‹ Des intérêts catholiques au XIXe siècleChapitre 6 sur 52 · IO I>ES INTÉRÊTS CATHOLIQUES · texte numérisé non relu

IO I>ES INTÉRÊTS CATHOLIQUES

L’Espagne, dépouillée de toutes ses anciennes libertés, transformée par le plus étrange oubli de son immortel passé en domaine privé de ses rois x , énervée par deux siècles de despotisme sans gloire, spectatrice silencieuse de l’attentat inouï commis par Charles III contre la compagnie de Jésus , languissait sous la domination d’un garde du corps, amant de la reine et favori du roi.

Le Portugal, où Pombal avait renouvelé contre les jésuites les cruautés des empereurs romains contre les premiers martyrs, ne tenait plus que par un fil à l’Église romaine. Il faut lire l’inappréciable récit du cardinal Pacca, alors nonce auprès de Sa Majesté Très-Fidèle, pour juger à quel degré étaient tombées l’antique gloire, l’antique liberté et l'antique foi du royaume fondé par Alphonse de Bourgogne, à la suite d’une victoire et d’une vision miraculeuse, avec le libre consentement de ses barons et de son peuple, et la sanction du saint-siège sollicitée par saint Bernard a .

» Le conseil de régence, après la mort de Charles II, écrivait eu ces termes à Philippe V, le 3 novembre 1700 : « Nous dirons à V. M. cyue le successeur du roi mort peut venir sans délai prendre possession de cette monarchie, et en disposer comme de ses propriétés particulières. » C’est à cela qu’en était réduite l’Espagne du Cid et d’Isabelle la Catholique.

1 Notizie sul Portogallo con una brève relazione délia nunzia-

CH.VPITIil. I.

En résumé, nulle part le moindre signe de salut ou d’espérance. La religion, partout oubliée ou anéantie, semblait exilée de la tere. Le catholicisme devait paraître aux sages du monde un cadavre qu’il ne restait plus qu’à enterrer.

Un demi-siècle* s'écoule T et tout est transformé. Partout la religion a repris sa place, at* premier rang; partout l’Église est reconnue comme une puissance du premier ordre.

Invoquée par les uns avec la confiance d’un amour toujours fidèle; par les autres, avec la passion d’une conversion récente; par quelques-uns peut-être à regret et à contre-cœur; si elle est encore attaquée par quelques aveugles, nul du moins ne méconnaît sa force, sa vie, sa féconde immortalité., En parcourant le sol de l’Europe, labouré par la révolur tion et la guen;e, on la voit partout refleurir, grandir,. relever sa tète rajeunie, et planer sur les destinée^ du monde. Comme les liantes cimes après le déluge, à mesure: que les eaux s’abaissent, on voit reparaître les vérités qu’elle prêche depuis dix-buit siècles,, et les institutions qu’elle a élevées sur l’immobile fondement de la promesse divine.

Recommençons la revue que noms venons

tura di LisBona , dall ‘ fin no 1793 fi no ail' an no 180 4 , ddl cardinale Bartolommeo Pacc.v, «te.; Velletri, i 835 .

de passer, et saisissons à la hâte les traits les plus saillants du nouveau tableau.

Sans doute, l’infortunée Pologne n’a point recouvré cette indépendance que le pape Clément XIII recommandait en termes si touchants et si impératifs aux rois dégénérés de l’Occident. Victime du plus douloureux abandon, elle ue voit point encore luire l’aube de la réparation qui lui sera due lorsqu’elle aura pu abjurer toute solidarité avec l’esprit révolutionnaire. Mais pour qui sait à quel point le malheur améliore les races qui ne désespèrent pas d’elles-mêmes ; pour qui connaît les trésors de courage et de résignation qui vivent au fond de ces cœurs navrés; pour qui a pu mesurer le retour énergique à la pratique de la religion, l’incontestable amélioration des mœurs, l’inébranlable fidélité à la vraie foi que révèle chaque soupir et chaque angoisse de cette nation inextinguible; pour qui croit enfin à la miséricorde et à la justice, il est impossible de renoncera l’espoir d’un avenir meilleur, et de croire la Pologne morte à jamais, dans un siècle qui a vu renaître la Grèce et l’Irlande.

La Suisse est, après la Pologne, le pays où le regard du catholique aperçoit le plus de sujets de désolation. Ce que le despotisme

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