‹ Des JésuitesChapitre 16 sur 56 · M. QUINBT. — DERNIER EXPLOIT D*AJAX · texte numérisé non relu

M. QUINBT. — DERNIER EXPLOIT D*AJAX

M. Quînet est un tout autre adversaire. Ce n*est pas un soldat de parade, occupé à faire briller les éclairs de son gla.ive. C'est un luiteur qui harcelle son ennemi dans Tarène, tandis que son compagnon, parcourant les rangs des spectateurs, s'écrie sur le ton delà complainte : « Voilà, messieurs, les ennemis auxquels nous avons affaire; comment, pendant que nous dormions, ils avaient, à pas de loups, surpris les gens sans défense, les prêtres et les femmes, les maisons religieuses (1). »

Voyez -vous au contraire le champion véritable comme il se présente avec le sentiment de sa force; comme il se bat à outrance; comme il recule parfois pour surprendre et s'élancer avec plus de vigueur? PariSy les yeux fixés sur l'athlète, a retenti, comme un immense amphithéâire, des coups qu*il porte. L'é< ho les a répétés aux extrémités de la France; et les juges du combat ont déjà la main levée pour proclamer son triomphe. Ce n'est pas moi qui défendrai la machine à automates qu'il disloque, le géant qu'il terrasse. Non, je leur jetterai la pierre avec tous les autres. Mais, témoins de cette victoire fai ile, prenez garde ; descendez de vos sièges, et avant de couronner

(1} M. MIchelet, iy« I«pon, p. 84. /nrroducd'en, p. 22.

l'athlète » constatez Fidentité du corps ; paipei le

monstre étendu sur l'arène C'est un mannequin;

et la Compagnie de Jésus, don* il représente à peine de loin quelques formes, rit devant Dieu, sinon devant les hommes, des combats simulés qu'on lui livre. On applaudît à Don Quichotte pourfendant des fantômes. Je me trompe : c'est Ajax le fouetteur^ ramenant en triomphe les ennemis qu'il a surpris et enchaînés à la faveur des ténèbres, mais victime lui-même, à son insu^ du tour qu'il voulait jouer.

Aurait-il dû s'exposer aux hallucinations d'un clair de lune, lui qui, poqr combattre sous les murs de Troie, demandait si fièrement aux dieux de lui rendre la lumière? Il fallait Sophocle pour le peindre sortant de ses pavillons, humilié, mais ennobli par l'aveu même de sa faute, et s'écriant : 0 mes amis! voyez par quels exploits mon courage s'est distingué. Mon bras s'est appesanti sur l'objet d'une animosité sans fondement, l'ai laissé échapper les perfides que ma haine poursuit; et c'est en tombant sur leurs troupeaux qne ma main s'est signalée! Ah! malheur, malheur à mot!

M.Quinet reconnattra-t-il aussi sa méprise? L'Institut des Jésuites, regardé de plus près, est là pour l'en convaincre. Mais sortira-t-il aussi de ses pavillons pour la confesser en public? En douter, serait mettre sa probité en question. Car l'aveu est le refuge et l'excuse de toute bonne foi surprise. Mais si les Jésuites, quels qu'ils puissent être, étaient pour lui l'objet d'une haine aveugle, ce que pourtant ma conscience répugne à croire; s'il reparaissait en public pour fouetter encore l'idéal imaginaire de la Compagnie f)§ fé^us, ou s'il se renfermait dans sa tente polir y

Jouir de son trioa^phe» aQ milieu de^ débris de l'Institut qu'il a mprceié ; que répp^^r^U-il k (ous ceiu^ qui viendraient, mes preuves en main, lui montrer le corps iptact d'ui)§ société dont il n'a déchiré que l'ombre ?

Au reste, dans ce cas-là mèp^e, il aurait encore de quoi se consoler. Il ^ frappé le simulacre; maie le contre-poup retombera peut-être en partie sur la réalité. Car combiep de gens i^uront lu ses accusa lions, et fermeront l'oreille à toute apologie! Ilachoiai la ps^rt la plus facile et la plus populaire, Démosthôoe le disait autrefois eu répondant aux c^lon^uies d-Eschine.

Mais non; j'oubliais que le r^le de caloipQiaieur» quelque aisé qu'il soit, ne peut jamais tenter uq honnête homn\e ; et je reviens de grand cœur à la méprise de MM. Wichelet et Quinet, Ilssesputirompés. Us l'avoueropt, je )'espère; et tout ^e monde leur fattdonnera une erreur facile. C^r pour interpréter les livres qu'^s attaqu^n^i il taut plus que de l'esprit, de l'éloquence et de )a ppésie, Perifopne ne leur conieate le talent littéraire. Mais aussi personne ne sera scandalisé df) trouyeip «u défaut leur It^ieuee ascé|ique .

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