CHAPITRE IX
résister au ijran ; qui, pour avoir voulu prémunir •es ouailles contre les doctrines de Fébronius et d^EUies Dupin, fut enlevé de son siège, déclaré mort civilement, et plongé, pendant quinze ans, dans un cachot sous le Tage. Ce qu*on ne sait pas assez, c'est que, dans ce royaume Très-Fidèle, toute relation avec le saint-siége était interdite, et punie comme un crime de lèse-majesté ; que la théologie janséniste régnait seule dans les universités; que les évéques et les ordres religieux étaient tous courbés sous le joug dNinoralorien qui, après avoir d*abord prêché rabolilion de Tinquisition, avait fini par se faire nommer lui-même grand inquisiteur, a(in de mieux assurer le triomphe de sa secte et de mieux conduire la guerre contre Rome. LUllustre cardinal Pacca, qui nous a fait connaître tous ces faits et bien d^autres, ajoute que, pendant les sept années que dura sa nonciature à Lisbonne, il n'y vit pas paraître un seul livre favorable aux droits de TËglise.
Le mal est encore grand en Portugal : je ne Tai que trop vu par moi-même ; mais il est peut-être moindre qu'alors, et c'est alors, et non aujourd'hui, qu'il est né.
Toilà l'histoire ! non pas l'histoire travestie au gré de certaines théories, et d'un enseignement déloyal et superficiel, mais l'histoire prise sur le fait, et recueillie par les témc^ns les moins suspects.
Tels sont donc, tels étaient du moins les avantages que les gouvernements antiparlementaires procuraient à l'Église. On nous permettra de ne pas les regretter, et surtout de ne pas désirer le retour d'un régime qui, dans les pays les plus catholiques «**■
I«8 DES INTé&éTS CATHOLIQUES.
monde, ouvrait le sacré collège à Dubois, livrait TÉglise à Pombal, et TÉtat à Godoy. On nous permettra deiui préférer, malgré les misères incontestables des choses et des hommes, le régime qui a ouvert la presse à Bal mes et la tribane à Donoso Cortès.
Et notez bien que tout cela se passait, non pas sous le joug de conquérants barbares et in6dèles, mais sous le sceptre de princes tous croyants, pour la plupart pieux, même réguliers dans leurs mœurs, et élevés par des prêtres ou des religieux.
Peut-on croire que la monarchie illimitée produirait aujourd*hui des résultats moins dangereux pour la liberté et la dignité de TÉglise P Sans doute, grâce aux mœurs libérales et constitutionnelles dont Tinfiuence s^esl fait sentir au sein des plus douloureux désordres de notre temps, on peut croire que les princes de nos jours reculeraient devant certaines violences extérieures qui n^nspiralent aucun scrupule à leurs grands pères. Mais que le fond des choses allât mieux, il faudrait être bien crédule pour Tespérer.
Je n*en veux donner que deux indices. On se souvient du traité de la Sainte-Alliance, de cette alliance par laquelle Tempereur d^Aulriche, le roi de Prusse et Tempereur de Russie, après la défaite de Napoléon, prirent Dieu à témoin quMls ne voulaient plus régner que pour le bonheur de leurs sujets et le triomphe de la religion chrétienne* Cet acte est certainement un des plus touchants et des plus solennels de Thistoire des rois, et rien n^autorise à élever le moindre doute sur la sincérité des souverains qui y apposèrent leur signature. Le