II
soulève contre les Jésuites Tantiquité tout entière, Benoît'XÏV aurait régné 31 ans au lieu de 18, et fait mentir cet oracle applique à chaque pape nouvellement couronné : Non videbis annos Pétri. Pierre a régné sur rÉglise24anSy 5 mois et 12 jours : vous n'atteindrez pas. cet âge.
S^'Dans la réponse au dix-septième article du père de Moralez, nous avons lu le$ paroles suivantes : c II faut avoir soin que les images de Jésus-Christ crucifié soient exposées dans les églises, autant que cela peut se faire à propoSf quoad opportune fieri potest, • Mais les Extraits des assertions vérifiées et collalionnées par les commissaires du Parlement^ se bornant à escamoter une seule lettre, écrivirent quod au" lieu de quoad, et la phrase fut traduite ainsi : « Il faut avoir soin, ce qui se peut faire facilement {quod opportune fieri potest) que les images de Jésus-Christ crucifié soient exposées (i). » C'était une bonne trouvaille pour M. Quinet : il n'en a pas profité. Mais voilà une nouvelle preuve de l'authenticité des monuments qu'il consulte.
Homme admirable, historien que sa bonhomie peut seule défendre d'un reproche autrement grave; nous avons découvert les sources où vou5 puisez !
Et vous av«c . pn tous écrier , à la an de vofre mouvement pathétique : « Or, ce ne sont pas là des opinions préconçues, des assertions haineuses; ce sont des faits dépendants de l'autorité devant laquelle no6 adversaires so&t contraints de plier la
(i) Notes et Pièces iustiflcalives, n. 2.
lête(1). » S*il faut un cœur de lion pour dire toujours vrai, selon M. Michelet» votre collègue, lorsqu'il condamnait les historiens jésuites (2); pour dire faux avec tant d'assurance, quel eœur faut-il?
La critique a donc pris votre érudition sur le fait. Ecrivez actuellement tout ce que vous voudrez; cette page, où j'ai relevé votre crédulité naïve, vos anachronismes, vos faits cûntrouvés, sera affichée par la Justice au front de tous vos Hvre$«, à la porte de tous Tos cours; sera consultée par tout homme qui demandera des renseignements sur votre érudition historique. Vous avez élevé vous-même un monument contre vous : il vivra pour rendre à Tavenir toutes vos aiBrmaUons suspectes, si vous ne vous hâtez de la modifier ou de le détruire. Ici, coinme ailleurs, un aveu pur et simple de vos méprises est la seule res<* source qui vous reste.
Publiez que tous aviez ignoré la nature du livre qui vous à dispensé de faire de longues recherches. Dites-nous, par exemple, où vous avez appris que le cardinal de Tournon, mort en Chine, n'était pas piémontais comme tout le monde l'avait cru; et l'on vous pardonnera de l'avoir supposé français pour mieux £kire sonner votre période; et l'on examinera si réellement les Jésuites le firent jeter dans les fers. Jus* que-là il sera permis de croire que vous aviez sur sa prison des renseignements aussi certains que sur sa patrie (3).
(1) IVe Leçon, p. 220.
(2) IV*L«çon, p. 81,
(3) Charles-Thomas Maillard de Tournon, cardinal, issu
£n vérité, la plume tombe des mains. Il en coûte d'interrompre la marche de l'histoire pour réfuter de pareils contes. Qu'on me permette de ne plus m'écarter de ma route pour atteindre un semblable narrateur.
d'ane ancienne et lliostre maison originaire de RumUly en Savoie, naquit à Turin, le 2t décembre 1668. Son père«Tictor- Amëdée de Maillard, comte de Tooroon et marquis d'Albi, ministre d*étal, chevalier de i'Annonciade, goaveraeur da château et comté de Nice, mourut en 1702. On voit, par ces titres, combien c*est faussement que Voltaire a présenté le cardinal comme une espèce d*aventurler, prêtre savoyard nommé Maillard, qui avait pris le nom deTournon. M. Qalnet a sans don te confondu ce nonce apostolique en Chine, avec le cardinal François de Tonrnon, né dans le Vivarais, en 1489^ ministre célèbre de François !*■'• archevêque de Lyon, qui donna aux Jésuites le collège de la ville où il était né, et dont sa famille portait le nom. La calomnie qui attribue aux missionnaires de la Compagnie de Jésus Temprisonnement du cardinal-nonce est tellement gratuite, que Je ne veux pas perdre le temps à la réfuter. Voyez son article dans la Biographie universelle; voyez aussi dans les UUres édifiâmes et curieuses, Mémoires des Indes et de la Chifie, I. 26, p. 290 (Paris 1783), le Mémorial envoyé en Europe par le p. Thomas, vice provincial des Jésuites en Chine, Il parait que le zèle de ce prélat fut pur, mais plus ardent que circonspect.