‹ Des intérêts catholiques au XIXe siècle (volume 3)Chapitre 59 sur 125 · CHAPITRE IX. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX. l

de vexations, avec l'aide des légistes monarchiques du sénat de Chambéry, pour enlever la liberté des élections à la fondation de saint Bernard de Menthon, aujourd'hui victime de la cupidité radicale. Ouvrez l'histoire de Sicile , et vous y verrez Victor-Âmédée I" inaugurer sa nouvelle royauté ' par une lutte acrimonieuse et inique contre Clément XI et la suzeraineté du saint-siége sur cette île. Il y a des gens naïfs qui se figurent que toutle mal, en Piémont ou ailleurs, vient de ce qu'il y a des chambres, des journaux, une vie politique et publique. Mais s'il n'y avait qu'un roi, imbu du même esprit, il y mettrait encore bien moins de façon. Les mêmes actes se commettraient sans discussion et sans délai ; les victimes seraient bâillonnées avant d'être immolées. On n'entendrait ni protestation ni murmure ; on ne verrait aucune de ces démonstrations qui honorent l'Église, qui propagent et fortifient l'esprit catholique. Cela ne se passait pas autrement au dernier siècle, quand rien ne gênait plus l'exercice de la prérogative royale, quand la doctrine de V autorité était seule reconnue et préchée.

Mais je soupçonne très-fort ceux qui se font de la conduite actuelle du Piémont envers l'Église un argument contre le gouvernement constitutionnel, de n'avoir jamais ouvert une page de l'histoire d'Italie antérieure à la révolution française. On ne

> Il fut obligé, en 1718, d'échanger la Sicile contre la Sardai|;ne, mais en conservant le titre de roi.

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lit guère Thistoire de nos jours : on la refkit, chaque matiDi à son gré ou au gré du paradoxe qu'on soutient* Disons toutefois, pour ceux qui attachent encore quelque prix à ses leçons, que MM. de Car vour, BrofTerio et compagnie sont de bien petits garçons auprès des ministres de la royauté illimitée du xviii^ siècle; et que les parlementaires du Piémont ont encore fort à faire avant d'égaler les modèles que leur ont fournis, en Italie même, les princes de la maison d'Autriche et de Bourbon. Toqt ce qu'ils font n'est et nq sera qu'une contrefaçon assez pale des actes commis en Lombardie par Joseph II, et en Toscane par Pierre-Léopold, avec l'aide de Tamburtni et de l'université janséniste de Pavie, de Ricci, et du synode hérétique de Pistoie. Ils ne commettront pas plus de spoliations et de violepces que ces deux souverains absolus ; et j'affirme qu'ils n'iront pas, coqtime le grand-duc d^ Toscane, jusqu'à imposer à tout le clergé la prétendue doctrine de saint Augustin sur la grâce '. ,

U n'y avait pas de parlement à Naples , lorsque le marquis Tannucci , premier ministre pendant deux règnes, usa de son autorité absolue pour abolir la propriété et la juridiction ecclésiastique, les recours k Rome; pour interdire la publication et la circulation des actes du saintsiége; pour faire jeter quatre cents religieux sans reproche au delà des frontières; et, enfin, pour ériger des sièges épiscopaux : le tout sans daigner

' César Cahtu, Bistoire decenfans, t.I, p:^465, édition iU- ItenDe.

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