CHAPITRE I
ennemis comprennent que l’Église n’est pas morte en Allemagne. La presse catholique commence à se montrer, à s’aguerrir, à résumer et à discipliner les efforts des catholiques *. La révolution de 1848 arrive; et, contre l’attente de> tous, elle devient l’occasion du triomphe le plus inespéré pour l’Église. Dans cette assemblée de Francfort, si tumultueuse et si ridicule, mais un moment si redoutable, on voit paraître ses prêtres , ses orateurs , ses théologiens. Ils viennent réclamer, à l’instar des catholiques fiançais, la liberté de l’enseignement et la liberté religieuse. Au milieu de ces constitutions écloses chaque matin, à Vienne, à Berlin, à Francfort, à Erfurt, l’Église réclame la sienne, sa constitution divine, depuis longtemps violée et enchaînée par le bras séculier. On n’ose lui résister. Elle en reprend possession; ses évêques s’assemblent à Wurtzbourg, pour la première fois depuis les Ponc-
1 Citons en première ligne les Ilistorische politische Blàtler, tle Munich, recueil fondé en i838 par le professeur Phillips et le jeune Guido Gôrres , qui a si prématurément suivi son père dans la tombe. Sous la direction de ces deux écrivains, ce recueil est devenu incontestablement le premiei de l’Europe catholique. A côté de ce recueil bimensuel est venu se ranger, depuis 1848, la Deutsche Folkshalle, de Cologne, journal quotidien dont la tendance politique nous semble plus juste et moins absolue que celle du recueil de Mûuich, et qui rend chaque jour de très-grands services à la cause religieuse en Allemagne.
2 a DES INTÉRÊTS CATHOLIQUES.
tua t ions d’Ems. Le calme el la gravité <de leurs délibérai iojas ressortent admirablement au sein des orages sanglants de la politique. Leurs décrets sont accueillis avec respect; leur- autorité est contemplée avec étonnement : leurs vœux exaucés sans répugnance apparente.
Là où Ronge, ce pitoyable contrefacteur de Luther, avait prophétisé, aux grands applaudissements des démocrates et des philosophes, la ruine définitive de la Babylone papale; là même, des moines, des jésuites, des franciscains, reparaissant, sous leur froc abhorré, après des siècles de proscription, attirent autour de leurs chaires une foule avide 0 nombreuse, infatigable, et font de leurs missions un des faits les plus marquants de l’histoire contemporaine. Là où Lola Montes, séduite par l’exemple des oracles de la tribune et du feuilleton en France, encouragée par les amis des lumières et du progrès , soutenue par les sympathies publiques ou avérées du protestantisme et du libéralisme; là où cette effrontée avait réussi à se poser en victime des jésuites, et profitait de son ignominieux ascendant pour faire renvoyer des conseils du roi et des chaires de l’université les ministres les plus iutègres et les savants les plus éminents ; là même, une association catholique pour la défense de la liberté religieuse el de la monarchie