CHAPITRE IX
consulter ni écouter le pape. Il n'y en avait pas en Espagne^ lorscjue Charles III, transféré de Naples à Madrid) laissait gouverner l'Espagne et garrotter l'Église par d'Araoda et Campomanes; lorsqu'il ordonnait l'expulsion dé tous les jésuites de son immense empire; de tous, au nombre de six mille, en un seul jour ; et cela , pour des motifs que Sa Majesté tient renfermés dans son auguste cœuTj dit le décret, mais dont Sa Majesté n'a pas daigné révéler le secret à la postérité ^ Il n'existait plus, en Espagne, un seul corps, une' seule force capable de résister à cet acte de monstrueuse tyrannie. Poj un seul Espagnol n'eut Je droit ni le cœur de se plaindre! L'iniquité fut consommée en plein jour, et tous les souverains catholiques de l'Europe l'applaudirent ou l'imitèrent.
Que l'on demande au P. de Ravignan , ou à tout autre jésuite de nos jours, ce qu'ils préfèrent : être pris à l'improviste dans leur oratoire, ou au confessionnal, sans qu'on leur permette d'emporter autre» chose que leur Bréviaire, et être jetés au fond de cale d'un vaisseau pour être transportés dans les États Romains, avec peine de
' Eq revaqche, dans Tordre royal du a avril 1767, adressé à toutes les autorités de l'Espagne , on lit ces mots : « Si, après Veni' harquement, il existait encore un seul jésuite, même malade ou mori^ hond, dans votre département, vous serez puni de mort. Moi lb soi. » Cest ce que son ministre D. Manuel de Rocha appeXùiVopAvtùm césarienne. Ce ministre du roi Catholique écrivait au duc de Choiseul, premier ministre du roi Très- Chrétien, le 17 avril 1767: " Succès complet : Topcration n'a rien laissé à désirer. Nous avons « tué l'enfant ; il ne nous reste plus qu'à en faire autant à la mère, • notre sainte Église romaine. » (ChETiv^àV'JoLY f\Clément XIV et les Jésuites, p. 178-985.)
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mort contre toute tentative de retour et de correspondance; ou bien, subir Tordre du jour provoqué par M. Thiers le 3 mai i845, et la dispersion fictive obtenue de leur général par M. Rossi, ce qui a été le maximum des violences pariementaires de notre temps contre les soldats les plus exposés de TÉglise.
11 n'y avait pas, dans ces temps anté-^onstitutionr nels, il n'y avait pas jusqu'au petit duc de Parme qui, dans son petit fief du saiut-siége % et vingt ans avant Joseph II, ne tranchât du pontife, en interdisant toute offrande et toute correspondance avec Rome.
L'ordre de Mahe lui-même, qui n'était autre chose qu'une corporation religieuse et nobiliaire, se croyait obligé, en sa qualité de souverain, d'imiter les rois et les empereurs. Lui aussi voulut soumettre à son placet les décrets pontificaux, réduire et supprimer les privilèges ecclésiastiques, jusqu'à ce que Pie VI se vit obligé de dire à l'ambassadeur du grand maître Emmanuel de Rohan : « Qu'est-ce que votre ordre , si ce n*est « un corps privilégié? Nous vous avons toléré jusff qu'ici; mais, puisque les privilèges doivent être «abolis, que votre ordre soit aboli avec les au- «ires*.» Dix ans après, le général Bonaparte se chargeait d'exécuter la sentence ^.
> Le duché de Parme avait été créé par Paul III pour la mai* fton Farnèse, et à titre exprès de fief perpétuel du saint-siége.
* Pahza Vbcchia, VUlUmopcriwio délia sloria di Malta, i835, P- >79-
3 Dans sa fameuse conversation avec les députés de l'ordre ^