‹ Des intérêts catholiques au XIXe siècleChapitre 2 sur 52 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

t//? / Europe catholique : leurs suffrages se réunissent enfin sur un moine dont l’obscurité était le principal litre 2 . Les Autrichiens occupaient les légations ; les Napolitains élaieti martres de la ville de Rome. Ce ne fut pas sans peine que les uns et les autres restituèrent \ Pie VII les États que Napoléon allait bientôt lui arracher de nouveau.

Dans le royaume de Clovis et de saint Louis, voici quel était letat de la religion catholique :

L’épiscopat tout entier dans l’exil; le clergé décimé par la guillotine et la déportation; les fidèles traqués et harcelés, longtemps condamnés à choisir entre l’apostasie apparente ou la mort, commençant à peine à respirer, à jouir en silence de la tolérance du mépris.

Aucune ressource matérielle ni morale; le vaste patrimoine de l’Eglise, formé par l’amour et le libre don de quarante générations, réduit eu poussière ; les ordres religieux , après mille ans de gloire et de bienfaits, gisant déracinés et anéantis; trois mille monastères des deux sexes abolis, et avec eux tous les colleges, tous les chapitres, tous les sanctuaires, tous les asiles

» Autvüd, Histoire de Pie VII, p. 94, 97. Rien de plus eulieux que les détails de ce conclave, donnés parce! historien, qui les recueillit de la bouche du cardinal Consalvi, alors secrétaire du -conclave.

de la pénitence, de la retraite, de l’élude, de la prière!

La Fiance, souillée par dix ans de révolution, venait de se donner un maître en la personne d’un jeune vainqueur qui l’avait délivrée en même temps de la licence et de la liberté, qui savait tout, pouvait tout, et voulait tout *, qui en Italie avait imposé au saint siège le cruel traité de Tolentino, qui en Egypte avait caressé l’islamisme, et qui n’était encore connu de l’Église, qu’il allait si glorieusement relever, que pour l’avoir trompée et dépouillée a .

La persécution à peine éteinte avait fait place à la victoire incontestée du mal. La législation, l’éducation, les mœurs, étaient en proie à la pratique de toutes les théories du xvui e siècle. La famille se décomposait sous l’action du divorce. Dieu avait été chassé de

* Sieyès.

1 Bonaparte écrivait de Tolentino, le 19 février 1797, à Pic VI : « La république française sera , à ce que j’espère , l’une des plus « fidèles alliées de Rome. > Et, quelques mois plus tard, Cacault, ministre de la république à Rome, écrivait à Bonaparte : « La levée « de trente millions que Rome s’eu- « gage à payer par le traité de Tolentino , a épuisé tout ce « qu’il restait de sang dans les veines de ce vieux cadavre. « Nous If faisons mourir à petit Jeu. 11 tombera de lui-même... » On sait que plus tard Cacault montra un dévouement intelligent aux intérêts religieux. Il disait de lui-même : •< Je suis « un révolutionnaire corrigé. >• Artaud, Histoire de Pie Fil, p. as.

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