‹ Des intérêts catholiques au XIXe siècleChapitre 18 sur 52 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

On eût dit qu’il n’y avait d’écho, de crédit, de publicité, que pour leurs invectives: et voici que l’Eglise apparaît plus forte, plusaimée, plus populaire qu’à aucune époque de notre histoire moderne! Livres et journaux s’accordaient naguère à exclure la religion de toute discussion sérieuse, à résoudre toutes les questions religieuses par la négation des droits de Dieu, ou à les étouffer par la conspiration du silence. On se souvient du temps où le Constitutionnel accusait le gouvernement, de Juillet de tendre au mysticisme, parce que le roi, dans un discours à l’ouverture des Chambres, avait placé le mot de Providence. Et aujourd’hui c’est à qui parlera le plus haut de Dieu, et à qui s’inclinera le plus bas devant l’Église! Tous les pouvoirs qui se succèdent invoquent son appui et sa sympathie; tous lui témoignent tour à tour leur respect, leur confiance, leur humble dévouement; tous se disputent l’honneur de proclamer son indispensable influence, et de relâcher, sinon d’anéantir, ses anciennes entraves. Nous autres, pauvres ilotes de la vie politique, si longtemps méprisés par tous les partis, si longtemps relégués au rang des rêveurs importuns et des pétitionnaires dédaignés, nous avons triomphé, non pas certes pour toujours, ni peut-être pour longtemps, mais assez pour connaître le secret de notre

force et la valeur de notre appui. La liberté de l’enseignement, si longtemps réclamée en vain, est enfin conquise; elle est votée par les mains mêmesde ceux qui l’avaient le plus opiniâtrément refusée. On offre aux évêquesplus de maisons qu’ils n’en peuvent diriger, aux jésuites plus d’élèves qu’ils n’en peuvent instruire. Aux jésuites! avons-nous dit? Oui, ces jésuites, à si peu d’années de tous ies efforts tentés à Paris et à Rome pour obtenir leur dispersion , leur extinction complète, les voilà tranquillement investis du seul droit qu’ils 'aient jamais réclamé : celui de se dévouer au salut des âmes! Les voilà conviés par l’autorité publique elle-même aux missions les plus conformes à l’infatigable flexibilité de leur (institut; au gouvernement des colonies 'd’enfants en Algérie, à la réforme morale des colonies pénales à Cayenne ! Pour les autres ordres religieux, ils se fondent et se développent librement sur le sol dont les bannissaient tant de lois, encore inscrites dans nos codes, i et hier encore invoquées contre nous. INos évêques, à qui l’on interdisait naguère de s’entendre même par écrit, ont pu se réunir librement, et donner à la chrétienté' étonnée le spectacle» de treize conciles provinciaux, célébrés avec toute la majesté de l’ancien droit, et tous rivalisant de zèle et d’éloqUènee *dans l’expression (de

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