‹ Des intérêts catholiques au XIXe siècle (volume 2)Chapitre 59 sur 69 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

que leur ont fournis, en Italie même, les princes de la maison d*Au(riche el de Bourl.on. Tout ce qu^ils font n*est el ne sera qu'une contrefaçon assez pâle des actes connmis en Loml)ardie par Joseph ii, el en Toscane par Pierre- Léopold, avec l'aide de Tamburini et de Tuniversilé janséniste de Pavie, de Ricci, et du synode hérétique de Pistoic. Ils ne commettront pas plus de spoliations et de violences que ces deux souverains absolus; et j'affirme qu'ils n'iront pas, comme le grand-duc de Toscane, jusqu'à imposer à tout le clergé la prétendue doctrine de saint Augustin sur la grâce (i).

11 n'y avait pas de parlementa Napics, lorsque le marquis Tannucci, premier ministre pendanl deux règnes, usa de son autorité absolue pour abolir la propriété et la juridiction ecclésiastique, les recours à Rome ; pour interdire la publication et la circulalion des actes du saint-siége ; pour faire jeter quatre cents religieux sans reproche au delù des frontières ; et, enfin, pour ériger des sièges épiscopaux : le tout sans daigner consulter ni écouler le pape. II n'y en avait pas en Espagne, lorsque Charles m, transféré de Naples à Madrid, laissait gouverner l'Espagne et garrotter l'Église par d'Aranda el Campomanes; lorsqu'il ordonnait l'expulsion de tous les jésuites de son immense empire; de tous, au nombre de six mille, en un seul jour ; cl cela , pour des motifs que Sa Majesté tient renfermés dans son auguste cœur, dil le décret, mais dont Sa Majesté n'a pas daigné ré-

(i) CÛSAR Cantu, Uùloire deccnl ans, l. i, p. 165, édition italienne.

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vêler le secrel à la postérité (i). Il n'existait plus, en Espagne, un seul corps, une seule force capable de résister à cet acte de monstrueuse tyrannie. Pas un seul Espagnol n*eut le droit ni le cœur de se plaindre ! L'iniquité fut consomm<^c en plein jour, et tous lessouvernins catholiques de l'Europe Tapplaudirent ou rimitèrent.

Que Ton demande au P. de Raviçnan, ou à tout autre jésuite de nos jours, ce qu'ils préfèrent ; être pris à rimproviste dans leur oratoire, ou au confessionnal, sans qu'on leur permette d'emporter autre chose que leur Bréviaire, et être jetés au fond de cale d'un vaisseau pour être transportés dans les États Romains, avec peine de mort contre toute tentative de retour et de correspondance ; ou bien, subir l'ordre du jour provoqué par M. Thiers le 3 mai 1845, et la dispersion fictive obtenue de leur {général par M. Rossi, ce qui a été Itmaximum des violences parlementaires de notre temps contre les soldats les plus exposés de l'Église.

(i) En revanche, dans l'ordre royal dû 2 avril 1767 adressé à toutes les aulorilés de T^spagnc, on lit ces mois ; a Si, après l'embarquement, il existail encore un teuljé' tuile, même malade ou moribond, dont votre département, vous serez puni de mort. Moi le roi. » C'est ce que son miniKlre D. Manuel de Rocba appelait ^opération césarienne. Ce ministre du roi Catholique écrivait au duc de Choiseuil, premier ministre du roi Très- Chrétien, le 17 avril 1767 : • Succès complet : Topération n'a rien laissé à «désirer. Nous avons tué i^enranl; il ne nous reste plus a qu'à en Taire autant à la mère, notre sainte Église rôti maine. »( CretikeaU'Jult , Clémenl A'iy, cl les Jé~ suites, p. 178-285. )

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