‹ Des JésuitesChapitre 37 sur 56 · II · texte numérisé non relu

II

ââttbfa. tôic! ébiifikiat ils m êxf)tiquèfént dans ttfië lettre S blëment il.

i 9(odâ souhaiterions dé toui notre coéiir qu'il fiit ëfl lîdtt'é |p8bvbi^ d'àboîif (ôutéè lès coiiiuinés et les rit^ &eâ piSièâàbii t'orl pourrait àpèfcévoif le moin- '&è tôdfî^dii âë ihâî. iffàîs diris là draiii(è âé fermer {)9r Ëëilë sëVëi-hè l'èdtrëe de rÊvàngile et (a porté dti ëlèl â ùU ^rand iibiiit)ië d'âmès, nous sommes obligea; à rkélU^fb' dë^ âSîHtâ i^^rë^s, aii temps ^e ta iffltilîllve Ë|f î^, aè loi'érèr iës céVémonïes des gëntflS qui âBili pùrèiliëiil civiles, bé manière bepëndant qll'âUtâiil ^îiè ià ciibsê peiil se fâîré sàiis danger, îbtiS \ii fètHiicHoris peu a peu, en y siiBslilûâfit des Ëé('émonié§ iîirëtiëniiès (i j. »

Pârttii les monumeiits nombreux qui altèrent tout éê '4^^ fifèiit cëâ Hommes éaviâiiis et z^lés pour cofinditre id vetitë et faire disl)afàîtfé Jës superstitions

i>opulàife^; it ëtiéài iin qui inè^èmJblé réslimèf iôut'e êiir {ieriseé; et c'est uniquement pouf cela qiié je le cite, sans vouloir lùi donner une importance que lè Sairii-éiég'e lùi rèfùsâ.

En 1700, dix prêtres de la Compagnie de iesûs, réSidàiit a Pékm, ^oûîiirëhl icHter uhëdëmàrche qui lëtil* àétiiblà de tiatui^ë ^ térniiHëf là question. Je vais lëà cilër d'apfès léuHéîêîlîiâtlirës suir lé procês-vërbal que jô fcôhsuiié : dh y fëcohrialifa des fioniè êélèbfes dàhâ les atihâfës de la' tifiînè et de là èclènce. C'étaient lés pères Antoine f iiomàs, vice -provincial; Philippe Grltxlâldi, recieur du collège, qiie liôùs

(t) Réj^onse au Mvre iniUvié ; Kxir(kU9 d€$ OMerd'oni, elc*}

avoris déjà vu dans la prison dé Canton, se coiislituant prisonnier pour remplacer son adversaire; Thomas Pereyfa, qiie Pèmpereur, en 1685, conduisit arec lui en Tarlàrié; Jean François Gerbiilon et JFoachiih Bôùvet, qui tous (es déiix justifièrent leur litre dé rheinbres de l'Académie des sciences de Paris par. la carte géiiérale de la Cfiine et de ses environs ^ lionlriies si esiiinés à ià cour de Pékin que l'empereur envoya Tiin d'eux en Moscpvie pour régler les limites (16 cet eihpire et du sien, et l'autre en France pour ramehér autant de Jésuites qu'il pourrait. C'étaient encore les pères Joseph Suarès, Kilian 5iumpf,et Jean Baptiste Kégis cité par Montucla parmi les astronoïties célèbres; Louis Pernoti,. et ce fameux Dommique Parrenin, autre médiateur des contestalions survenues entre Pékin et MoscoUj si honoré que les grands de l'empire assistèrent, en Î741, a ses funérailles faites au nom de l'empereur (1). Ecoulons ces hommes célèbres.,* Puisque la question avait été portée de nouveau à Rome et ne pouvait être terminée qu'après plusieurs années et «n long travail, chaque partie, appuyant son opinion sur le sens véritable des cérémonies par des textes d'anciens écrits, il nous a semblé convenable de chercher^ pour abréger cette controverse, un moyen qui serait très agréable à sa Sainteté, désireuse avant tout de l'union, et ferait disparaître tout doute sur une question prolongée pendant tant d'années, et les anxié-

(1) Dictionnaîre historiqm de Feller; Biographié[un{v.; Montucla, Histoire des mathématiques , t. 1, part, â, 1. ,4, § vi, p. 473 ; catalogus pà^r^m S, /., q%(,i posi p&f (um 5. FiXav^"

tés qui f à cette occasion , ont tourmenté quelques consciences. •

c D'après donc l'avis commun de tous les pères de la Compagnie de Jésus résidants à la cour de Pékin, on a jugé à propos de s'adresser à l'Empereur, et de lui demander une sentence certa îneet sûre touchant le

sens véritable et légitime des rites et des cérémonies de son empire, afin de constater s'il était purement civil, ou bien s'il contenait quelqu'autre chose à l'é" gard du philOjBophe Gonfucius et des ancêtres morts. Nous avons dit une sentence certaine et sûre, puisqu'il n'appartient qu'à l'Empereur de définir ce qu'il faut faire et penser dans ces matières. En efiet, étant le législateur suprême de son empire, tant pour les choses sacrées que pour les choses politiques et civiles, son autorité est si absolue, qu'il décide sans appel, pour tout l'empire, ce qu'il faut faire et penser au sujet des rites, et qu'il définit dans quel sens il faiit entendre les écrits des anciens. Ajoutez à l'autorité de sa définition, la haute réputation qu'il s'est acquise par sa science dans tout l'empire (1). »

Yoilà le mémoire qui fit dire à Leibnîtz : < Je ne vois pas comment on peut récuser le jugement de l'empereur de la Chine et des hommes distingués de ce pays, quand il s'agit de la signification des mots. Supposez que l'opinion contraire à celle des Jésuites

(l) BreviArelalioeorum qwBspectanl xid declaralionem sinatumimperatoris Kam^Hi, drcaOÈli. Comfàcii.el avorumculftim, datam anno ilOO ;laccedunlprimaturn,doclissimorumqv^ virorwn, €t antiquissimœ Irciditionii leslimonia* Opéra PP. Soc» Jesu, Pekini pro Evangclii propagalione laboranlium (exemplaire imprimé à PëlKin sur papier de Chine), 9 i, p. 2, 5 et 4*

eût prévalu jusquMci, elle cesse certainement du mcH ment où l'empereur a exposé dans quel sens il faut interpréter les rites et les autres signes de la pensée (1). »

Le docte et puissant Kam-Hi ayant confirmé l'avis des Jésuites par une réponse solennelle, qui fut pro«mulguée dans l'empire, toute difficulté parut levée pour ceux qui envisageaient la question au. même point de vue qu'eux. Mais leurs adversaires en jugèrent autrement; et parce qu*ils contestèrent ou la validité ou l'à-propos d'une démarche contraire, disaientMls, à l'autorité suprême du Pape, et surtout parcequ'ilft partaient d'un principe différent (2). Au lieu de faire descendre la question des lettrés au peuple, ils la prenaient dans le gros de la nation; et là les habitudes étaient opposées à celles de la cour et des mandarins. La science ne peut changer qu'à la longue les mœurs d'un peuple; et supposé que le plan des Jésuites pût réformer un jour l'empire éclairé et converti, le scandale et l'abus, disaient

(1) Commerdum ipiHolievm G. G. Leibf^ii... de reJtusJuri" ^^ mathemaUeit , etc., EpM, 27 ; Operwn^ t. 6, p. 191. (Ge* nevs, ael:oenie6, 1768.)

(t) H Mrfltt gyie qsetiiiies-inis «basèrent 4e cette démai^ cbe, et que le cardinal de Todmon défendit plus tard de porter l'affaire des rltes^ devant l'empereur. Lettre de Mgr ^Evéque de Langres^ etc., par J. F. 0. Laqaet, lettre S«, P* i58 et 161. Aatre chose è^itt de consalter ce prince , et de Refaire Jage du différend. Les Jësaites ne le donnèrent pas comme Juge ecclèsiastfqoe, mais comme témoin. Ils se pré* valaient en même temps de son anteritè sur les Clitnols pour leir imposer des opinions ptus pores.

léUirs adversaires, pouvâiehi, éii àttehdarii, causer de grands maut dans cette église naissante*

bes (questions étaient fort embarrassantes. Il s'agissait du salut de deux cent millions d'infidèles; et dés deux cÔiés oh te cfdyàîl corhpromîs. Car si la condescendance ëiai't fatale, la irigùeur paraissait devoir tout anéantir; et lès esprits les pîiis gnaves cherctièirent longiënips des moyens de conciliation. Peûl-ètre auraient-ils été possibles si l'affaire avait été poussée avec nioins de châleiir. Rappeldns-ndus, du reste, que tous les religieux du ihème cdrps rie furent pas du ihéme avis : chacun suivit ses lumières et sa conscience.

V. LéSàiht-Siégefùterifih obligé de donnei* une sentence solennelle, il etàil impossible de ile pas mettre* lin terme aiix iriqiiîéîudes et àixx divisions de l'église de la Chine. Le reieritissënièhi de ses qiièrellès avait ébranlé TÈutope élté-mêmë : é/lës h^auràieht jamais dît cbihmence^ ; mais poussées à cek extrémités, elles lié pouvaient demèuféf sah^ un jîigéméni déCnitif .

L'opinion souteauo ,p£^r les Jésuites fut condamnée ; c'est à dire qnef re^ect^nt leurs iiile&tîons et leur conduite. Clément XI, le2ô septeniëre iTiO, làé^ dfiirs éuperstiiieiseés «t^ehpier-ahef d^ ëêftfi»ibrilës qli'Hs disaient îttiJifffii^Htefe. t\kk fie l'étàleht pâs gétiérâlement aux yeux de là hàtîoh : c'en était assez pour les interdire, quelle qûèfûtrôpiniôn des Chinois instruits ; quelque fût l'espoir de ramener ces rites, à iQur pureté primitive. Aussi voyons -nous le pentife, préférant la pensée du peuple à celle des nieii-* darins, consulter il Rob^ Im îwnes GhisKOfii Wh

yôjëà tiit^tf^ f iiltè leur édacàiion (l). ti gcféficë et la t)bilddtftSliîè h'avaieiit Hèn réforiti^ èh'ez eux; il^' paHaiéht d'a^ifè^ l6s ihif)reâsiôhs de leur» iHhtés.

AvâHt de motiitè^ Isi Souttisâibh m tékniiié , f 4suméhS ëti ée&i hiôtâ tout ce chapiirë. Lieiir pfâh fui hàfdl ; «ïâiis sa ttîîàè ëh oèùVte réciattlaît runllé. 11 hè rfa^îSèyit flë f'iéil îriôiHs qdë de rëfôtmëf dh peuple lentèméhl , in^ensibleftiëhi jusque dàiié ^eâ habitudes les plus intimes. Mais dès qu'on mettait le trouble dans cette régénération vaste et laborieuse y elle devenait violente, dangereuse par cela même;. et Tavenir ne s'obtenait plus qu'aux dépens du présent. Obligé de sacrifier l'un ou l'autre, le Saint-Siège dut préférer le parti le plus sûr, courir les chances d'une ruine prochaine pour la chrétienté de laGhine, plutôt que de souffrir le double scandale né de la querelle. Car la division des missionnaires mal édifiait les fidèles et les idolâtres de la Chine ; et les protestants de FEurope triomphaient en disant que l'Eglise était engagée dans les voies de la superstition.

rajoute enfin que les Jésuites n'ayant pas été les seuls à soutenir leur opinion, ils ne sauraient répondre des abus qui s'en firent. Plût à Dieu qu'ils eussent été seuls pour en tracer les limites ,

(1) « Antequam vero supremam de illfs senlentiam pronuntlaret, ad pleniorem facti notitiam obtiaendam, omaes et singQios , quotquot in urbe existèrent sinarum missionarii , lunetlam complures Juvenes, qui ex lis regionibns In Europe, educatloois et cbrlsUanae rei addiscendœ causa , vénérant, ad examen super his, servato jorts ordine, vocari]us< «lu « BenôdicU XIY Bumn^m, 1 1, p« 202«

ou se floamettre dès qu'elle aurait été condamnée ! On trouve qu'ils avaient combattu trop longtemps , mais la persévérance est louable lorsqu'elle est tout à la fois consciencieuse et oomipandée par un intérêt aussi grand que le salut éternel d'un vaste empire. Il nous est facile de juger froidement ces questions : respectons l'ardeur d'hommes qui voulurent sauver le prix d'un siècle et demi de dévouement.

naaaHHiaaaHeE

Page 1