‹ Des intérêts catholiques au XIXe siècle (volume 3)Chapitre 106 sur 125 · CHAP. XII. —L'ÉGLISE CATHOLIQUE · texte numérisé non relu

CHAP. XII. —L'ÉGLISE CATHOLIQUE

formé peu à peu en France, dans l'Église catholique et à son service, je ne dirai pas un parti, ni une coterie, mais un groupe d'esprits élevés, à la fois fidèles et libres, modérés et résolus, sensés et dignes, capables de sympathie pour les sentiments du pays comme de dévouement h leur propre foi, et décidés à accepter la liberté religieuse pour base des rapports entre l'Église et l'État.

L'expérience vient d'en être faite : c'est dans ce groupe que l'Église catholique, attaquée dans sa constitution générale et dans ses libertés par les événements d'Italie, a trouvé naguère et trouvera toujours ses plus utiles comme ses plus fermes défenseurs. Ceux-là seuls sont en mesure de la bien défendre et d'obtenir crédit dans le pays en la défendant. Que les catholiques ne se fassent point d'illusion : la cour de Rome a été trop souvent et trop longtemps l'alliée •du pouvoir absolu pour que sa cause ne soit pas suspecte aux amis de la liberté politique et religieuse. Aussi, quand elle est en péril.

que de gens hésitent à lui venir en aide ! Les uns par souvenir et méfiance, les autres par ménagement pour le pouvoir civil, d'autres par crainte de Timpopularité. Et quand les partisans, déclarés ou présumés, de la réaction absolutiste prennent les premiers en main la défense de l'Église, ils la compromettent bien plus qu'ils ne la servent. Elle ne peut avoir aujourd'hui, pour champions efficaces, au dedans comme au dehors du catholicisme, que les hommes qui veulent sérieusement la liberté, et qui sont bien résolus à la maintenir au profit de tous, comme envers et contre tous.

Page 1