‹ Des intérêts catholiques au XIXe siècle (volume 2)Chapitre 7 sur 69 · CHAPITRE I. 2t · texte numérisé non relu

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famille, ébranle d'un bout de TAllemagne à Paulre la fibre sacerdotale. Â partir de ce moment , tout change de face ; PÉglise d'Allemagne est sauvée, k Taulre extrémité de la monarchie prussienne, Tarchevéque polonais de Posen, émule de son frère de Gologtie, devient, comme lui, confesseur et prisonnier pour la foi. Un homme de génie, Gôrres, reconnaît et signale le nouvel Athanase : le rugissement de ce vieux lion ne demeure pas sans écho. Dès lors, amis et ennemis comprennent que TÉglise n''est pas morte en Allemagne. La presse catholique commence à se montrer , à s'aguerrir, à résumer et à discipliner les efforts des catholiques (t), La révolution de 1848 arrive; et, à Tinsu de tous, elle devient l'occasion du triomphe le plus inespéré pour l'Église. Bans cette assemblée de Francfort, si tumultueuse et si ridicule, mais un moment si redoutable, on voit paraître ses prêtres, ses orateurs, ses théologiens. Ils viennent réclamer, à l'instar des catholiques français, la liberté de l'enseignement et la liberté religieuse. Au milieu de ces constitutions éeloses chaque matin, à yfenne, ù Berlin, à Franc-

(0 Citons en première ligne les Hitlorische politische Bialfer, de BlUnicb, recueil fondé en 1838 par le professeur Phillips et le Jeune Guido Gorres, qui a si prématurément suivi son père dans la tombe. Sous la direction de ces deux écrivains, ce recueil est devenu incontestablement le premier de l'Europe catholique. A côté de ce recueil bimensuel est venu se ranger, depuis 1848, la Deutsche Voïkshalle, de Cologne, dont la tendance politique nous semble plus juste et moins absolue que celle du recueil de Munich, et qui rend chaque jour de très-grands services à la cause religicvse en Allemagne.

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fort, à £f tfurt, le prknci()e que réclamaient les catholiques est consacré; ce principe de la liberté de conscience dans Tordre politique, que le mal a si longtemps exploité, et qui peut-être ne doit plus profiter qu*au bien. Sur ces entrefaites, TÉglise réclame la sienne, sa constitution divine, depuis longtemps violée et enchaînée par le bras séculier. On n'ose lui résister. Elle en reprend possession ; ses évéques s'assemblent à Wurtzbourg, pour la première fois, depuis les Ponctuations d'Ems. Le calme et la gravité de leurs délibérations ressortenl admirablement au sein des orages sanglants de la politique. Leurs décrets sont accueillis avec respect ; leur autorité est contemplée avec surprise : leurs vœux exaucés sans répugnance apparente.

Là où Ronge, ce pitoyable contrefacteur de Luther, avait prophétisé, aux grands applaudissements des démocrates et des philosophes, la ruine définitive de la Babylone papale ; là même, des moines, des jésuites, des franciscains, reparaissant, sous leur froc abhorré, après des siècles de proscription, attirent autour de leurs chaires une foule avide, nombreuse, infatigable, et font de leurs missions un des faits les pliis marquants de Thistoire contemporaine. Là où Lola Montés, séduite par Texemplcdes oracles de la tribune et du feuilleton en France, encouragée par les amis des lumières et du progrès, soutenue par les sympathies publiques ou avérées du protestantisme et dn libéralisme; là où cette effrontée avait réussi à se poser en victime des jésuites, et profilait de son ignominieux ascendant pour faire renvoyer des conseils du roi et des chaires . de Tuniversiié les ministres les plus intègres et les

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savants les plus éraîDents; là même, une assoeieiion catholique pour la défense de la liberté reltgteuee et de la monarchie constitutionnelle venge noble-^ ment les outrages infligés aux catholiques en maintenant la vieille fidélité du peuple bavarois et en sauvant par Finfluence cléricale Tingrate royauté. Là où s'était pavanée cette association dite de Gu»' tave-Jdolphe, qui avait entrepris, sous IMnvoeatioQ du dévastateur de l'Allemagne, de faire pénétrer le protestantisme jusque dans les derniers refuges de la superstition papale; là même, se fondent, s'enracinent, se ramifient chaque jour de plus en plus les grandes associations de Pie IX, de Saint^Charles Borromée, de Saint-Bonilace , marchant de front et â grands pas à la conquête de TÂllemagne, par la foi et la charité. Leurs réunions solennelles et an^• nuelles à Mayence, à MUnster, à Ralisbonne, ont à la fois assuré et sanctifié le droit d'association. Leur intelligente initiative combine l'autorité du prêtre avec raclivilé du laïque. Leur courageuse persévérance tend à reconstituer l'unité germanique , si vainement arborée par la démocratie, en la fondant sur l'union cordiale et féconde des fidèles de la Prusse, de la Souabe, de la Westphalie, de la Bavière et du Tyrol. Enfin, là où Clément Auguste voyait desprêlres égarés par Thermésianisme (i), et

(i) On a déjà presque oublié celle doclrine dangereuse, qoi, fomenlée avec soin par la boreaucralîe et les ralionalisles, avait envahi la plupart des facultés deîlbéologic catholique dans TAUemagne du Nord. Elle tire son non» du docteur Hermès, prêtre et professeur à Bonn, qui préicndaii appliquer la méthode de Kant à la théologie.

des fonctionnaires que la révolution allait bientôt punir de leur aveuglement, braver son autorité et la miner dans le cœur du peuple, un simple vicaire de la métropole (i), lui-même ancien ouvrier, sans autre ressource que son entraînante éloquence , fonde et propage avec un succès prodigieux Pœuvre du compagnonnage chrétien, sous la forme d^une vaste association pour le bien-être moral et physique des ouvriers (2).

Partout le feu sacré se rallume. Enflammés par Texemple de la Belgique, des évêques vigilants el dévoués, ayant à leur tête un ancien officier de cavalerie (5), devenu le successeur de saint Boniface sur le siège de Mayence, s*occupent de la création d'une université exclusivement catholique, à Fulda, où les jeunes lévites pourront se dérober aux dangers des trop fameuses universités de leurs différents pays. En Prusse, un roi protestant, mais intelligent el généreux, a promis que, sous son sceptre, TEglise ne reverrait plus lés mauvais jours qu'elle avait eus à déplorer avant lui ; et malgré les apparences contraires, malgré les nouvelles vexations dont 11 sera question plus loin , nous avons la con« fiance qu'il Jiendra sa parole. En Autriche, un jeune et chevaleresque empereur, à penie sorti de l'adolescence, digne héritier de Ferdinand II et de Ma-

(0 M. Kolping.

(â) Gesellenverein,

(5) Monseiguear] le baroif de Kelller, de la maison du deroicr',grand;inalU*c de Tordre des Porte- Glaives, Son frère, égalemenl otHcier prussien, Tient d'cnlrcr dans Tor* dre des Capucins.

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rie-Thérèse, destiné, comme elle, à recueillir Tempire sur les bords de Tabime, et résolu, comme lui, à remplir ayant tout son devoir de prince catholique, inaugure son règne par Tabrogalion de la législation de Joseph II, et prélude à la victoire de ses armes sur la révolution par Témancipation-complète de rÉglise dans ses immenses États (i).

Aussi , répiscopat autrichien , devenu Jadis presque étranger à toutes les sympathies catholiques, derrière cette muraille de la Chine qui le séparait du reste de TÉgUse , se hâte de rivaliser avec ses frères de France par son dévouement au souverain pontife, par son zèle pour le salut des âmes; et déjà sa pieuse vigilance se reporte sur les millions de Slaves arrachés par le schisme à Tu ni té catholique (3). Que si la bureaucratie rationaliste et absolutiste, désolée de voir la religion , renseignement et la charité échapper à son joug, oppose mille obstacles à la réalisation des promesses souveraines ; que si la Bavière, infidèle aux plus belles traditions de son histoire, s^obstine à rester en arrière de TAutriche et même de la Prusse, en entravant Taclion

(i) Voir redit impérial da 12 avril 1850, prëoëdë d'un ÎQlelligent rapport da comte de Thun, ministre de Tinstraciion pabliqae, contre Tancienne législation, et spécialement contre le Placet.

(s) Le prince-évéque de Lavant en Carinthie a organisé une union de prières destinée à obtenir la conversion des Gréco-Slaves : dans son mandement du 18 juin 1852, il associe son œuvre excelle qui s'est formée en Frauce pour le même but, et annonce que Pie IX Ta approuvée et bénie.

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de rËglise par unepoHcetracassière et hnmiUante (i) ; quesi lesgouvernemeDUbadois, mecklembonri^ois, «l ceux de quelques autres États du second ordre, semblent vouloir s^affiibler de la défroque antidéricale que Tiennent de rejeter les grandes puissances, il n*y a pas là de quoi troubler^ le courage de nos frères d'Allemagne. La victoire leur restera. Il leur faudra Taobeter par de longs et constants eff6rts : mais déjà le présent peut leur répendre de Tayenir. Sans doute, il reste encore beaucoup à faire pour arriver à un régime de liberté et d'équité parfaite; mais déjà le progrès est immense. Quand on sort d'un précipice en gravissant le flanc d'une montagne escarpée , il est bon de ne pas toujours fixer lès yeux sur le sommet jde peur de se laisser aller à la fatigue et au découragement : il convient de se retourner quelquefois pour mesurer tout le chemin qu^on a fait depuis le fond de Tabime , ne fÙt-ce que pour se rassurer sur ses forces , et pour justifier sa confiance dans le succès définitif.

La Belgique avait conservé plus fidèlement qu'au-

(i) Voir la réponse du ministre bavarois da 8 avril 1852, à la réclamation collective des évêques da royaume, en date du 2 décembre 1850. Il existe en Bavière un édit de religion, analogue à nos articles organiques, et qui, rendu postérieurement au concordat de 1818, annule arbitrairement plusieurs dispositions essentielles de ce contrat synallagmatique, et en empruntant aux traditions gallicanes et Josépbistes les entraves habituelles. Cet édit a eu pour inspirateur un Jurisconsulte protestant , nommé Feuerbach, lequel s'en est vanté dans les mémoires posthumes que vient de publier son fils, le trop célèbre proresseitr d'athéisme Louis Feuerbach.

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