‹ Des intérêts catholiques au XIXe siècle (volume 2)Chapitre 41 sur 69 · CHAPITRE Vî · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vî

«n Péclairant, croyaient lui monlrer la voie du salut et de {a durée. Mais il arrive qu*un jour un esprit aventureux, dans Tivresse d*une victoire imprévue , résume ses appréciations erronées sous celte imagée ; et H lui suffit de la lancer dans le pul^lic, sans qu'elle soit contredite avec autorité, pour qu'elle devienne un lieu commun de Thi^toire contemporaine. Je veux, autant qu'il est en moi, préserver Id cause catholique d*une pareille ignomifiie; je proteste contre le scandale de cette défection, pour ma part, et pour tous ceux qui, comme moi, humbles défenseurs de TÉglise, ont été les amis résolus et "dévoués de la liiierté, et qui le sont encore. Je tiens qu'il fallait laisser ce changement de costume et de cocarde aux démocrates qui sont devenus préfets, et aux ultra-parlementaires transformés en conseillers d'État.

Je me résume. Les iihéraux fiorteni en ce moment, dans toute l'Europe, la peine d'avoir combattu ou méprisé la religion, d'avoir cru qu^ils (touvalent se passer de toute force spirituelle, et ne tenir aucun compte de l'ordre surnaturel. Les catholiques commettraient à leur tour une faute, qu'un prompt châtiment viendrait atteindre , i'iU voulaient abandonner la Uberté.

La liberté est une des forces vitales de Thumanité : elle existe toujours et partout, à Tétat de regret eu d'e«pérance, là où elle n*esl pas en réalité. Elle a deux ennemis, la révolution et le despotisme, ou plutôt elle n'en a qu'un sous deux formes différentes. La religion est sa sauvegarde, son contrepoids naturel et légitime. Ceux qui la font pencher outre mesure vers l'une ou l'autre des forces enne-

lOS DES IHTÉRiTS CATHOLIQUES.

mies lui infligent un irréparable dommage. Quand elle semble bénir le despotisme, elle refoule la liberlé vers la révolution, et le monde consterné perd son équilibre.

Mais, de tous les despotismes, le plus intolérable aux nations de nos jours est celui qui 8*eierce ou semble s*exercer avec le concours de la religion* 11 soulève les meilleurs sentiments de notre Ame, parce qu*on y sent Texploitation d*uDe cbose sainte au profit d*un intérêt profane. D*une part, il fomente au sein du sacerdoce les plus incurables infirmités de la nature humaine, Porgueil et la mollesse. De Tautre, il fournit aux étemels ennemis de la vérité le prétexte le plus commode et le plusifécond. lU s*en prévalent avec un infaillible succès. L'Église perd graduellement Perapire des âmes; elle commence par être dupe; elle prend peu à peu les airs de complice; elle finit toujours par être victime.

Page 1