‹ Des intérêts catholiques au XIXe siècle (volume 2)Chapitre 51 sur 69 · CHAPITRE YlII. 1J · texte numérisé non relu

CHAPITRE YlII. 1J

qui oserail rêver le retour d^tin pareil esprit dans le temps où nous sommes , et cela dans finlérét de la religion ? On parle toujours du lustre Incomparable que donnèrent à la rell^çion Bossuet et Fénelon pendant un demi-siècle; mais pense-t-on au siècle de décadence, d'Ignominie, de servitude, qui a suivi de si près, et que préparait à TÉglise un pareil régime (t) ? Et encore n*oub1lons jamais qu? ce despotisme réconnaissait au moins nominalement In suprématie de rtiglise, de la religion; que, tout en détruisant pierre par pierre Téditlce de son autorité et de sa liberté, de temps à autre il fiMncUnail devant elle. Mais aujourd'hui , quand il n*y a guère de commis en Europe qui ne se révolte contre Vidée d*une suprématie ou d'une intervention spirituelle; aujourd'hui désirer, réclamer, obtenir le rétablissement de Tabsolutisme, et de Tabsolutisme laïque, sans traditions , sans croyance , sans frein, ce serait pour tout chrétien une ignominie sans exemple, sans excuse et sans consolation.

Disons encore, pour être juste, que sous cette monarchie qui semblait ne reculer devant aucun abus d*autorité , qui, par exemple, interdisait de bâtir dans Paris ou à dix lieues' à la ronde , et cela sous peine des galères , afin que le roi pût avoir A meilleur compte les matériaux nécessaires à Pachè-

(i) A qui veut bien eonnalire la servitude où langaissait l'Kglifie de France, sous la pression de la magtsiralure et de l'adminislration. pendant le règne de Loufs xiv el de Louis XV, Je recommande rexcellenic Étude sur la vie et les (cuvrvs de d'Aguessean, par M. Aigar Grivcau, dans VVfÂversUé catholique de 1819 à 1852.

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vemcnt du Louvre (i) ; disons que même alors , et en Tabsence de toute garantie générale , de toute institution solide et respectée , il y avait cependant pour quelques-un» des moyens d^échapper au joug ou d'en alléger le poids. Certaines traditions, certains usages invétérés, la distance, la difScullé àei communications, rinexactitude des correspondances , Tesprit de cofps, ropiniâtre vitalité du privilège , offraient certains éléments de résistance. Le roi , dans toute sa majesté, était quelquefois arrêté par une charte du xiie siècle , ou par la persévérante inertie d'une confrérie (2). Mais, encore une fois, aujourdMiui , avec la bureaucratie, la gendarmerie, la centralisation, les chemins de fer, le télégraphe électrique , avec la pulvérisation générale de la société, où, quand, comment imaginer une ombre même de résistance légale à Tautorité illimitée du

(1) Le texte de cet ordre da roi, da 31 octobre 1660, est inséré dans le Bulletin archéologique du comité hisUni^u» tlet arts et monuments, t. 11, p. 71&.

(3)J>n veux cilerun curreax exemple, que j'emprunte à Tune des dernières livraisons du Recueil de la Soditi d» sphragiitique : Louis xiv rend en décembre 1672 un édit par lequel il donne, à l\>rdre du Moot-Carmel et de Saint- Lazare, TadminisiraLion et les revenus de Pancienne confrérie de Saint^Jacques de l'Uépital, h Parts» fondée en 1315. Les confrères réclament, et, après vingt ans de contestations et de plaidoiries. Ils en font tant, que, le 9 avril 1693, ils obtiennent un nouvel édil pour rendre Saint- Jacques à ses premiers administrateurs. Trente ans se passent, et an troisième édit de 1732 le réunit une deuxième fois à Tordre du Mont-Carmel ; la confrérie tient bon, et l'admi* nist ration est rétablie une deuxième fois, par arrêt du conseil, eu 1734.

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