‹ Des JésuitesChapitre 32 sur 56 · II · texte numérisé non relu

II

- ça -

Au mil ÎQU de ce retour aouoirae à TobéUsi^nce due au Saini-^Siége, les théologiens de )a République étaient loin de sa soumettra, K leur tête se trouvaient Fra-Paolo et Fra^Fulgenzio, Chaippigny» sucqesfieur de de Fresne Ganaye à TamtMissade ()e Yepiae, écrivait à Henri lY deux ans après raccommodement : « Tai voulu sonder secrètement s'il y avait ^moyeu de réduire ces théologieus à recevoir quelque forme d'abaolution de M. le nonce. J'y trouve de robstinationetcrpis queleFra-Paplofaira plutôt offre \< la République de se retirer en quelque autre lieu d^ seureté que d'eu venir là ; ce qui faîrait beaucoup de bruit (1). » Aussi pria-t-il Ga&aubon de lui ménager un a^ile auprès du rui d'Augletffl^re, pn om qu'il fal'

lût quitter ritalie (2).

Toiyours Qp guerre cuntre l'autorùé pootificslai i^ brava ses foudres jusqu'au bout} et quoique nommément cité au tribunal du vicaire d^ Jéau4*C^risti il refusa constamment d'y comparaître (3)» Ceue oouduite e^t ei^pliquée par §ea relation» avec lei P(^ testants d'Allemagne, d'Augleterie et de Frau£0' '' écrivait, le Q décembre iâti : % J'apprendrai ^"^^ plaisir que lea affairea dea réforme s'arrangent; W c'eat tout ce qu'il y a de bon au monde. » On Ht d«n^ m^e autr« lettre du 30 ac^t suivant : « Kout^voai à Paris uu ambaasadeur qui donn^ la plus miuvai^^ i^ouleur possible aux afiairas d^ réformai ; et aal^

(1} im- (Pièce 152, l'*^ folto, vma] ; lettre dq %% Jqill^t 1^^' J^ Feller» l^i^t. hUtor^^ Biçgr» tintv., au mot Surpû (3) Daru, Histoire de la République de Venise, l. 29, U (Pa^ ris, 1821}; t. 4, p. 318.

pour décourager led gens de bien. Ildûtine au con» traire une bonne apparence à celle des pa)^fsted : ce qui tfSiii un très mauvais effet ; inais impossible d'y remédier. » De nombreuses correspondances 1q montrent se réjouissant de toutes les prospérités déS réformés français^ et leur en désirant toujours de oourelleS) pour Tavancement de la vérHé, Il disait dans une lettre du 91 décembre 1610 : « La oonser^ vation de Sully me fait plaisir à raison du bien qui peut en revenir aux réformés. It fkut que les hugue* nets se fassent respecteri Ils feront bien de ne pas se fatiguer de demander; d'autant plus que tout ce qu'ils obtiendront sera pour le service de Dieu et Tutilité du roi. » Le 14 avril de l'année suivante, il écrivait : « Je voudrais bien saf oit si la reine favo» rlse Gondé, et s'il y a espoir que les réformés ob*tiendront une condition meilleure pour ce qui rô-* garde la religion : c'est là ce que je désire le plus, persuadé que cela servirait à faire entrer l'Evângite en Italie. • H avait dit le 27 avril de l'année précédente 1610 : « S'il y a guerre en Italie, tout ira bien pour la religion. Voilà ce que l'on craint à Rome; l'inquisition cessera et l'Evangile aura cours (1). » La guerre entre Rome et Yenlsa entrait donc dans ieplah de sa politique religieuse. Ses intérêts per^ sonnels la demandaient aussi. Menacé par le Pape, il avait craint d'être livré en otage et comme base de ia paix quand on signerait lé traité d'alliance. II

(1) Istoria del concilio tridentino da Fra-Paolo, con note di P. K. Le courayer, t. i, Ctmpendio délia vUa di iPVa-Paôlo, p. Lxvu. (in Londra, 1757.)

avait donc reculé, le plus qu'il avait pu, raccommodement de 1607 entre le Vatican et le sénat. Ne pouvant l'empêcher, il se ménagea des garanties pour lui et ses collaborateurs, en fermant les portes de Venise à quelques religieux. proscrits, et exclus, comme les Jésuites, de la réconciliation générale. Voici ce que pensait le cardinal de Joyeuse dans son mémoire à Henri IV. «Nous eusmes grande contesta^ tion sur ce que dans le décret du Pregadiy ils voulaient excepter une douzaine de religieux qui avaient, comme ils disaient, offensé leur république. Sur quoi je leur remontrais... qu'il leur estait satisfait en ce que nous ne leur demandions que ceux qui estaient sortis à cauae des censures... Us s'opigniastrèrentnéantmoins à vouloir faire ladite réserva tioU) y étant poussés, à mon advis, par la considération des religieux et autres théologiens qui ont escript en leur faveur sur ces différends (et contre le Saint- Siège), afin qu'en cas qu'ils fussent recherchés par leurs supérieurs ou par le Pape, ils aient plus de moyen de les garantir, en récompense de la restitution de ceux qui demeurent exclus (1). »

II. Gomment cet ardent disciple de Luther et de Calvin put-il être protégé, honoré par un gouvernement catholique? Car il fut constamment le mauvais génie du conseil des Dix ; il porta même le titre de théologien de la République. On trouvera le secret de ce mystère dans le parti protestant qui» caché au cœur même de l'Etat, travailla pendant

(1) Manuscrit de la Bibliothèque royale, Fonds Harlay, 2653, vol. 1013, lettre du 23 avril 1607. (Pièce 59, 5» [olio.)

quelque temps à infiltrer la réforme Jusque dans le sénat de Venise. J'en constaterai l'existence; les découvertes que j*ai faites ne laissent plus de doute possible. Je vais donc tout à la fois confirnier et compléter des faits que les historiens de notre époque n'osaient franchement affirmer.

Ici mon sujet s'agrandit. De l'histoire des Jésuites^, je passe à celle de la religion catholique, et je m'estime heureux de pouvoir l'enrichir.

fl En 1609, dit Daru, un agent de l'électeur palatin ayant été envoyé à Venise pour y négocier en faveur des princes protestants, y fit d'étranges découvertes, dont il rendit compte dans son rapport. Cet envoyé, qui se nommait J.-B. Linckh, fit connaissance avec un avocat vénitien nommé Pessenti, et remarqua, dans leurs entretiens confidentiels, que celui-ci vantait beaucoup les règlements des princes allemands, ceux des princes protestants surtout. Pessenti lui confia qu'il existait à Venise une association secrète de plus de mille personnes disposées à se détacher de la cour de Rome; que ce nombre augmentait tous les jours; qu'on y comptait environ trois cents patriciens des familles les plus distinguées, et que cette société était dirigée par le P. Paul Sarpi et le P. Fulgence, tous deux servîtes.

f Linckh s'adressa à l'envoyé d'Angleterre pour savoir si la chose était vraie, et celui-ci la lui ayant confirmée, ils allèrent ensemble faire une visite à ces deux religieux. Après avoir fait un compliment à Sarpi, sur ce que sa renommée avait passé le^ Âlpcs, ils lui dirent qu'ils souhaitaient que Dieu bé-

Dit seseffortSj à quoi Sarpi répondit qu'il était flatié que son nom fût parvenu chez les hommes qui les premiers ayaient vu la lumière. Ensuite il s'expliqua sur le peu d'accord des théologiens, notamment au sujet des paroles hoc eu corpuM meum^ et Linckh lui ayant demandé par quel moyen il espérait amener le succès de Tœuyre commencée , le Sertite «youta que ce serait l'ouvrage de Dieu, qu'il était à désirer que la réformation s'établît dans les provinces allemandes qui confinent au territoire de Venise, notamment dans la Garinthie et la Carniole, parcequ'elles sont placées entre l'Istrie et le Frioul vénitien ; qu'il importait que les princes protestants entretinssent des rapports plus intimes avecla Aépu* blique ; qu'ils eussent constamment des agents à Venise, et que ces agents y exerçassent leur culte, parceque les prédications des ministres produiraient un bon effet et ouvriraient les yeux du peuple, qui ne faisait point de différence entre les luthériens et les mahométants. Autrefois, disait-il, on ne re* gardait pas ici les Anglais comme chrétiens; depuis qu'ils y entretiennent un ambassadeur, on a pris une tout autre idée de leur religion. Les différends entre la eour de Rome et la République ne sont pMS tellement apaisés qu'il ne reste bien des ressentiments dont il serait facile de profiter; il ajoutait qu'on s'é*' tonnait beaucoup de la grande faveur que le roi de France témoignait aux Jésuites, etc. »

Daru , tout en puisant cette relation dans une source contre laquelle il ne peut rien produire, doute de ce$ faits extraordinaires et demande des monu*

ments plus authentiques (1) : car il n*a rien trouvé de semblable dans les archives de Venise et de Paris. J'di été plus heureux que lui. Mais avant de faîreparler les mémoires de l'époque, rappelons un second fait analogue. Un grand nombre d'historiens Toni raconté : mais on désirait des preuves. Car plus une accusation est grave , plus les personnages qu'elle compromet sont d'ailleurs respeétables, plus aussi elle exige un fondement solide. Voici donc ce qu'on lit dans plusieurs historiens qui du reste Se sont copiés presque mot pour mot : en sorte que leur autorité semble se réduire à une seule.

Un ministre de Genève écrivait à un calviniste de PaHsque Ton ne tarderait pas à recueillir les fruits des peines que Pra-Paolo et Pra-Fulgenzio prenaient pour introduire la réforme à Venise, où le doge et

(1) « Je me borne, dit-il« à, rapporter ce passage. On sent qu'avant d'admettre deux faits aossi extraordinaires qu'une lelle profession de fol faite par un homme revêtu de l'habit iDODastlqoe, et l'existence d'une soetëfè secrète ée mfllè Pfolesianis à Yenlse, on est en droit de deikiaÂder si le rap* port de cet agent palatin est bien authentique, et, en support qo'oD le produisit, il resterait encore à examiner al rta« teur De s'est pas trompé ou n'a pas trompa. » HUlairf de ia ^miique de VenUe^ 1. S9, 14* t. 4, p» 313-517» note. L'babll iDOQastiqae arrête Daru : il n'embarrassa pas LoUier. Il tant ^y^ir que la crlliqqe de cet historien est souvent incoiH ^vable. Ajoutez qu'il base presque toute sa relation des dé* ^I^ eatre Paul Y et le sénat vénitien sur le tén^oignate deFra-Paolo, cité presque t04jours seul ,• et vous saurea le ^^ de confiance que méritent ses réoilSt nmlgré Tappa* rencQ d'éradltion qnt les entoure.

plusieurs sénateurs avaient déjà ouvert les yeux à la vérité; qu'il ne restait désormais qu'à prier Dieu que le Pape fît quelques nouvelles querelles aux Vénitiens pour avoir lieu d'introduire la réformation dans toutes les terres de la République. La lettre interceptée par Henri lY fut envoyée à Ghampigny, ambassadeur de France à Venise, qui en communiqua la copie, d'abord à quelques-uns des principaux sénateurs, et ensuite au sénat assemblé, après en avoir retranché par ménagement le nom du doge. Le cardinal Ubaldin raconte que cette lecture fit pâlir un des sénateurs : un autre avança que la lettre avait été fabriquée par les Jésuites ; mais le sénat méprisant cette imputation remercia le roi de son avis, défendit à Fra-Fulgenzio de prêcher davantage, et prescrivit à Fra-Paolo de mieux s'observer à l'avenir (i).

in. Le fonds de ces deux aventures, qui peut-être n'en font qu'une, me parait indubitable ; car le fait suivant, dont tous mes lecteurs peuvent vérifier Tau* thenticité, suppose évidemment quelque chose de semblable. Je l'emprunte aux dépèches inédites de

(1) Feller, Diet. hist.; Biogr. univ. au mot Sarpi. Le P. Daniel {Histoire de France^ a. 1607) raconte cette histoire assez longuement, d'après trois lettres datées du 28 août 1609, da 16 septembre et du 13 octobre de la même année. Elles existaient dans la bibliothèque deTabbè d'Estrëes, Mais eespi^ ces ne sont pas faciles à retrouver, et toute cette narration porte sur le seul témoignage de l'historien Jésuite, qui ne dit même pas avoir vu les lettres citées. Mais en comparant son récit et les dépèches de Ghampigny on sera frappé de ridentitè des dètaUs.

Champigny. Je vais respecter jusqu'à son langage. Il écrit à Henri IV. Sa lettre est du 15 septembre i609(l).

« Sire, ces secrètes pratiques que je recongnaîssais il y a jà longtemps, se sont découvertes plus clairement par la lettre dont il plust à Votre Majesté me faire envoyer la copie... Elle m'arriva fort à propos en un temps calme que les parties, n'ayant rien à démesler ensemble, commençaient à se voir un peu de meilleur œil, et pouvaient aussi avec plus de tranquillité considérer le péril dont elles sont presqaes échappées, et auquel toutefois elles pourraient aisément retomber, si Ton ne donne aux remèdes la Tertude pénétrer jusqu'au fond du mal... (2). »

< Mais avant que donner lumière à personne de ces lettres, il m'a semblé nécessaire d'enlever une clause trop corrosive qui touchait particulièrement la personne du doge, pour n'irriter irréconciliablement un si puissant adversaire, ne donner prise aux autres (accusés) de se couvrir de ce manteau ducal, et appréhension à tous de quelque rumeur de conséquence qui rendrait notre bon office moins agréable à la République. »

< Comme il était aussi parlé deux fois des Jésuites en ces lettres, pour lever tout ombrage que ceci ne fust un commencement de pratique pour les faire valoir, j'ai osté encore la première clause qui en faisait mention et n'estait pas fort nécessaire (3).

(i) Ms. de la Bibliothèque royale, Fonds Harlay, 2653, relevé, vol. 1013. (Pièce 158).

(i) Jbid., 1" foUo^reclo.

(3) lbid,i verso.

« Gela fait, et ayant traduit les lettres en italien, je commençai, par le moyen d'un ancien serviteur de Votre Majesté^ de les faire voir à un procurateur de Saint-Marc, que je savais bien affectionné en cette cause, lequel demeura merveilleusement éperdu d'une telle nouvelle... 11 me laissa entendre que dans lecaresme deux capucins lui avaient donné advis de ce ministre de Genève qui estait en la ville, et s'estait présenté à Fra-Paolo avec un billet de l'ambassadeur d'Angleterre. 11 ne l'avait cru pour lors, et en voyait à présent la vérité. 11 ajouta qu'il fallait que les inquisiteurs d'estatsçussent cette affaire; qu'il yen avait trois à présent bons catholiques auxquels il se fallait adresser. 11 s'enquit aussi fort instamment si je ne (montrerais pas ces pièces) au collège , ce qui serait le plus grand bien que Votre Majesté pust jamais procurer à la République.., »

« Dès le lendemain, après avoir communiqué avec un autre procurateur de Saint-Marc, il dit qu'il n'avait plus ,de repos; qu'il fallait qna cette affaire se publiast et fust portée aucollége; qu'il savait bien que quelques sénateurs ne recevraient pas bien cette nouvelle, mais que la plus grande partie en ferait foti bien son profit... » { Un chef du conseil des Dix ^"^ aussi consulté et fut du même avis ) (i).

« Ledouziesme de ce mois je fus donc en audience. Le duc ne s*y trouva pas à cause de son indisposition. Je commençai à discourir entre autres choses que Votre Majesté comptant sur la bonne intention de la seigneurie...» s'était toujours promis quejamais

(1) Ifttd.f et 2' folio, recto.

chose quelconque ne viendrait ici en congnaissance qui pust intéresser le bien de son royaume, qu'aussi* tost elle n'en fut advertie avec toute candeur; qu'elle estimait une telle communication entre tous les offices d'amitié; qu'un prince y non seulement avec sa propre prévoyance, mais avec les sages et diligents advis de sesamis, comme avec mille yeux tou* jours veillants, deseottvrait toute sorte de secrets, et remédiait à temps et heure à tonte sorte d'incon» Ténients. Ce qui estait d'autant plus nécessaire entre amis, que comme l'on essayait tousjours de déguiser avec plus de finesse les affaires à ceux à qui elles touchaient le plus, aussi souvent celui-Ii en découvrait le dernier la vérité, qui devait le premier porter là perte; »

« QiYe Yotre Majesté donc, pour ne manquer de sa part àce qu^eltes'estait promis delà Seigneurie, ayanr découvert, par le moyen de certaines lettres escrites de Genève par ttn ministre à un autre ministre français, quelque secrette pratique qui se tramait à ytnke au dommage de la religion catholique, et de Pbeureitx repos deeelte république^ m'en avait envoyé toj^ (i); que leur lecture déclarerait mieux que m«6 parotes' ce qui s''y traitait...; que Votre Majesté, Weftqu*eMe nepust croire ce qu'on y disait de 1^ noblesse vénitîeftRe, les transmettait escrites en ce^ teriae&.../q«ie sachant par qui et à qui^ elle les assuqA sur sa parole de letrr authenticité ; que je Tes aivaîs moi-mesme mis en italien mot pour mot... b < Je les remis tout à l'heure entte ks majm d*un

(i) ZMd., et 2« folio, verso.

pronotaire du collège, qui en fit lecture tout haut, pendant laquelle je recongnus une grande émotion au visage de la plupart de ces seigneurs (i). »

« Reprenant ensuite la parole, je leur dis qu'ils Avaient compris l'importance de la matière, la qualité de celui qui escrivait son voyage en cette ville, son dessein sur celle affaire qu'il appelait très sainte, ses considérations^ ses moyens, ses efforts et ses espérances (2) ; que les effets en estaient d'autant plus lamentables ici, que la République ayant fondé humainement la longueur et félicité de son gouvernement sur deux points principaulx, l'un en l'entière et louablemcniopiniastre observation de sa première et ancienne discipline, l'autre en la charité et l'union entre les siens, cette nouveauté esbranlant avec l'innovation de la religion les autres parties de l'ancien gouvernement, et troublant bien fort sa concorde entre eux ruinerait ces deux colonnes de leur establissement et porterait toutes choses en une dernière confusion. Mais que Dieu ne le permettrait pas, ni les bonnes prières de leur glorieux S. Marc, ni aussi leur très sage prudence, laquelle asseurantavec la religion celle charitable union entre les siens, scaurait bien rendre à son heureuse postérité ce florissant estai avec la mesme main qu'elle l'avait recea de ses sages et magnanimes prédécesseurs (3).

« Après que j'eus été ouï très attentivement, le vice<loge prenant la parole, s'estendit fort au long

(1) Ibid., 5« folio recto.

(2) Ibid,, 3c folio, recto.

(3) Md., verso.

sur les grands tcsmoignaiges que Votre Majesté dvait toujours donnés à la république de sa très loyale et cordiale amitié; ajoutant que ce noble et signalé service que je venais de leur rendre en son nom, les obligeait pardessus tout à en avoir à jamais mémoire et eulx et leur postérité ; qu'ils en remerciaient donc Votre Majesté de tout leur cœur ; espérant que Dieu leur fairait la grâce de se conserver en leur première religion. 11 finit par m'assurer que l'affaire serait présentée au sénat au premier jour.... »

< Jamais bon office ne fut mieulx reçeu du Pregadi» Il y fut dit avec un consentement, voire quasi acclamation universelle du sénat, que Votre Majesté, Sire, avait surpassé le comble de toutes les obligations qui lui avaient jamais esté acquises sur la République ; qu ils recongnaissaient qu'elle leur avait procuré le repos et donné la paix par le traité (entre Venise et Rome), mais qu'ils n'estimaient point ce dernier service moindre. Trois sénateurs me Tout rapporté concurremment en ces propres termes, disant que l'on n'entendait par tout le sénat que bénédictions du nom de Votre Majesté, avec une ferme résolution de pourvoir à telles pratiques et bien asseurer la religion (1); que si quelques-uns étaient intéressés au contraire, la meilleure part y sçaurait bien pourvoir. Ils prirent en outre une mesure secrète, et £rent jurer à tous les assistants de ne pas la révéler. Je crois qu'il veulent descouvrir ceux qui ont pratiqué avec ce ministre lorsqu'il estait ici. Car le chef du conseil des Dix a renvoyé vers moi pour me

(I) Ihid., A* folio, reclo.

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