‹ Des intérêts catholiques au XIXe siècleChapitre 20 sur 52 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

États ont succombé; cette fière et toute puissante Angleterre se sent envahie, bravée et vaincue par l’invincible faiblesse de cette Église qu’elle a tant de fois cru anéantir. Elle porte attaché à son flanc, avec le témoignage toujours vivant de sa faute capitale, l’instrument de sa punition, qui peut devenir, quand elle le voudra, celui de la miséricorde divine envers elle. L’Irlande, si longtemps oubliée par toute l’Europe, même catholique, n’a jamais oublié sa foi. Elle a vécu d’un long supplice, martyre de son amoqr indomptable pour - l’Église romaine. Trois.siècles de confiscations, de persécutions, de famine, de dégradation, ont passé sur sa tête, sans l’intimider et sans la faire ployer. Elle a fini par enfanter un vengeur, mais un vengeur à la façon du Christ, qui nous sauve en nous punissant. Un homme s’est rencontré qui , sans avoir jamais exercé aucune fonction officielle, sans avoir jamais demandé ni reçu une faveur, un titre, une décoration, a régné pendant trente ans sur son pays, régné sur les cœurs, sur les bras, sur la bourse même de cinq millions d’hommes. Il a régné, sans avoir jamais fait verser une goutte de sang, sans avoir même engagé une seule lutte violente ou illégale, mais par la seule force de la parole, de cette parole à la fois libre et contenue, que les merveilleuses

inslit niions: de l’Angleterre garantissent même aux adversaires de sa domination. Il a régné, et son (règne a profité plus que celui d’aucun roi moderne à la cause catholique. 11 a reçu de ses concitoyens le nom de libérateur, et la postérité le lui conservera, non pas pour avoir délivré sa patrie , ce que d’autres ont pu faire ailleurs, Minais pour avoir délivré l’Eglise de Dieu dans le plus puissant empire du monde, ce tqiii n’avait encore été donné à personne. C’est lui qui, avec l’Irlande derrière lui, vient frapper au nom des son peuple à la porte du parlement anglais. Elle s ? ouvre, et les catholiques des trois royaumes y entrant avec lui, et pour toujours. Le vainqueur de Napoléon rend les armes au chef moral d’un peuple désarmé, mais devenu invincible par la force du droit, et préludant à la défaite de ses oppresseurs par la victoire qu’il remporte snr sa propre intempérance *. Le grand et glorieux acte de Y émancipation catholique, après cinquante ans de débats, est consommé.

1 L ? ivrognerie a été le vice populaire et séculaire* de .l'Irlande, et, pour ainsi dire, la seule consolation de ce peuple dans sa misère. O’Connell avait commencé, lors de son élection à Clare, en iHag, t par obtenir de ses électeurs qu’ils renonceraient à toute boisson fermentée pendant la durée de l’élection ; et ce succès fut la plus forte preuve de sa toute-puissance. 'Mais depuis'lui a surgi un autre Irlandais, un moine franciscain, le P. Mathew, qaài.a edtrepris de faire prendre à ses

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