CHAPITRE I
constitutionnelle venge noblement les outrages infligés aux catholiques , en maintenant la vieille fidélité du peuple bavarois et en sauvant par l’influence cléricale l’ingrate royauté. Là où s’était pavanée cette association dite de Gustave-Adolphe, qui avait entrepris, sous l’invoeation du dévastateur de l’Allemagne, de faire pénétrer le protestantisme jusque dans les derniers refuges de la superstition papale,-; là même se fouderat, s’enracinent, se ramifient chaque jour de plus en plus les grandes associations de Pie IX, de Saint-Charles Borromée, de Saint-Boniface, marchant de front «et .à grands pas à la conquête de l’Allemagne, par la foi et la charité. Leurs réunions solennelles et annuelles à Mayence , à Munster, à Ra«tisbonne, ont à la fois assuré et sanctifié le dînait d’association. Leur intelligente initiative combine l’autorité du prêtre avec l’activité du laïque. Leur courageuse persévérance tend à reconstituer l’unité germanique, si vainemeot arborée par la démocratie, en la fondant sur l’union cordiale et féconde des fidèles de la Prusse , de la Souabe, de la Westplialie, de la Bavière et du Tyrol. Enfin, là où Clément-Auguste voyait des prêtres égarés par I’hermésianisme 1 , et des fonctionnaires que la irévolu-
1 On a déjà presque oublié cette doctrine dangereuse, qui, fomerttée avec soin par la bureaucratie et les ratioua-
a4 des intékêts catholiques.
tion allait bientôt punir de leur aveuglement, braver son autorité et la miner dans le cœur du peuple, un simple vicaire dç la métropole ', lui-même ancien ouvrier, sans autre ressource que son entraînante éloquence, fonde et propage avec un succès prodigieux l’œuvre du compagnonnage chrétien , sous la forme d’une vaste association pour le bien-être moral et physique des ouvriers a .
Partout le feu sacré se rallume. Enflammés par l’exemple de la Belgique, des évêques vigilants et dévoués, ayant à leur tête un ancien officier de cavalerie 3 , devenu le successeur de saint Boniface sur le siège de Mayence, s’occupent d’adjoindre à lèurs séminaires des facultés de théologie, où les jeunes lévites pourront se dérober aux dangers des trop fameuses universités de leurs différents pays. En Prusse, un roi protestant, mais intelligent et généreux, a promis que, sous son sceptre, l’Église ne reverrait plus les mauvais jours qu’elle
listes, avait envahi la plupart des facultés de théologie catholique dans l'Allemagne du Nord. Elle tire son nom du docteur Hermès, prêtre et professeur à Bonn, qui prétendait appliquer la méthode de Kant à la théologie.
1 M. Kùlping.
3 Gesel/em erein.
® M ! ' le baron de Kettler, de la maison du dernier grand maître de l’ordre des Porte- Glaive s. Son frère, également officier prussien, vient d’entrer dans l’ordre des capucins.