‹ Des intérêts catholiques au XIXe siècle (volume 2)Chapitre 39 sur 69 · CHAPITRE VI. roi · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. roi

revélu toutes les formes, épuisé tous les moyens : laissons à la liberté de la défense le soin de paralyser la lil)erté de Taltaque. Que le catholicisme trouve son chemin débarrassé, et vous verrez qu'il arrivera partout. L*esprit de l'homme ayant été fait pour lui camme il a été fait pour Tesprit, (es passions auront beau gronder et murmurer , il faudra quMl arrive à Tesprit (t). •

Je parlais tout à l'heure de ce qui se passe à l'étranger, et j'avoue que celte préoccupation ne cesse de me dominer. Tous les catholiques sont nos frères par la fbi ; rien de ce qui les intéresse ne saurait nous être indifférent ; et j'ai signalé plus haut, au nombre des symptômes les plus significatifs de ta réaction religieuse, cette ardente et féconde sympathie qui unit aujourd'hui les catholiques de tous les pays d'Occident, si supérieurs en cela à l'indifférence de leurs pères pendant les deux siècles qui viennent de s'écouler. Gela étant, et si je le pouvais, je m'adresserais aux écrivains religneux qui se font parmi nous les avocats et les panégyristes du pouvoir absolu, et je me permettrais de leur parler ainsi :

AveZ'VOus jamais réfléchi à l'impression que pouvaient produire au dehors de la France vos nouvelles opinions? Avez-vous songé que les changements survenus en France ne sont encore ni accomplis, ni même désirés au delà du Rhin et de la Manche ? Avez-vous oublié que les catholiques de la Prusse en sont encore où nous en étions il y a un an, à invoquer la liberté, la discussion, et même la consti^

(i) Monseigneur Benda, ^véque d'Annecy : De to liberté il de Vwmir de ta République, p. 98.

102 DES INTÉRl^TS CATHOLIQUES.

(ution, pour oblenir de leur souverain un peu de justice ? Avez-vous ignoré qu^en Belgique, dans ce noble pays que vous avez si jlongteinps donné à la France pour modèle, chacune de vos paroles est soigneusement ramassée et commentée par les ennemis acharnés de TÉglise, qui y puisent des arguments parfaitement adaptés à leur thèse quotidienne de rincompatibilité de i'infiuence catholique avec le maintien d'un gouvernement libre ? Êtes-vous restés sourds à la Joie de ces journalistes UbérâtreSf qui trouvent en vous des auxiliaires si puissants ei si imprévus, et qui battent des mains lorsqu'ils vous voient tantôt disposer de Pavenir national de la Belgique avec un sang-géne qui n'eût pas été déplacé au congrès de Vienne, tantôt contester et renier tous les principes que les catholiques belges ont eu rhonneur d'inscrire dans leur constitution, el de pratiquer les premiers sur le continent européen ? Et en Anglelerie? N'avez-vous donc jamais pensé au démenti dédaigneux que vous infligez chaque jour au grand émancipateur, à O'Gonnell, à c« champion infatigable de la liberté, et à tout cel épiscopat d'Irlande, unanime pour souffrir, ponr lutter et pour vaincre au nom de la liberté du pays et de l'Eglise? Et si le passé vous est devenu indifférent, éles-vous également peu soucieux du présent? Avrz-voiis jamain calculé la part de responsabilité qui peut revenir à ceux qui d'abord, par des récits exagérés et inopportuns, ont effrayé les anglicans sur les résultats immédiats du mouvement catholique? qui ensuite justifient toutes leurs appréhensions et tou(c\s Ivuis ar<ijsaiions à reiidroiidu catholicisme, en arîîoroist lo mépris de loiiU's les

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