‹ Des intérêts catholiques au XIXe siècle (volume 2)Chapitre 53 sur 69 · CHAPITRE Yltl · texte numérisé non relu

CHAPITRE Yltl

actuelle, telles que la Bretagne, PAIsace, la Franche- Comté, on ne citerait pas une seule des anciennes provinces qui ail conservé une vie propre et dis^ lincte. L*esprit déparlemcnlai a tout remplacé. Je serais curieux de voir comment, on 8*y prendrait pour subordonner Châteauroux à Bourges, Laval au Mans, Montpellier à Toulouse* Nous avons vu les besoins du service public exiger la création de diverses circonscriptions analogues k celles des an* tiennes provinces, (elles, par exemple, que les divisions militaires, les arrondissements de police. Quelle influence en est-il résulté dans Tordre |>oUtique et social P On voudra peut-être, même dans Tordre civil, recréer les provinces : je n'y contredis pas. Mais ce sera quelque chose de tout à fait neuf, sous un vieux nom. Le chêne a été coupé : on peuî semer un gland ; il poussera peut-être. Reste à savoir si la France est dMiumeur à borner sa vie politique au soin de regarder croître ce gland, et à attendre cent ans, Jusqu*à ce qu'il en soit sorti un chêne.

Mais, nous dira-t-on, prenons les départements; c^est là que nous placerons les nouveaux foyers de la vie publique. Eh quoi! la vie publique de Gap ou de Carcassonne?^.. car celle de Lyon ou de Rouen ressemblerait furieusement à ce qu'on veut éviter.

Mais de deux choses Tune ; ou Ton entend soumettre aux assemblées départemenlales les grandes questions de législation et de politique, et alors il n'y a pas de gouvernement humain qui puisse s'en tirer ; ou bien ou veut les renfermer dans la gestion des intérêts locaux , et alors on ne fera que suivre les errements du régime parlementaire. Car. je }**

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demande, qui donc a fait quelque chose pour la liberté provinciale, ainsi renfermée dans de justes limites ? L^esprit parlementaire, le gouvernement parlementaire, et personne autre. N'est-ce pas lui qui, sous la restauration, et après la défaite de M. de Yillèle, a contraint la royauté à porter cette question devant les chambres ? M'est-ce pas lui qui, en 1833 et 1834, a voté ces lois excellentes qui ont rendu électifs les conseils généraux, étendu, réglé, consolidé leurs attributions? Le gouvernement antiparlementaire de l'empereur ne les avait créés qu'à titre de simples bureaux consultatifs et amovibles. Depuis le 2 décembre, qu'a-t~il été fait pour la grande cause de la décentralisation, au point de vue de la liberté? Absolument rien. Par une mesure utile et excellente en soi, on a dérobé à la souveraineté des bureaux de Paris une foule d'affaires, mais pour les soumettre exclusivement à Tautorilé des agents du pouvoir exécutif. Bien loin d'étendre celle des conseils électifs, on Ta considérablement limitée, en prenant les maires en dehors des municipalités élues, et en ôtant aux conseils généraux le choix de leurs présidents et secrétaires, l'élection des conseils académiques, la publicité de leurs délibérations. Ce sont des actes que je ne prétends ni blâmer ni juger, mais qui certes n'annoncent pas un développement prochain des libertés provinciales et municipales.

Il faut donc choisir ; car les mœurs et les idées du monde moderne ne comportent pas d'autre alternative, surtout en France. 11 faut choisir entre le pouvoir absolu, sans tempérament aucun, et le pouvoir

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