‹ Des JésuitesChapitre 27 sur 56 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Une réfutation générale m'obligerait à rétablir en détail^ chacun des faits historiques qu'on objecte Ha Compagnie de Jésus; mais ce travail serait immense. Une asseriion se jette dans une phrase : une réponse exige une dissertation. Chaque para-

I graphe de mes adversaires demanderait un chapitre; ^ moins qu'on ne voulût me croire , comme eux^ sur parole , sans me forcer à indiquer les sources faoriques où je puise» à discuter les témoignages <lue j'aliègiie. G est une faveur, passagère que je né W envie pas. D'ailleurs la thèse n'est pas là. Je Q'^i point entrepris la défense de tel et tel jésuite, ^^^ de la Gonipagnie de Jésus, attaquée dans son code, responsable seulement des actes qu'elle

I commande.

Qu'importe, par exemple, le livre de Mariana? U permet aux sujets de se défaire d'un Néron qui les opprime. Mais les Jésuites français dénoncèrent à Rome ce qu'il y avait de dangereux dans ses pages; e^e général de l'Ordre, Claude Aquaviva, ordonna ^^ les anéantir. Qu'importe qu'une douzaine de Je-

suites aienl écrit sur le tyrannicide au temps où toutes les écoles en parlaient ? Vous appelez leur doctrine la doctrine de l'Ordre; mais n'ai-je pas le droit d*affirmer tout le contraire, quand je lis dans les Constitutions de TOrdre une défense expresse de traiter dépareilles questions? On la trouvera dans mes Notes et Pièces justificatives.

Si je n*ai donc parié ni du régicide , ni de Tambition, ni des richesses qu*on reproche aux Jésuites, c'est qu'on n'a fondé ces vieilles accusations sur aucun texte des lois qui les régissent, des livresj qui les inspirent, l'ajoute qu'on les trouve depuis longtemps réfutées dans de nombreuses npolo* gies.

Il est pourtant trois faits sur lesquels, à cause de leur généralité, je ne puis garder le silence. La colère des nations s'est allumée, dit*on, contre les enfants d'Ignace sur tous les points de l'Europe; la foudre du Vatican les a frappés; leurs anciennes missions, après avoir coûté tant de sueur et de sang, ontéié désolées. J'élève donc en vain la voix en faveur de leur Institut, si les peuples se sont unis pour le réprouver, s'il estanathématîsé par l'Eglise et maudit par le Ciel. C'est ce que je vais examiner.

A. M. CAHOUR,

de la Compagnie de Jésai.

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