‹ Des intérêts catholiques au XIXe siècle (volume 3)Chapitre 53 sur 125 · CHAPITRE Vlll · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vlll

mais pour les soumeUre exclusivement à Tautorité des agents du pouvoir exécutif. Bien loin d'é« tendre celle des conseils électifs, on Ta considéra^ blemeot limitée, en prenant les maires en dehors des municipalités élues, et en ôtant aux conseils généraux le choix de leurs présidents et secrétaires^ l'élection des conseils académiques, la publicité de leurs délibérations. Ce sont des actes que je ne prétends ni blâmer ni juger, mais qui certes n'annoncent pas iin développement prochain des libertés provinciales et municipales.

U faut donc choisir ; car les mœurs et les idées du monde moderne ne comportent pas d'autre alternative, surtout en France. Il faut choisir entre le pouvoir absolu, sans tempérament aucun, et le pouvoir tempéré par l'autorité des assemblées, ce qui n'est autre chose que le régime représentatif ou parlementaire. On aura beau dire que les assemblées sont toujours en deçà ou au delà du but, et que trop souvent, de simple pouvoir contrôlant^ elles deviennent pouvoir prépondérant, comme on l'a vu en France, comme on le voit encore en Angleterre. C'est un danger , sans doute; mais n'est-ce pas un danger moins grand que celui d'un gouvernement sans contrôle quelconque?

U ne faut jamais juger un pouvoir absolu d'api*es le mérite du priuce qui le fonde ou qui le gère temporairement , et dont on peut toujours dire ce que l'empereur de Russie disait de luimême : Je ne suis quun accident heureux. Il faut

porter ses r^ards sur sa durée; il faut voir ce

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qu'il deviendra quand la génération des hommes formés au sein de la discussion et de la liberté sera remplacée par les générations nées et élevées sous un pouvoir illimité. Rome fut heureuse sous Auguste y grâce à sa modération et au concours que lui prêtèrent des citoyens formés sous la république. Mais que devint-elle sous ses successeurs?

Dans l'Europe moderne, le pouvoir absolu ne peut être qu'une domination militaire et bureaucratique, comme en Russie. Hors des moments de crise, l'esprit militaire lui-même sera toujours éclipsé par la bureaucratie. Celle-ci se concilie parfaitement avec la démocratie; elle en est quelquefois le contre-poids nécessaire, et plus souvent l'instrument et l'alliée.

On reproche au régime parlementaire d'avoir laissé gouverner la France par des députés. Mais la France gouvernée par des sous -préfets en vaudra-t-elle mieux? Au moins, ce gouvernement des députés était contenu, éclairé par mille forces pour ainsi dire collatérales; par leurs électeurs, leurs compétiteurs et leui-s successeurs, et surtout par une inexorable publicité. Qui contiendra, qui éclairera le gouvernement des souspréfets ?

En attendant, répétons la parole du sage, qui s'applique aussi bien aux sous-préfets qu'aux députés : Omnis potentatus brevis vita ' /

> Ëccles., X.

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