CHAPITRE X. l
piam contumaciam et déforme obseqmum per* gère iterj pericuUs vacuum.
Sachons attendre : « Le temps, » a dit un grand maître de la politique , « le temps a, pouc tout <c modifier, des secrets que le génie lui-même ne ce trouve pas. » Ne versons pas des larmes sur ce qui est tombé, soit; mais ne l'insultons pas. Ne blasphémons pas notre propre passé, pour mieux nous affubler de la mode courante, pour nous faire bien venir, même dans l'intérêt de la bonne cause, des puissances du jour. La liberté nous a valu d'inappréciables conquêtes, d'éclatantes ré-^ parations : au lieu de la renier, sachons l'honorer par notre reconnaissance, notre patience et notre espoir.
Ce n'est pas que je veuille dissimuler les périls et les obstacles que rencontre la liberté au sein de la société moderne. Qui ne comprend que la civilisation a considérablement perfectionné le despotisme en l'adoucissant? Le suffrage universel surtout, tel que nous l'avons vu fonctionner, et malgré les services imprévus et éclatants qu'il a rendus à l'ordre au moment des plus grands périls ; le suffrage universel peut être regardé comme le plus grand danger de la liberté. C'est un mécanisme par lequel la foule, maîtresse pour un jour, peut se rendre esclave pour des siècles, et rendre tout esclave comme elle.
Il serait insensé de méconnaître la valeur de ce mécanisme. On peut dire que le suffrage universel jouera désormais en politique le mêlbe rôle que la poudre à canon dans l'art de la guerre, ou la va-
1^6 DES INTEPÊJS pATlipLIQUES.
peqr dan§ j'industrip. L'intvpdqplipn dp cp^e arme nouvelle et formidable pjiauge tqp^e^ le§ cp^dir iion^ d^ la lu^ç- E^H^ P^t à ladi^ppsilipq dp pouvpir, qui fipir? tqujqqrs par §'ep emparer, H^e fprce' JHsqp'à présent incppRije, C'est qp levier qpi peut être n^anip par la m^ip I^ moins habilp Pt la ipojn^ scrupuleuse I mai$ qui dopp^ ^ Pette ni^in pn fiscend^nt irrésistible. C'est, pp pptre, pp rnasqpe ipimepse, derrière lequel lppte§ les servilités, tpulps les bassesses, toutes Ips défail- )aqpe{^ pepvpnL chercher un abri coipfnode et sûr. C'est ppp iqer oî) vont se perdre toutes leç combinaisons et {putes les règles de la politique ancienue, ipais pu le mensonge, le préjugé, l'ignorance, peuvent aussi centupler leur ppprgie. Lfi sagpssp et la digpité bpmaine^ y sppt toutes deux copdapinées ^ d§ ru4p§ éprepves. T^Iept, vpr^ii f rpnomïpée, çourpge, ipfégrité, p^péfienpp, Jous ces titres ^ l'ancienne popularité, toutes çps forces diversement épergiques, tout ce)^ est noyé dans les fiot^ du suffrage universel , comme le serait up fl^çop de vip générepx versé daps un étapgt
Aussi, je ne sache pas qu'apcpp ami sincère et intelligent d^ la liberté ait jaipais désiré ou réclapfié le suffrage universel. Il a été inventé par les républicains, d'accord avec quelques fous mopai^ chiques. Selon l'us^age, l'invention a tpé les inventeurs.
Toutefois il faut ^'y résigner et s'y habituer; par il pe ^«ra p^s détruit aussi f^qilemept et aps^i prpipptemept qu'il ;i été créé.
P^y^rd ej: le^ preux de ^oï\ tpmps §e déçpspér£|ient à la yup des progrès de )*avtiUerl^ et cjps (irqueby^ades , }ls prpyaien^ que la guerpe loyale 9 chevaleresque, généreuse, u'alfait plus étr^ PQssÎt |)le| et qup les lâches seraient dé!$ormai§ sur Ip inéiqe pied que Je^ grands cqeHn; pt peppndanf rhonneur, le cpprage, toqtes les yertqs inj|itaire$ ont retrouvé leqr valeur et {piir emploi dans les ^rrpaes moderne^» Il eu sera de méiQp des vertq^ ptdps talents politiques; tôtoq tard, ils rptrpuver rqnt leur valeur, 3eulefQent il faudra aqx homi^es d'État de l'avenir des vertii^ pQuvelIes, pomipe il a fallu aux fils des preux encqre plus dç sang*froid et dp coup d'œil que de bpuillant cpur rage, pour remplacer Çrécy et A^incoprt par Dpr naip et Fontepoy.
Qd a pu, grAe^ à la yapeur, boulevprspr tQMtei; les habitudes et toutes les conditions dp U société extérieure, supprimer les distapcps, abaisser les montagnes, transfornierlecoipmerce, ouvrir à l'inr dustrie d'interminables persppctiyes , fournir up thèoie inépuisable aux déclamateurs de toi^t ordre, ^ur le progrès indéfini, la fédération des États, la paix universelle, et autres utopies; mais op p'a ni supprimé une paspion , pi diminué pn epnui, ni discipliné une cupidité, ni consolé une tristpsse, de plus qu'avant pette fameuse découverte. L'orr gueil, l'envie; la douleur, toutes les infirmités de l'hoipoie sont restées debout , pompie aussi les lois éternelles dp la justice divine, et mépie les lois inférieures 2 ipais respectables, de la sagessp hunqaine. Pas plus qi|e la vapeur, le suffrage unir
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versel ne changera les conditions fondamentales de la nature humaine. Seulement il rendra la liberté plus difficile y et par conséquent les luttes plus pénibles, les sacrifices plus méritoires, le dévouement plus généreux et plus complet. C'est un sort que tout homme de cœur, que tout chrétien surtout peut encore accepter et bénir.
Peut-on espérer que , parmi les hommes dont l'intelligence n'a pas été complètement égarée par le démon de la révolution, ceux qui se regardent comme les champions attitrés de la liberté, éclairés par ses dangers, ses mécomptes, ses humiliations , se décideront enfin à chercher la force et la vie là où la vie et la force peuvent seules trouver la sanction de la durée et du respect ? Ils ont longtemps traité la religion en ennemie ou en étrangère. Le temps est venu de reconnaître en elle l'unique et indéfectible alliée. Elle est née pour être la consolatrice de tous les vaincus, le refuge de toutes les victimes, l'asile des cœurs blessés et découragés, la lumière des esprits dévoyés. Il appartient à ses enfants de revendiquer encore aujourd'hui pour elle cette gloire maternelle. Si la liberté doit être bannie du monde pour un temps, qu'on puisse au moins la retrouver un jour abritée sous l'aile de l'Église, enchâssée dans le cœur des catholiques! C'est une illusion peutêtre; mais, à coup sûr, il n'en est point de plus généreuse et de plus innocente. Au milieu des misères de notre société si vacillante , si mobile, si discréditée h ses propres yeux, est-il pour l'Église un rôle plus digne et plus sûr que de rester