‹ Des intérêts catholiques au XIXe siècleChapitre 8 sur 52 · CHAPITRE i · texte numérisé non relu

CHAPITRE i

reur, n’ont point encore complètement traversé l'expiation de l’abaissement. Longtemps en dehors ou en arrière des grands mouvements européens, dominées par des influences exotiques et factices, jetées hors de leur sphère normale par des causes qu’il faudra examiner ailleurs, elles en sont où nous en étions, et trébuchent contre les pierres d’achoppement dont nous nous sommes relevés. Et cependant que de symptômes rassurants et consolants en Espagne 1 Rendue, par l’invasion de Napoléon, à la conscience de sa force et de sa dignité, dont un long et misérable despotisme avait pu la faire douter ; puis plongée, comme nous l’avons été, dans les sanglantes horreurs de la révolution et de la guerre civile, elle a vu le catholicisme survivre à la spoliation de son Église, à la profanation et à l’incendie de ses couvents, au meurtre de ses moines. Les idées nouvelles en philosophie et en religion ne lui ont guère donné que des parodies, de pitoyables contrefaçons, dont le bruit n’a franchi les Pyrénées que pour exciter la risée des maîtres du genre. Seuls, deux hommes d’un génie supérieur ont pu faire croire à l’Espagne que les jours de sa décadence allaient cesser; et ces deux hommes sont catholiques. L’un, Donoso Cortès, a conquis de plain-pied l’attentive admiration de l’Europe;

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l’autre, Bal mes, mort à la fleur de l’âge historien, philosophe, théologien, surtout grand esprit politique, avant compris tous les besoins et toutes les conditions de la liberté moderne, en même temps que toutes les infirmités d’une société démocratique, et sachant concilier cette lumineuse intelligence de son temps avec cet inébranlable attachement à l’immobile infaillibilité de l’Église, sans lequel nul Espagnol n’est digne d’appartenir à la patrie de Ximenès et de Calderon. La réaction catholique en Espagne, pour avoir été longtemps silencieuse et inaperçue, n’en doit être que plus profonde, puisqu’elle a trouvé de tels organes. Et c’est ainsi qu’elle a été comprise par les hommes d’État qui gouvernent ce pays, puisqu’ils viennent de conclure avec Rome un concordat , le plus avantageux qu’il ait été donné depuis longtemps au saint-siège d’obtenir d’une puissance catholique, et dont l’exécution sincère ramènerait promptement de beaux jours pour l’Église d’Espagne.

Le régime des concordats existe aussi en Allemagne; mais, exécutés sans bonne foi, ils n’ont pas suffi pour guérir les plaies de la re-

1 A trente-huit ans, le 9 juillet 1848 ; auteur du Protestantisme comparé au catholicisme , de Pie IX, et de plusieurs autres ouvrages.

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