‹ Des intérêts catholiques au XIXe siècle (volume 2)Chapitre 58 sur 69 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

et non lee^ouvernement parleraeniairc, qui a créé, 80u$ le lilre de î-éformation des étudeSi le système d'enseignement par TÉlat, auquel Napoléon emprunta ridée de son université impériale. Qu'on lise Touvrage si curieux qu'a publié récemment le comte Solar de la Marguerite, ministre du roi Charles-Albert de 1855 à 1847. On y verra que toule la politique dont le développement actuel excite à si juste lilre la réprobation du monde cbrélien, existait déjà in passe etinaclu, et avait existé pendant tout le xvuie siècle. Malgré les «fforts de ce ministre si catholique et si zélé, malgré Pardenle piété du roi, tout s'y préparait au retour des anciennes servitudes, à peine mitigées par un concordat dont la magistrature et l'administration se plaisaient à violer les stipulations. Que de fois n'avons- nous pas entendu vanter naguère le despotisme de Charles-Alberll Ou en recueille aujourd'hui les fruits. Toute l'histoire moderne de la maison de Savoie porte malheureusement l'empreinte de ce misérable esprit de rivalité contre l'Église, fondé sur les doctrines gallicanes et jansénistes. Ouvrez les annales du grand saint Bernard, et vous y verrez les descendants de ce vieux comte de Mauriennequi, au xni<^ siècle, se nommait le bon avocat et le défenseur dévoué des frères du Mont^ Jouy ; vous les verrez poursuivre pendant deux cents ans une série de spoliations et de vexations, avec l'aide des légistes monarchiques du sénat de Chambéry, pour enlever la liberté des élections à la fondation de saint Bernard de Menlhou, aujourd'hui uclime de la cupidité radicale. Ouvrez rhisfoire de Sicile, et vous y verriz Viclor-Amédée r»- inau-

162 DES IlfTÉRÉTS CATHOLIQUES.

(^urer sa nouvelle royauté (t) par une lutte acrimonieuse et inique contre Clément xi et la suzeraineté du saint siège sur ce lie ile. II y a des gens naïfs qui se figurent que tout le mal, «n Piémont ou ailleurs, vient de ce quMI y a des chambres , des journaux, une vie politique et publique. Mais s^il n'y avait qu'un roi, imbu du même esprit, il y meltrait encore bien moins de façon. Les mêmes actes se commettraient sans discussion et sans délai ; les viclimes seraient bâillonnées avant d'être immolées. On n'entendrait ni proleslalion ni murmure; on ne verrait aucune de ces démonstrations qui honorent l'Église, qui propagent et fortifient l'esprit catholique. Gela ne se passait pas autrement au dernier siècle, quand rien ne gênait plus Pexercice de la prérogative royale, quand la doctrine de Vautorité était seule reconnue et prêchée.

Mais je soupçonne très-fort ceux qui se font de la conduite actuelle du Piémont envers l'Église un ar- );umcnl contre le gouvernement constitutionnel; de n'avoir jamais ouvert une page de l'histoire d'Italie antérieure à la révolution française. On ne lit guère l'histoire de nos jours : on la refait, chaque matin, à son gré ou au. gré du paradoxe qu'on soutient. Disons toutefois, pour ceux qui attachent encore quelque prix à ses leçons, que MM. de Gavour, Brofferio et compagnie sont de bien petits garçons auprès des ministres de la royauté illimitée du xviii« siècle; et que les parlementaires du Piémont ont encore fort à faire avant d'égaler les modèles

(t) Il fat oblige en 1718, d échanger la Sicile contre la Sardaigne, mais on conservant le tiiro de roi.

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