CHAPITRE XIT
CONCLUSION DE LA PREjaiEIE PARTIE.
Après plus de cent pages consacrées à la réfutation detant d^impiétés et de foliesy tout lecteur grave al religieux doit sentir le besoin de reposer ses idées su( quelque chose de réel et de solide. J'abandonne i set méditations les passages suivants d*une bulle de Clé* ment XIII (i).
c L'Institut de la Compagnie de Jésus^ qui a pour auteur un homme auquel l'Eglise universelle a déféré le êulte et Thonneur qu'elle rend aux saints; que plusieurs de nos prédécesseurs d'heureuse mémoire, ?aul III, Jules III, Paul lY, Grégoire XllI et Gré< goire Xiy, Paul V, ont approuvé et confirmé plua d'une fois après l'avoir soigneusement examiné; qu^ a reçu d'eux et de plusieurs autres de nos prédéoes^^ setiTSy au nombre de dix-neuf, dés faveurs et des grâ« eesparticulières;queles évêques non seulement denoft jours, mais encore des siècles précédents, ont loué hautement comme étant très avantageux, très utile, très propre à accroître le culte, l'honneur et la gloire de Dieu, el à procurer le salut des âfnes; que les rois les
(1} CoiulilutiOy Apostolicum pascendi. Bull.
J'ai pris la traduction de cette constitution apostolique dans le deuxième volume de la Réponse aux extraits des assertionSf p. 335. Le texte latin s'y trouve en regard.
plus puissants comme les plus pieux, et les princes les plus distingués dans la république chrétienne ont toujours pris sous leur protection ; dont les règles ont formé neuf hommes mis au rang des saints ou des bienheureux (1) ; parmi lesquels trois ont reçu la couronne du martyre; qui a été honoré des éloges de plusieurs personnages célèbres par leur sainteté^ que nous savons jouir dans le ciel de l'éternelle gloire ; que TEglise universelle a nourri avec affection dans son sein depuis deux siècles, confiant constamment à ceux qui le professent les principales fonctions de son ministère, qu'ils ont toujours remplies au grand avantage des fidèles; et qui enfin a été déclaré pieux par l'Eglise universelle assemblée à Trente; ce même Institut, il s'est trouvé récemment des hommes qui, après l'avoir défiguré par des interprétations fausses et malignes» n'ont pas craint de le qualifier d'irréligieux et d'impie, tant dans des conversations particulières que dans des écrits imprimés, répandus dans le public, de le déchirer par les imputations les plus injurieuses, de le couvrir d'opprobre et d'ignominie, et en sont venus au point que non contents de l'idée particulière qu'ils s'en sont faite à eux-mêmes, ils ont entrepris par toute sorte d'artifices. de faire circuler le poison de contrée en contrée, de le répandre de toutes parts, et ne cessent encore aujourd'hui de mettre en
(i) La Compagnie de lésas compte aujourd'hui sept saints, et en outre trois martyrs honorés d'un culte public, et un bienheureux. Depuis Clément xin, le vénérable Alphonse Rodriguez a été béatifié par Léonin, eniSi5;et le vénérable François de Hiéronimo, béatifié en 1806 par Pie vn, a été déclaré saint en 1839, par le souverain pontife actuel iement régnant, Grégoire xvi.
œuvre toutes les ruses imaginables pour faire goûter leurs discours empoisonnés à ceux des fidèles qui ne seraient point assez sur leurs gardes; insultant ainsi de la manière la plus outrageante TEglise de Dieuy qu'ils accusent équivaiemment de s'être trompée jusqu'à juger et déclarer solennellement pieux et agréable à Dieu, ce qui en soi était irrégulier et impie, et d'être ainsi tombée dans une erreur d'autani plus criminelle qu'elle aurait souffert pendant plus longtemps, et durant l'espace même de plus de deux cents ans, qu'au très grand préjudice des ftmes, son sein restât souillé d'une tache aussi flétrissante...
c Pour repousser donc l'injure atroce faite tout à la fois à l'Eglise que Dieu lui-même a commise à nos soins, et au Saint-Siège sur lequel nous sommes as» sis; pour arrêter par notre autorité apostolique le progrès de tant de discours impies contraires à toute raison comme à toute équité, qui, se répandant de tous côtés, portent avec eux la séduction et le danger prochain de la perte des âmes... Enfin, pour déférer aux justes vœux de nos vénérables frères les évêques de toutes les parties du monde catholiquoj qui, dans les lettres qu'ils nous ont adressées, font les plus grands éloges de cette Compagnie, dont ils nous assurent qu'ils. . tirent de très grands services chacun dans leur diocèse;
« De notre propre mouvement et certaine science, usant de la plénitude de la puissance apostolique, marchant sur les traces de tous nos prédécesseurs; par notre présente constitution qui doit valoir à perpétuité, disons et déclarons dans la même forme et de la même manière qu'ils ont dit et déclaré; que l'Institut de la Compagnie de Jésus respire au plus haut point la piété et la sainteté, soit dans la fin principale
qu'il a oontinuont en vaeemUe^ et qoi n'est ftUtre qiia la défense et la propagation de la religion catholique Mit dans les moyens qu'il emploie pour parvenir à ^tteflti..^
« C'est pourquoi, à l'exemple de nos prédécessent^y nous approuvons ce même Institut que la Providence 4ivîiie a suscité pour opérer de si grandes choses, et BOUS confirmons par notre autorité apostolique les ap* probatidns qui lui ont été donne.es;
« Nous déclarons que les vœux par lesquels les dercs réguliers de la Compagnie de Jésus se consâ* creiuà Dieu, selon ledit Institut, sont purs et agréables à ses yeux ;
« Nous approuvons et louons particuliô^èmetil , comme très propres à réformer les mœurs, à inspirer 4t fortifier la piété, les exercices spirituels qtie lès mêmes clercs réguliers de la Compagnie de Jésus detinent aux fidèles qui, éloignés du tumulte du monde> passent quelques jours dans la retraite à s'ooeuper sérieusement et uniquement de leur salut éternel...
« Qu'il ne Soit donc permis à personne de donnet atteinte à notre présente constitution approbatîve et Co^rmative, ni d'être assez téméraire pour oser y » contrevenir : que si quelqu'un avait la présomption d'enfreitidrè cette défense, qu'il sache qu'il encourra f Indignatioh de Dieu toui-puissantet des bienheureux âpOtres S. Pierre et S. Paul.
« Donné à Rome, à Saînte-Marie-Majeure, l'an de l'incarnation de notre Seigneur 176i, le 7« des ides de Jàiïvier, la ?• année de notre pontificat (4). »
(1) En style de chancellerie romaine, Tannée 1765 se dé«* Hottme rannèe I7S4 Josqa'aa S5 mars.
Dans cette constitution apostolique, appuyée sur les décrets de dix-neuf Papes, résumé énergique et solennel de tous les éloges donnés à la Compagnie de Jésus, se trouve la confirmation authentique de ma thèse. Quoi! vous attaquez ce que défend l'Eglise; vous \ouez à Tanathème, comme impie et funeste, ce qu'elle proclame comme pieux et salutaire! Ah ! je conçois qu'en argumentant contre la chaire de vérité TOUS n'ayez pu asseoir vos arguments que sur le men- ^songe. 11 ne peut y avoir d'opposition entre lumière et lumière ! vous ne pouvez fuir la splendeur du jour qu'en vous plongeant dans les ténèbres et les illusions de la nuit.
Le procès a donc changé de face. N'opposons donc plus llnstitut des Jésuites aux frauduleuses interprétations de MU. Michelet et Quinet; mais les oracles de l'Eglise, la voix éternelle des pontifes aux déclamations de deux rhéteurs qui apparurent hier et dispanitront demain.
Keste le préjugé des faits; je l'examinerai dans la seconde partie de mes recherches qui sera entièrement
^V^u^iique.