O DES INTÉRÊTS CATHOLIQUES
justes et honuétes qui empêchent les peuples d'en con voiler de coupables ^
Faut-il maintenant que je m'explique sur ce que j'enlends par liberté? Serai-je soupçonné de vénérer sous ce nom ancien et sacré les inventions de Torgueil moderne , Tinfaillibilité de la raison humaine , la sotte hérésie de la perfectibilité indéHnie de l'homme, la consécration de Tenvie sous le nom d'égalité, l'idolâtrie du nombre sous le nom de suffrage universel et de souveraineté du peuple? En serai-je réduit à me dé« fendre de toute complicité avec les prédicateurs de la liberté illimitée, absolue? J'espère que non. Ce que j'aime et ce que je désire, c'est la liberté réglée, contenue, ordonnée, tempérée, la liberté honnête et modérée ; la liberté telle que l'ont proclamée, recherchée, conquise ou rêvée, les grands cœui*s et les grandes nations de tous les temps, dans l'antiquité comme depuis la rédemption; la liberté, qui bien loin d'être hostile à Tautoriléi ne peut coexister qu'avec elle, mais dont ta disparition fait aussitôt dégénérer l'autorité en despotisme.
Encore une fois, je n'entends professer ici aucune théorie absolue, universelle, exclusivement
* « .... Les opinions du comte de Maistre étaient pour ces !î- « bertés justes et honnêtes qui empêchent les peuples d'en con« « voiter de coupables. Cette manière de voir, qu*il ne cachait oui- « lement, ne lui fut pas favorable, dans un temps où les esprits • échauffés regardaient la modération comme un crime. M. de « Maittre fut soupçonné de jacobinisme , et représenté à la cour « comme un esprit enclin aux nouveautés , et dont il fallait m « garder. • (Lettres et opinions, i85i| 1. 1, p. 6.)