‹ Des intérêts catholiques au XIXe siècleChapitre 29 sur 52 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

l’histoire des grands siècles catholiques était indignement méconnue ou travestie, la vie des saints mutilée, la gloire des plus illustres papes reniée, pour complaire à des préjugés misérables; où le rigorisme janséniste était adopté et pratiqué par les adversaires les plus sincères du jansénisme, comme une sorte de préservatif contre le mépris que devait inspirer le servilisme gallican; où la liturgie, ce dépôt sacré do la foi , de la piété et de la poésie catholique, était dans chaque diocèse arbitrairement altérée et diversifiée, au gré des inspirations les plus suspectes.

Non, on ne reverra plus toutes ces choses puériles et tristes; mais aussi, s’il plaît à Dieu, on ne reverra plus une assemblée du clergé de France obligée d’admettre, comme celle de i'j 85, « que l’on a ménagé les incrédules, et « que le clergé n’a rien fait pour leur opposer « des écrivains dignes de les combattre *. » Sans doute, le vénérable .prélat qui parlait ainsi, dans sa sainte indignation contre le mal,

les tombeaux de Richard Cœur de Lion et de Charles V, que les calvinistes s’étaient bornés à mutiler; à Chartres, à Autun, àTroyes, à Tournav , k Amiens, à Evreux, à Nantes, k Reims surtout, à Meaux, à Vézelay, à Bourges, à Lettoni e, dans toute l’Allemagne, à Palerme, etc. , etc. C’est un sujet pour lequel les matériaux ne manqueront pas.

1 Mémoire présenté an clergé assemblé à Paris, en 1785, par l’archevêque d’Arles, massacré aux Carmes, en 179a.

5l DES INTÉRÊTS CATHOLIQUES.

l’exagérait quelque peu. Il devait se donnera lui-même, par son martyre, un sublime démenti : et l’épiscopat qui l’écoutait devait inscrire dans les annales de l’Église une page incomparable, en montrant au monde cent trente et un évêques sur cent trente-cinq, se condamnant à la misère, à l’exil et à la mort, plutôt que de consentir à la constitution schismatique de 1790. Mais l’ensemble de la situation qui aboutit à cette catastrophe était déplorable : et rien n’v ressemble moins que la rénovation catholique de nos jours. En France, comme dans presque tous les pays catholiques , le clergé a confondu les ennemis de l’Église , par ses vertus d’abord, par sa ferveur, son zèle, la régularité exemplaire de ses mœurs; puis par ses travaux intellectuels et scientifiques qui, à coup sûr, ne sont inférieurs à ceux d’aucun autre corps ou corporation parmi nous. Les laïques mêmes ont pu, sans sortir des limites que la prudence et le devoir leur assignent, rivaliser avec le clergé dans l’œuvre réparatrice. Tous ensemble, avec un zèle et une ardeur dont il y a peu d’exemples dans l’histoire, ont travaillé à celte restauration de la vérité historique, philosophique et sociale, dont le comte de Maistre avait donné le signal au commencement de ce siècle, et dont les progrès sont aujourd’hui si visibles. Chaque

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