Paide des supplices et de la compression la plus énergique. Ce n'est donc pas le principe de la liberté religieuse qui a fait la fortune du protestantisme. D'un autre côté, on ne voit pas que le catholicisme ait gagné quelque chose en France à la révocation del'éditde Nantes; au contraire, il a toujours été en déclinant depuis lors jusqu'à nos jours. L'on ne voit pas davantage qu'en Espagne, en Italie, en Piémont, où la liberté des cultes dissidents a été proscrite Jusqu'à nos jours, l'Église ait échappé aux spoliations et aux persécutions les plus sanguinaires. Il semble donc que là n'est point aujourd'hui le principal péril de l'Église. Par un merveilleux secret de la miséricorde divine, partout aujourd'hui le libre examen ne profite plus qu'à la vérité, partout l'hérésie est contrainte de se mettre à l'abri d'une légalité oppressive ou des violences de l'émeute pour arrêter le progrès de la foi catholique ; il en est ainsi en Suède, en Angleterre . en Prusse, en Suisse, et jusque d>ns le petil du'^héde Meckl^*"