‹ Des intérêts catholiques au XIXe siècle (volume 3)Chapitre 40 sur 125 · CHAPITRE VII. Il · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII. Il

trop peu contenu, de voir désormais triompher ce que Saint-Simon appelait les grâces de Pûbscu^ rite et du néant.

Allons plus avant. On avait essayé , dans ces derniers temps , d'établir des distinctions assez spécieuses entre le système représentatif ou conslilutionnel et le système parlementaire. On semble y avoir renoncé : je ne m*y arrête que pour condamner, pour désavouer autant que personne les abus et les exagérations du système auquel on donne le nom de parlementaire, et pour maudire les fatales usurpations de pouvoir qui se sont produites sous ce nom. Si je me sers quelquefois de cette dénomination, c'est pour ne pas décliner la lutte avec les publicistes qui attaquent sous ce nora le gouvernement représentatif lui-même. MaiS) avant d'entrer dans le détail, voyons en qiioi consiste l'essence de ce genre de gouvernement.

Un gouvernement parlementaire, constitutionnel ou représentatif, signifie aujourd'hui un gou« veniement contrôlé et contenu. Or, sous des formes diverses, ce genre de gouvernement a existé de tout temps et partout où le despotisme n'avait pas tout absorbé. Je crois fermement qu'il en existe le germe, ou l'ombre, si l'on veut, même dans la constitution du 1 5 janvier dernier. Il consiste essentiellement dans la division des pouvoii's et dans leur contrôle réciproque; car telles ont été de tout temps les conditions d'une action grande et durable sur les affaires du monde, comme celle de lanctenne Rome et de la moderne Anglctei*re ; taiylis que la force unitaire n'a produit qu'une

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grandeur éblouissante, mais éphémère, et une puissance fragile, comme celle de Louis XIV et de Napoléon. Ce système de contrôle exige naturellement l'intervention eflicace des représentants du pays dans la confection des lois et dans le vote de l'impôt. Là où ce contrôle est sérieux et respecté, là où cette intervention est active mais disciplinée, le gouvernement parlementaire existe réellement. Il existe dans les meilleures conditions là où une nation possède encore des traditions et des corporations, et où toutes ses forces collectives ou individuelles sont sincèrement représentées au sein des pouvoirs publics, comme en Angleterre. Mais si ces forces sont incertaines et nulles, si les mœurs et les institutions démocratiques ont tout réduit en poussière, on est condamné à n'avoir que des assemblées composées d'individus isolés, comme ceux qui les élisent, avec des droits vagues, illimités, quelque peu factices, comme en France : et alors ce gouvernement est bien autrement difRcile à conduire, bien autrement exposé à faillir.

On est ainsi toujours ramené à la terrible raison qui fait, à Theure qu'il est, la force et la fortune du despotisme en Europe, l'absence de tout élément traditionnel ou sérieusement conservateur. On se débat partout contre les conséquences de ce fait, aussi fatal aux intérêts bien entendus delà monarchie qu'à ceux delà liberté.

D'où vient que les gouvernements libres n'ont réussi nulle part à se consolider sur le continent? N'est-ce pas surtout du défaut de tout pa-

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