‹ Des intérêts catholiques au XIXe siècle (volume 2)Chapitre 43 sur 69 · CHAPITRE vil. un · texte numérisé non relu

CHAPITRE vil. un

Tienne pas exclusivement du talent, et qu'elle leur soit quelquefois Irahsmise comme un patrimoine ; mais, alors même qu'elle ne provient que d'efforfs personnels et isolés, elle est encore imposante et respectable. Or, la tribune avait mis en relief un certain nombre d'hommes dont les noms se trouvaient sans cesse sur toutes les lèvres et dans toutes les mémoires, et qui, au pouvoir ou hors du pou* ▼oir, attiraient les regards et les préoccupations du public. C'est ce que l'instinct démocratique n'a pas pu supporter impunément. Les fautes incompréhensibles de quelques-uns de ces personnages ont pu amener leur chute, je le veux bien ; mais une pitoyable jalousie a pu seule applaudir à cette chute. C'est qu'on se fatiguait de les entendre toujours nommer comme les premiers du pays, comme des gens avec lesquels il fallait compter, et qui se retrouvaient debout au lendemain de tous les orages. Désormais on ne verra plus de ces existences hors ligne ; tout est disposé pour en prévenir le retour et en oblitérer le souvenir. De là ces trépignements de joie et ce bonheur trop peu contenu, de voir désormais triompher ce que 9aint-Simon appelait les grâces de l^obscurité et du néant, *

Allons plus avant.On avait essayé, dans cesderniers temps, d'établir des distinctions assez spécieuses entre le système représentatif ou constitutionnel et le système parlementaire. On semble y avoir renoncé : je n« m'y arrête que pour condamner, pour désavouer autant que personne les abus et les exagérations du système auquel on donne le nom de parlementaire, et pour maudire les fatales usurpations de pouvoir qui se sont produites son ce nom.

il4 DES INTÉRÊTS CATHOLIQUES.

Si je me sers quelquefois de celte dénomination c*esl pour ne pas décliner la lutte avec les publicisles qui attaquent sous ce nom le gouvernement représentatif lui-même. Mais, avant d'entrer dans le défait, voyons en quoi consiste Pessence de ce genre de gouvernement.

Un gouvernement parlementaire, constitutionnel ou représentatif, signifie aujourd'hui un gouvernement contrôlé et contenu, Or^ sous des formes diverses, ce genre de gouvernement a existé de tout temps et partout où le despotisme n'avait pas tout' absorbé. Je crois fermement qu'il en existe le germe, ou Torahre. si Ton veut, même dans la constitution du 15 janvier dernier. Il consiste essentiellement dans la division des pouvoirs et dans leur contrôle réciproque ; car telles ont été de tout temps les conditions d'une action grande et durable sur les affaires du monde, comme celle de l'ancienne Rome et de la moderne Angleterre ; tandis que la force unitaire n'a produit qu'une grandeur éblouissante, mais éphémère, et une puissance fragile, comme celle de Louis xiv et de Napoléon. Ce système de contrôle exige naturellement l'intervention efficace des représentants du pays dans la confection des lois et dans le vole de l'impôt. Là où ce contrôle est sérieux et respecté, là où celte inlervention est active mais disciplinée, le gouvernement parlemen-^ taire existe réellement. 11 existe dans les meilleures conditions là où une nation possède encore des traditions et des corporations, et où toutes ses forces collectives ou individuelles sont sincèrement représentées au sein des pouvoirs publics, comme en Angleterre. Mais si ces forces sont incertaines et nulles,

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