‹ Des intérêts catholiques au XIXe siècleChapitre 4 sur 52 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

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et l’autre allait être dépecée et jetée en pâture à tous ees princes, à tous ces seigneurs, catholiques et protestants, qui , à Lunéville et à Ratisbonne, mendièrent, des mains de la révolution victorieuse, une part dans la dépouille de l’Église. Elle s’affaissait sans résistance, elle succombait sans honneur. Depuis longtemps les catholiques, prêtres et laïques, n’opposaient plus qu’une inerte torpeur aux mépris du protestantisme et aux envahissements de la philosophie. Le catholicisme ne comptait pour rien, absolument rien, dans la politique ni dans la littérature de celte nation, qui se prosternait devant fe grand Frédéric, et que le paganisme de Gœtlie faisait tressaillir d’aise et d’admiration. La théologie ne donnait quelques signes de vie que pour lutter contre Rome, sous l’inspiration de Fébronius et de ses énules. Le dernier acte historique dès trois électeurs ecclésiastiques de Mayence, de Cologne et de Trêves, avait été de se réunir avec l’archevêque de Saltzbourg, primat de Germanie, pour dresser dans les Ponctuations d’Enis 1 le code de la révolte et de l'ingratitude contre le saint-siège.. Ils étaient occupés à l’appliquer, quand les armées républicaines vinrent les détrôner et leur infliger le châtiment qu’ils avaient

* En 1786.

' d’avance justifié. Pas une voix d’ailleurs ne s’élevait pour défendre la vérité chrétienne, ni les droits de la papauté, ni même ces souverainetés ecclésiastiques, où régnait depuis mille ! ans un bonheur proverbial *. Rien n’annonçait, même de très-loin, un Stolberg, un Schlegel, un Gôrres. Dans ce vaste naufrage, l’œil pouvait errer sur toute l’Allemagne catholique, sans y découvrir un écrivain , un docteur, un évêque digne de ce nom.

En Italie, même désolation et même humiliation : des lois rendues contre l’Église par la 1 monarchie absolue à INaples* à Parme, à Turin , à Florence, maintenues et exécutées par les démagogues : des armées étrangères et d’éphémères républiques; des temples profanés, des > couvents supprimés, des peuples consternés; \ pas un martyr, ni même un soldat.

En Autriche, l’Église dormait sur le lit de Procuste, que lui avait dressé Joseph II. Sur les ruines des deux mille monastères confisqués par cette majesté apostolique, deux ans avant que l’assemblée constituante eût appliqué les mêmes théories aux mêmes victimes, la bu-

1 Unter dem Krummstab ist es gut wohnen : « Il fait bon vivre sous la crosse; > dicton jadis populaire en Allemagne, et que rien n’est venu démentir.

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