CHAPITRE VII
cipe d'autorité, et par conséquent à la vraie liberté; elle a lâché les rênes à cet esprit de révolte qui ^ abouti à la réaction actuelle contre la liberté. Mais elle n'avait point changé les conditions ni les habitudes du gouvernement créé par Pauguste auteur de la charte.
Pendant ce tiers de siècle, le gouvernement représentatif a porté victorieusement les armes françaises en Espagne, affranchi la Grèce, sauvé la Belgique, conquis TAlgérie. Il a produit des orateurs et des hommes d*État du premier mérite. 11 a donné une vie féconde et glorieuse à toutes les branches de Tintelligence nationale ; il a ouvert un libre cours à toutes les forces, à toutes les industries, à toutes les doctrines, à toutes les idées, à toutes les études. Il a fait prévaloir partout le sentiment du droit et de la modération dans Texercicedu droit. Enfin, ce qui doit être placé en première ligne par ceux à qui je m'adresse, il a imprimé à la fois catholique, à la réaction religieuse un mouvement tel que le monde n'en avait point vu depuis deux siècles. Quand terégime qu'on veut lui substituer aura duré trente-cinq ans, alors, mais alors seulement, on pourra dresser son bftan, cl comparer ses pertes et ses profits à ceux du régime que l'on insulte.
Il faudra, en outre, voir comment se comportera la nation sous le régime qui pourra remplacer le système actuel ; car, on Ta souvent remarqué, pour bien juger l'influence d'un gouvernement sur une société, il faut pouvoir apprécier la conduite de cette société après que ce gouvernement a disparu. De 1789 à 1795, an sortir du régime énervant de l'ancienne monarchie; la France s'est livrée à des alten-
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tats sans exemple dans Thistoire. En 1848, aa stiftir de trente ans de luttes parlementaires, et quoique plongée à rimproviste dans ranarcfaie, elle a su se préserver de ces crimes qui déshonorent un peuple. Le sentiment de la Justice et de la liberté ne s*est point éclipsé. Le soleil s^élait eouché : mais on a continué à Tivre et à combattre dans le crépuscule.
On dit encore que la France estrestée indifférente à-ia chute de toutes ses assemblées, et on en conclut qu^elIe n'a jamais été associée de cœur aux desH' nées du régime parlementaire. Pauvre argument en vérité. Oui ! la France a applaudi au 18 brumaire et au 3 décembre. Mais, hélas ! elle a fait plus qu'applaudir à la chute de la royauté en 1793 et eu 1830 : elley a travaillé. En 1793, en 1814, en 1830, en 1848, quatre royautés sont tombées, et la France a laissé faire ! Êtes-vous disposé à en conclure que la monarchie répugne à son génie et qu'elle refuse de lui confier ses destinées ?
On dit qu*t7 occupait agrétibiement quelques personnes, et que ce n'est pas la peine d'entretenir un système politique pour si peu. On a bien raison. Mais on oublie qu'il occupait en outre le pays, et le pays tout entier, tout ce qu'il renferme tl'actif, d'instruit et d'intelligent. lia pu s'impatienter con> tre son amusementy comme vous dites ; mais craignez qu'il ne le redemande trop promptemeol. Malheur aux gouvernements qui permettent aux peuples de s'ennuyer! Ils le sentent si bien, que trop souvent il leur faut se précipiter dans la guerre pour désennuyer leurs sujets. On n'a pas assez calculé combien celte guerre de tribune, de partis, de portefeuilles^ souvent fatigante et périlleuse, pouvail,