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CHAP. XXI.-LA COXFÉDÉRATIOX

tioii (le rÉgliso, les populations catholiques en France, en Espagne, en Allemagne, partout où il en existe, ne sont pas profondément émues et troublées; elles n*ont pas assez de ferveur passionnée pour se précipiter au-devant des alannes ; on leur dit, et elles croient aisément que ce sont là des querelles (l'ambition et de politique ou la religion n'est pas séricHisement intéressée. Mais si elles voyaient l(î siège même de la papauté envahi, le pape fugitif, l'Eglise catholique ébranlée dans ses fondements et réclamant partout avec anxiété son gouvernement, son droit, sa capitale, son repos, c'est alors que les poj)ulations catholiques ressentiraient le coup et en feraient paraître leur ressentiment. La République française est morte sur Téchafaud de Louis XVI ; que deviendrait le nouveau royaume italien en présence du pape détrùné, errant, et mendiant au milieu de la Chrétienté?

11 faut croire aux instincts naturels et spontanés des grands espi'its, surtout quand ces instincts les

avertissent des périls attachés h leurs propres tentations et des conditions auxquelles peuvent se réaliser leurs espérances. A des époques et dans des situations très-diverses, longtemps avant qu'il fût question pour lui de Tanibassade de Rome comme au moment où il y fut appelé, dans la pleine liberté de nos pensées comme en présence de notre responsabilité commune, nous nous sommes souvent entretenus, M. Rossi et moi, de l'avenir de l'Italie. Il n'espérait son indépendance que de l'appui de la France au milieu d'une grande crise européenne ; mais c'était toujours dans un régime de confédération qu'il voyait pour l'Italie la garantie de l'indépendance et l'établissement de la liberté. Et quand la crise révolutionnaire de 1848 est arrivée, quand Pie IX a remis entre les mains de M. Rossi les espérances de l'Italie comme le salut de Rome, c'est vers l'union à la fois douanière et militaire des principaux États italiens que M. Rossi a dirigé ses premiers eflbrts. Il préparait la confédération italienne quand les assassins l'ont frappé.

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yA'KATION

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. trouve, dans un recueil intituli- : Dttcumcnt^ et inV'o-* I Je

,Lff,tiqnr5 laissvs par Daniel Manin, prcsidnit de la lit'puhUque j jvnis^/''"^ '''"''•' ^^^^ ^^^ originaux et annotés par F, Planât de la

Vflue ;'t- '» P- '-^'''^ ' ^^ paragraphe d'uno loltrc adresse e, le

- l'iiin 181^. piir ^1- Manin ;i M. de Coimcnin : 4 Dans les conditions aotuelles, Vuuitt' de l'Iialie nV>t pas»

no5«il-'l^î "^^'* '^ *'''^ nécessaire «lu'elle suit du moins unifive^ c'est-à-dire qu'il y ait une confï-déralion d'Ktats iialions. et pour cela (|iraucun des Ktats confi'dén's no soit de boautroup plus f<»rt que les autres; «.ar une association ne peut exister avec sécurité là où il existe une trop grande disjiarité de forces. Il faut encore que les divers Ktats, dans leur coni|iOsition et leur extension, se fondent sur des traditions historiques, rju'on ne joigne pas ensomlile des peuples dilTérents de nin-urs et tl'origlue. car aulreuienl ù la guerre do l'inviépendaiice on verrait succéder la guerre civile. Il faut eniin qu'un n interdise j»as la forme républicaine à tel Klat qui se sentirait mur pour la prendre, et qui trouverait inutile de j»assér jiar la forme transitoire de la monarchie constitutionnelle. »

chère espérance et le but de tous leurs efforts.

Par quelle fatalité, sous quelles influences cette grande idée a-t-elle succombé? Quelles causes ont substitué le travail violent de l'unité italienne au vœu naturel de la confédération ?

L'ambition piémontaisc : ainsi répond à cette question la conscience européenne. Je n'ai garde de contester sa réponse. Je ne pense pourtant pas que l'ambition piémon taise soit la seule , ni même la première cause de ce brusque revirement des esprits et des efforts italiens. Dans les grands drames politiques, et surtout à leur début, les idées et les passions générales des peuples ou des partis jouent un rôle supérieur k celui des intérêts et des passions égoïstes des acteurs. C'est le parti républicain qui a été en Italie le premier patron et l'ardent propagateur de l'unité italienne; c'est par l'action incessante de M. Mazzini et de ses adhérents que cette idée s'est répandue et accréditée. On s'est peu à peu accoutumé h y voir l'unique moyen de chasser l'é-

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trangeretde conquérir l'indépendance deTItalie. La voie qu'on avait été contraint de suivre et la nature des armes qu'on avait employées en engageant cette lutte devaient conduire à ce résultat : c' était par Tassociation secrète, parla conspiration qu'on attaquait, qu'on minait la domination autrichienne ; pour que la conspiration eût chance de succès, il fallait qu'elle allât chercher dans tous les États, sous tous les gouvernements italiens, les cœurs et les bras disposés à la servir; ainsi s'est recrutée la première armée de l'indépendance italienne, et c'est au nom de l'unité italienne que son recrutement pouvait s'accomplir et s'est en effet accompli. A part même cette nécessité de situation , les esprits sont disposés de nos jours à accueillir avec faveur l'idée des grandes unités nationales, républiques ou empires ; cette idée plaît h l'ambition et à la vanité. Peuple ou individu, personne ne veut plus être petit; tous se persuadent qu'ils pourront devenir grands ; et on mesure maintenant la grandeur aux nombres que l'on compte et

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h IVspacG qii'on occupe. Matérialisme grossier et porlurbateur qiii, s'il venait à prévaloir définitivement, serait aussi fatal h la liberté qu'au repos des sociétés humaines ; ce n'est ni le nombre ni l'espace, c'est la qualité des hommes et des idées qui fait leur grandeur, et l'histoire est pleine de petits peuples glorieux et de grandes nations obscures. J'espère ([ue ce goût vaniteux pour l'étendue territoriale et nominale de la patrie ne deviendra pas la passion dominante et durable des hommes; mais il est certain qu'aujourd'hui, sous l'influence des grands spectacles qu'a contemplés l'Europe et des grandes tentations qu'ils ont suscitées, la tendance aux vastes unités politiques est puissante et séduit aisément les chefs des peuples et les peuples eux-mêmes. L'ambition piémonlaise a exploité cette tendance comme elle a exploité la conspiration républicaine; elle a mis la main sur les deux grands leviers du jour, l'esprit de révolution et l'esprit de conquête ; et c'est ainsi que l'unité, idée violente et bien moins libérale

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