CHAPITRE TU
Tetprit et nraagtnaticm d*une nation aussi vive et aussi mobile que la nôtre , tenir lieu de la vraie Suerre, donl tes latignes, les frais, les dangers sont bien autres. Puissions-nous ne |»as en faire TexpérieoMse à nos dépens, comme l'ont faite nos pères f
Mais, quand on pousse Taveuglement jusqu'à prétendre que lespeupfes sonifaUê pour le repas, et ^fue le mouvement perpétuel ne leur va pas, on avance une opinion que toute Ttiistoire démt'Rt, et qui tendrait à nous ramener à l'état de PEgypte et de l'Hindostan. Les peuples chrétiens n'ont jamais voulu de ce sort ; Dieu ne les a pas condamnés au régime des momies. Oui, les nations ont, comme les Individus, leurs accès de faiigue et d'atonie ; mais elles s'en relèvent avec une mystérieuse rapidité. Vous m'en direz des nouvel les, quand la France aura ^(oûté dix ou vingt années de repos et de silence !
On dit qu'avant les inventions constitution' nelleSf les gouvernements ne manquaient pas de gloire, ni les peuples de sécurité. Je réponds qu'ils en manquaient essentiellement depuis la substitution de la monarchie alisolue aux institutions andeones, témoin la France sous Louis XV et l'Espagne sous Godoy, comparées à l'Angleterre sous les deux Pilt. J'ajoute que les peuples modernes ne se résigneraient pas longtemps à ce genre de comparaison. On dit que l'Angleterre résiste au gouvernement parlementaire, parce que c'est une aristocratie, el les États-Unis, parce que c'est une fédération, il est vrai que l'Angleterre est ou a été une aristocratie ; mais on oublie que celte aristocratie, toujours ouverte à Ions les genres de supériorité, tend chaque jour à se rapprocher davantage de l'état social du
«4 DES riNTERbis i^n^inui.,^^^^,
conlinenl, el que plus cette tendance «'est manifestée plus ie système parlementaire s'y est fortifié aux dépens de la prérogative royala U est vrai que les Etats-Unis sont une fédération; mais cette fédéralion se compose d'États souverains, dont plusieurs sont aussi grands que des royaumes européens et dont chacun est gouverné par des assemblées ' Si 'État de New-York, avec ses trois millions d'habilanls, peul résister au système représentatif pourquoi la Belgique, qui en a quatre, ne résisteràit-elle pas également?
Sans doute il faut, pour bien gérer le gouvernement parlementaire, de la sagesse, dation sens de la modération, et trop souvent en France »es»ar. lementaires en ont manqué. C'est parce que les Anglais en ont montré beaucoup en 1688 et depuis lors, qu'ils ont su faire durer et prospérer ce système chez eux. Là est la vraie raison deleurs succès bien plus encore que dans leur esprit aristocratique' Mais on voudra bien admettre aussi que ces vertus sont nécessaires partout, et au moins autant aux monarchies absolues qu'aux gouvernements représentatifs. C'est pour en avoir manqué que les monarchies se sont si souvent écroulées. Le seul gouvernement direciement institué par Dieu le gouvernement de l'Église elle-même, aie plusprand besoin de sagesse et de modération, et c'est parce que Dieu, fidèle à ses promesses, en a départi une plus grande dose aux chefs de TÉglise qu'à toute autre race de souverains, qu'elle est restée debout qu'elle a survécu à tous ses rivaux et enterré toyJ ses ennemis. Rien ne garantit qu'un homme, roaitrp de .out faire, aura plus de sagesse qu'une colleclton