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JSp La liberté adminUlralive dans la famille, dans la commune, dans la province et dans TËtat ;
6» Enfin, la liberté d*as80ciation, qui comprend les nationalités, Tassociation des capitaux pour les grandes entreprises, des bras pour le travail, des cœurs et des consciences pour la prière, pour Texercice de la charité, et même pour le plaisir. C'est de cette dernière espèce de liberté que dépend plus spécialement -le progrès de la civilisation.
Voilà bien la liberté, la liberté tout entière, la li^ berté analysée dans ses attributs et ses facultés lés plus intimes. On peut défier de citer une prérogative de rhomme social qui ne soit pas comprise dans cette large définition de la liberté. Du reste, nous ne serions pas les adversaires de ceux qui voudraient rétendre ; nous sommes plutôt, comme chrétiens, disposés à admettre toutes les extensions qu*on pourra lui donner. Ce que nous condamnons, nous, ce sont les effèrts que Ton fait partout pour la re»treindre... (Pages 36-40.)
...Savex-vous pourquoi, de Taveu de tous les politiques. TAmérique est un pays d'avenir ? Ce n'est pas parce qu'elle est une terre vierge, fertile, étendue; mais c'est parce qu'elle n'a point, par des lois avilissantes, fermé les portes à la vérité. Elle n'a pais non plus proscrit l'erreur ; mais quand l'erreur ne Jouit pas des priflléges du monopole, elle disparaît bientôt, pour laisser place à la vérité. Notre civile sation corrompue ne peut supporter l'idée de la vérité, parce qu'elle n'a plus le courage de la vertu. La Jeune Amérique admettra l'une et l'autre, et elle vivra... (Page 66.)
.•. Le clergé veut -il la liberté P Si ron avait akisi
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formiilé la question il y a trente ans, H est possible que Ton eût été embarrassé pour répondre. Ce qa*on était 'ConvCTu d*appeler le règne de la liberté aTait élé pour rËglise des jours de tristesse et de deuils le clergé en conservait des souvenirs trop amers : sa fortune pillée, ses temples démolis, ses-autels brisési, ses sacrifices Interrompus, ses instttuttoiis détruRes, son sang versé au nom ou du moins à travers les clamalions de la liberté, n^élaient pas des titres ^uis à son amour. Depuis ces jours de malheur, la lumière s*est faite ; les hypocrisies des chanteurs de liberté ont été dévoilées, des expériences ont è^ faites sur une grande échelle, et toujours on a reconnu que ce n^était pas de liberté qu'il s*agissaii, .mais de despotisme, de servitude et d*envahiss«aae»t de pouvoir. Vingt fois déçu dans «es espérancea, resprit s^est mis à la recherche de la liberté et Ta enfin découverte, non pas dans cette antiquité que Thistoire fait mentir aussi bien que nos révolutiom, mais sur le sol du christianisme, et surtout dans les doctrines dont il a doté le monde.
Des génies éminents eil France, en Allemagne, e* Angleterre, en Espagne, se sont mis à rœuvfe pour déblayer le terrain sous lequel on Tavait enfouie; ils ont lavé la boue dont les féroces croyants de la révolution avaient sali sa noble et rayonnasle Hgure ; et, du moment où Ton a pu rapereevotr, •chacun a*est éerié : « G*est bien elle! nous^la «eeon« 4iai8Sons ; car elle est ancienne en France, où il nV ^a de nouveau que le despotisme et la tyrannie. «Dès lors chacun s^esl épris d*amour pour elle; il nV^ plus que ses anciens adorateurs qui la renient.
Quand le clergé a commencé de réclamer au moins
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lu pelile portion de liberté ^i lui revenait ëaiifs la fociété dont il faisait partie; quand Piin des w^som les plus couragiiux et les plus éloquents des pensées et des opinions catholiques, l'Univers, s*est mis à battre en brèche les remparts derrière lesquels se cachaient les orgueilleux et fiers tyrans qui exploitaient, à leur profit, tous les droits d'un grand peuple ; ils comprirent, ces habiles monopoleurs, que, du jour où leur supercherie serait découverte, leur règne serait fini. Qu*ont-ils fait ? Ils ont nié la sincérité des catholiques, et fait semblant de croire qu'il y avait incompatibilité entre catholicisme et liberté. Alors les écrivains catholiques ont élevé la voix : Balmès entre autres, et Tauteur des grands problèmes de la statolâtrie, sont venus démontrer que la liberté n'était point une doctrine nouvelle qu'ils voulussent, par supercherie, accoler à rÉvangile, comme semblent vouloir le faire de leurs doctrines les socialistes modernes. Avec eux, le catholicisme se présente les mains pleines des témoignages des Pères et des docteurs qui, depuis saint Paul, Terlullien, saint Grégoire, saint Augustin, jusqu'à saint Anselme et saint Thomas d'Aquin, ont défendu la cause de la Irberté, les droits du simple citoyen et ceux de tous les peuples, contre les républiques, contre les empereurs, contre les rois, contre les princes, contre les ministres, les traitants, les proconsuls de tous les âges et de tous les pays ; tous l'ont fait avec cette éloquente autorité que leur donnaient comme la donnent encore aujourd'hui, à rillustrc captif de Chillon, la conscience du droit, la puissance du vrai, et le mépris delà persécution, même de la mort.
IM DES IIITÉRièTS CATHOLIQUES.
Au]ourd*liui, comme alors, les catholiques répètent, avec saint Thomas, Taxiome de la politique la plus libérale qui puisse sortir de Tesprit de rhomme : JRegnum non est propier regem^ sed rex propter regnutn, . .
Et pourquoi le clergé serait-il opposé-à la liberté? Que Ton nous cite une seule des parties de la liberté que le clergé repousse \ nous nMiésilons pas à donner ce défi. Il n'a pas, à la vérité, demandé la liberté d*enseignement par la presse, son secours n*était pas nécessaire; il savait bien qu'il la devrait un jour à Pégoïsme de Taristocratie. Il est possible encore qu'il en redoutai les effets, à cause de Tignorance et de la faiblesse des hommes; mais, sans la demander, il Ta reçue et bien accueillie. Pourvu qu'elle sok accompagnée de la liberté d'enseignement par la parole, elle perd le venin qu'elle portait avec elle. Après tout, qu'avons-nous à redouter? La vérité catholique a jusqu'à ce jour lutté contre tous les obstacles, vaincu toutes les hérésies, combattu avec succès toutes les opinions les plus hostHes de la philosophie, triomphé de toutes les passions les plus haineuses ; elle s'est trouvée aux prises avec toutes les sciences soulevées contre elle, et les sciences ont été forcées de venir successivement s'agenouiller devant elle, et reconnaître sa divinité. L'attaque a revêtu toutes les formes, épuisé tous les moyens ^ laissons à la liberté de la défense le soin de paralyser la liberté de l'attaque. Que le catholicisme trouve son chemin débarrassé, et vous verrez qu'il arrivera partout. L'esprit de Thomme ayant été fait pour lui comme il a été fait pour l'esprit, le« pas-
aions auront beau gronder el murmurer, il faudra qu'il arrive à Tesprit. (Pages 95-98.)
... Si Rousseau se fût contenté de dire que la forme des gouvernements peut être Tœuvre des hommes ; que Tautorité, propriété de Dieu, se transmet au souverain par la voix ou par le consentement du peuple, il n'aurait fait que répéter les opinions politiques des théologiens catholiques du moyen âge : il eût été dans le vrai.
De leur côté, les adversaires du philosophe de Genève donnent au droit divin une extension (prii n'a pas. Ils le portent non-seulemenl sur la formation de la société, mais encore sur les formes changeantes de leur nature qu'elle peut recevoir , et sur celui ou ceux qui la dirigent. Celte doctrine, si favorable à Tabsolutisme des souverains, est née du protestantisme, et ensuite a trouvé des partisans jusque parmi les théologiens et les philosophes ca« Iholiques les plus dévoués de PÉglise. Us disent à Rousseau : « Votre système est faux, puisqu'il n'y a point d'exemple de société qui ait été formée d'une manière collective et simultanée. » Cette objection est basée sur l'obscurité du mot société. Pris daps son acception la plus restreinte, 11 ne suppose entre les hommes que les rapports indispensablement requis par les besoifis de la nature humaine. Ainsi comprise, la société dépend de la loi de Dieu : mais la société politique, qui multiplie et régit ces rapports, admet la libre action des hommes, el forme le domaioedu peuple souverain. (P. 257-358.)