‹ Des intérêts catholiques au XIXe siècleChapitre 10 sur 52 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

de vastes provinces catholiques, a été obligée de traiter avec l’Église et de lui ouvrir l’accès de contrées d’où fa vraie foi était bannie depuis trois siècles.

La Hesse, la Saxe, le Mecklerobourg , tous ces pays naguère exclusivement luthériens ou calvinistes, ont dû subir la même loi; et de toutes parts on voit des groupes de fidèles catholiques s’implanter à l’ombre des vastes et vieilles églises que le protestantisme avait usurpées, mais qu’il n’avait jamais su remplir. Bravant le respect humain, l’impopularité vulgaire et les fureurs de la presse rationaliste, la noblesse et la classe lettrée, qui ont toutes deux tant à expier, fournissent des conversions nombreuses et éclatantes. L’illustre comte de Stolberg en a commencé la série que ne clora pas M. de Florencourt *. Ces

successivement du luthéranisme au calvinisme, et réciproquement, dans l’espace de vingt-sept ans (i556 à i583), selon le gré des quatre princes qui se succédèrent dans la dignité d’électeur palatin pendant ce temps.

1 Nous citerons en outre, et parmi les noms qui nous reviennent .à la mémoire, la princesse Galiuin, qui fut à Munster le centre d’un mouvement remarquable au commencement de ce siècle; Adam Müller, le conseiller Schlosser, l’éloquent publiciste M. Jarke, le docte et courageux professeur Phillips, la comtesse Ida Hahn, qui a raconté sa conversion dans un beau livre intitulé : De Bnbyloneà Jérusalem ; enfin Hurter, si connu '< parmi nous par son excellente histoire d’innocent III , et qui publie en ce moment une histoire de Ferdiaand II, destinée

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deux noms rappellent assez que l’Église a dû, à ces retours, quelques-uns de ses plus habiles apologistes, de ses plus intrépides champions, des écrivains, des historiens, des docteurs du premier mérite, tandis que, pas plus en Allemagne qu’ailleurs, l’hérésie n’a pu enlever au catholicisme un seul nom digne d’être regretté ou cité.

De la vie privée, le mouvement catholique a bientôt gagné la vie publique. En mettant imprudemment la main sur l’archevêque de Cologne, le gouvernement prussien donne le signal du réveil de l’Église germanique. Clément- Auguste de Droste, d’immortelle mémoire, en sacrifiant, dans la question des mariages mixtes , son repos et sa liberté aux intérêts les plus sacrés de la conscience et de la famille, ébranle, d’un bout de l’Allemagne à l’autre, la fibre sacerdotale. A partir de ce moment, tout change de face; l’Église d’Allemagne est sauvée. A l’autre extrémité de la monarchie prussienne, l’archevêque polonais de Posen, émule de son frère de Cologne, devient, comme lui, confesseur et prisonnier pour la foi. Un homme de génie, Gôrres, reconnaît et signale le nouvel Athanase : le rugissement de ce vieux lion ne demeure pas sans écho. Dès lors, amis et

à achever la réaction de ta vérité contre les mensonges qui ont cours depuis deux siècles sur la guerre de Trente ans.

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