DES INTÉRÊTS CA.TH0L1QUES
« bout : il ne péril jamais tout entier. Ce n'est « pas non plus la propriété ; elle aussi peut chana ger de mains, mais je ne crois ni à son anéantis- « nement ni à sa transformation. Mais savez-vous « ce qui peut périr chez tous les peuples? C'est la « liberté. Ah! oui, elle périt, et pendant de « longs siècles elle disparait. Et pour ma part, je « ne redoute rien tant, dans le triomphe prochain « du radicalisme, que la perte de la liberté '. »
* Discours sur la chute du Souderbund. Moniteur du i5 janvier 184s. Me seraîuil permis d'ajouter ici les paroles que j'adressais, UD an plus tard, à rassemblée constituante, au commencement des luttes entre le pouvoir législatif et le président de la république :
« Ce qui est ébranlé dans certaines âmes, c*est la croyance à la liberté! Oui, je vois, pour ma part, avec douleur, avec terreur, un trop grand nombre d'âmes défalUanles, qui confondent la Mberté politique avec l'agitation , avec la ruine, avec la misère, avec le désordre. Il ne faut pas grossir le nombre de ces âmes-là, mais il faut surtout ne pas contribuer à les encourager dans leur erreur.... Pour moi, la liberté politique, c'est le gouvernement de discussion, le gouvernement de tribune, le gouvernement des assemblées : ce gouvernement qui fait que plus ou moins, depuis trente-quatre ans, l'on vient à celte tribune.... y discuter les grands intérêts de son pays avec indépendance, avec fierté, avec éloquence, quand on le peut. Oui, c'est ce grand mode de gouvernement que je crains de voir s'affaiblir, se dépopulariser dans les âmes d'un certain nombre de Français trop justement alarmés par les agitations que nous venons de traverser. Oui, ce pays si généreux, si intelligent, si audacieux, a des mouvements si brusques, si saccadés , que toute réaction, tout mouvement d^opinion est toujours à craindre chez lui. Il ne sait pas se contenir, il ne sait pas ménager les transitions; tous ceux qui ont étudié son histoire le diront. En présence de cette expérience, prenez garde de ne pas l'indisposer contre ce régime, contre ce gouvernement de la tribune, des assemblées, dont je suis, pour ma part, un très-humble instrument, mais le plus sincère admirateur et le plus fervent partisan. > {Moniteur du i3 janvier 1 849 .)