‹ Des intérêts catholiques au XIXe siècle (volume 3)Chapitre 84 sur 125 · RELIGIEUSE · texte numérisé non relu

RELIGIEUSE

En présence de ces attaques et de ces périls qui s'adressent à l'essence même du christianisme, tous les chrétiens ont évidemment un grand intérêt et un grand devoir commun ; c'est leur foi et leur patrie religieuse commune qu'il s'agit de défendre. Ils habitent des demeures diverses ; mais c'est la place même oii elles sont toutes contenues qui est assiégée.

Aux XV* et xvr siècles, quand la Réforme jeta la fermentation dans le monde chrétien, les dogmes fondamentaux du christianisme n'étaient pas en

3H CliAP. Vr.— LKGLISE CIIlîKTIENXE

question et restaient les mêmes pour tous les chrétiens, lisse divisaient et se querellaient sur la sainte cône, rinfaillibililé du pape, la confession, le purgatoire, le célibat des prêtres; mais ils croyaient tous à la création, au péché originel, à Tincarnation, à la rédemption. Us pouvaient se livrer à h;urs croyances diverses sans renier ni mettre en péril leurs croyances communes ; ils luttaient au sein de leur patrie religieuse; ils ne l'exposaient pas, ils ne rouvraient pas à l'étranger. Aujourd'hui l'étranger est partout aiLX portes de l'Église chrétienne, prêt et ardent à profiter de ses dissensions pour la décrier et renvahir. Non-seulement les chrétiens ont aujourd'hui un pressant intérêt à la paix ; ils peuvent vivre en paix, car ils ont la liberté. Au xvr siècle, et tant que la liberté religieuse a manqué, il fallait bien se battre pour garder et professer sa foi ; la guerre était la conséquence de la tyrannie et la nécessité de la religion ; nul ne pouvait être protestant en France ou catholique en Angleterre s'il ne résistait, par la force.

Page 1