CHAPITRE TI
WSSIOIf DK LA GHnfB, (1710-1742.) ~ SOUMISHON DBS JASUITKS
AUX DfiCRBTS DU SAINT-SIAGB.
LLesdix pères Jésuites qui consultèrent l'empereur sur les rites chinois terminèrent ainsi le mémoire rédigé à cette occasion :
I Tous, tant que nous sommes ici de nations^ diverses, travaillant pour Jésus-Christ, et ayant continuellement sous les yeux les lois de la cour et les dispositions des hommes préposés au gouvernement de tout Tempire; tous, par ce publicécrit déchargeant nos consciences, nous protestons que Tégiise de la Chine , dès qu'on lui aura enlevé les rites de Gonfucius et des ancêtres permis jusqu'ici selon la teneur ci-dessus énoncée, ne peut durer longtemps ; bien plus, nous pensons qu'à la première accusation de quelque malveillant touchant ces cérémonies, la ruine de cette Eglise sera sans aucun doute pré* cipitée. 9
«Nous avons cru devoir dore cette relation parla protestation présente, de peur qu*un jour notre silence ne fût reproché à la Compagnie de Jésus, si nous n'avions pas dénoncé la vérité sur ce danger imminent et si grave (1). »
(1) L*empereur fut consulté le 30 novembre 1700, et cette protestation fut Imprimée et signée le 2a Juillet 1701, Brevis
Les adversaires de^ Jésuites assuraient au contraire qu'on pouvait se tirer d'affaire sans ces concessions au génie de la Chine. Clément XI ne se décida même à condamner les rites, qu'après qu'on l'eût assuré à Rome de la possibilité de le^ suppriftët Sarié aaHgëf llhminërtl {i). Và'dè siiiknt Mi voir combien la soumission clé la fcompagnie de Jésus fut universelle et généreuse.
Au mois de novembre 1741^ dafos une à&senlbléc dé Jésuites envoyés à Rome île dîdque province, tous, d'une voix unanime, demandèrent à leur général Miehel'ArigeTambnrim, (fu'au nom de la Compagnie tout entière, il cdnfirmftt, protestât et déelàrât par un acte feolënnel et juridique la fidélité très e<Mistante, imhtuabie et i»sftéraUe de tous ses meinbtes à embrasser; recevoir et exécuter jusqu'au dernier soupir tetit ce f|ni serait ott aurait été près-* eHt^ oirdQniié et eommandé par 1^ 8âint-6fé^(>( nômniémént lés décrets de 1704 et de iTlG ceocernailt les affaires de la Chine.
Le général^' aeportipâgné de tous les députés deâ provinees, alla donb se jeief adx pieds du vicaire de JéStts-Christ^ et lui fit iiûe protest^itioa d'o*
rdatio eorém 'qtfœ tpeviant oit dèelmrtUionem ténurtm intifera • Ufris^ etc. (Déjà cité.
(1) Réponse au livre inlUulé : Eœtraiis (ies asserlioris. elc^\ t. 5, p. 154 et 155. Il paraît que Benoît XIV espéra aussi que Béé décrets de 17^^ rie nuiraient pas à là nklssion. Bullarium Benedictl XIV, 1. 1, p. 204. « Cônlldihius 'quoqué,Debfaveiile, ex eoram (missionariorurn) cordibus inaoem illum metum subiatuni iri, ne vldelicet per exaclam ponlificioruai decreiôïxkm observaritiàin Inddèlium conyersio retardetur. »
béi&sânGè si fiellô et si tottditete, ^ie GIfmëJif Sf , dic-on^ he pat retenir séâ larttlCfS. tl tèthlifaa âlKâi ^ « Si cependant il se trimvait à l'àvôflfr q(fè1i|ii'âti parmi nous^ en tjnëlqne ên<frdf t dtt htohdë èjiié èe Itif, ce qu'à Dieil ne plaiàe; qîii eût d'àdtfëà sytfJÉèfaM^ ou qdi tînt tin Stttrè lan^gè; èàr la j^ifSHèfidë âë^ hommes lie peut slésèss ni préVehir; iii éiù^é'eH^i Sk semblables évéhbntetitS Ûihë ûUëètgraHd'é MùItltUai dé snjeiâ^ le ginétil dêbiârb, àmtë kl pféifttë au noih db la Compagnie, qb'èîïe !è ^@t)édffVè Ses h prélCTl; et le Hpodié; qu'il èsft df^Ae de feflâtfrhSBf, et ne petit êtte rêetmim f^dUr vëHtfrBlè et M^ltfhife enfâm de la Compagnie de Jéëiiâ (-{). »
Quelques difficultés êiàûi &dfvet)dëâ M ]^ lieux (four l'eieM^ûttôn ^8 âé^m« t^ritlfléati:^^ iJIK^ metit Xi éhTbya un l^g^t ; Mgr Ch'^HëS Afti6¥diSë Mezzabàrlm \ piairiarelie d'AlétandHë, i!}ilf, |^rtl ^ Rome an mois de tnhi 4719$ abdrdif èi GKtÂfë â& mbis de septismbre i7â0; Lé jmt ÛièYAi éh ^A arriTéé, lé t)ère LHureati) Visiteulr des léSiiile^^ ké présenta à lut, et lui remit éfi main là p^btëétitKiB suÎTànté : « Mol> âfean l^ut^ïi; dé 19 Gtfltipgflig dl iéhfâSf dans la tne d'Ater toui 5btt{5Çd« <}tï'dflf p^ffiFi rait avcEÛr de mes setitinientS} je prothtîts def àUt 6?é3 qui pénètre le fond des cœurs^ et jure que je À'ëiflpèelierai jamais^ direefemetit ni iftdffëblétftén^; ni par moi; ni par d'adtresr ni ett quelque tb^itfè^dS ee soit) F exéedliod des drdres de' notre S^idt Vn^\é ffi
(1) Exiraiis des assertions , etc. ; Idolâtrie chinoise, p. 240. Béponse au livre intitulé : FiXtraits des a$sefHdns^ etc., U 3, p. 153.
Pape Glémeat XI, an sujet des rites chinois. Je jure encore de Jes exécuter moi-même avec sincérité, et d*employei toutes mes lumières pour aider Mgr Charles Amhroise de Heacialiarbay envoyé pour ce sujet à la Chine» en qualité de légat à latere. Telle est la promesse» le berment et le voeu que je fais de moi-même et sans être interpellé. Ainsi Dieu me soit en aide et les saints Évangiles (1). »
Ce père tint parole ; il aida même le légat au point de s'attirer l'indignation de Tempereur, qui le fit charger de chaînes et mettre en prison. Quand MgrHezzabarba fut admis à lanceur» un autre Jésuite, le célèbre Thomas Pereyra, lui servant d-introdttcteur et d'interprète, avait assuré le monarque que le prélat n'avait rien que d*agréable à lui dire. Mais en écoutant les propositions de renvoyé du Saint-Siège, Kam-Hi s'emporta jusqu'à menacer le missionnaire de mort. « Je vais, ajoutà-t4l, faire dresser un manifeste de tout ce qui s'est passé sur cette affaire, depuis l'arrivée de M. de Tournon en Chine jusqu'à présent. Je le ferai traduire en trois langues, pour être envoyé dans tous les royaumes du monde. Jene veux pas; juger moi-même ce différend; je veux m'en rapporter au jugement que les Européens en portenmt (2). »
II. Les Jésuites s'étaient donc trompés dans Tappréciation des rites, mais non dans la prévision des malheurs que leur suppression devait entraîner ; et c'est ce qui rend leur obéissance héroïque. Chacun
(1) lW(l.,p.155etl56.
d'eux, eD signant la formule d'adhésion pvescrite, enl715» aux décrets de Clément XI, savait qa'il signait la ruine d'une église arrosée , depuis un siècle et demi^ par les sueurs et le saiig de ses frères.
Dès que l'empereur Kam-Hi fut mort, le 20 décembre 1732, Yong-Tching, son successeur, aux premières plaintes qu'il ouït contre les chrétiens, proscrivit de l'empire leurs lois et leur culte. Malgré tout ce que purent faire le père Parrenin etlesautres Jésuites, autrefois respectés des princes et des mandarins, tous les missionnaires, sans exception, furent chassés et conduits à Canton ou à Pékin. Car la science des astronomes, dont quelques-uns furent retenus et surveillés a la cour, fut la dernière protection de cette chrétienté autrefois si florissante^ Plus de trois cents églises furent détruites ou destinées à des usages profanes; et plus de trois cent mille fidèles gémirent destitués de pasteurs.
Oq lit dans une relation imprimée en 1736: « Trois Jésuites chinois, prêtres, à qui il est plus aisé de se cacher, parcourent les chrétientés des provinces, et s'emploient avec zèle au salut de leurs compatriotes. Les missionnaires de la Propagande ont aussi quel* ques prêtres chinois occupés aux mêmies fonctions^ Mais qu'est-ce que ce petit nombre d'ouvriers évangéliques dans un si vaste empire (1) ?»
(1) Ibid., p. 157* Deicripiiùn de VempiTe de la Chine et de la Tartarie chinoiUj par le père J. B. Da Halde, de la Compagnie de JèsQs (Parts, 1735), t. 3, p. 126 et 127. D*après le catalogqe (léjà ctté des Jésuites qui Iravaillèreat en GbUie pendant un S leur Compagnie avait dans cet empire, dès I68i, outrf
Accordons que quelques missionnaires Jésuites aient cherché, suivant le reproche de Benoît XIV, à éluder un décret qui les embarrassait fort; il faudra soulenir en même temps que le plus grand nombre s'est soumis; que Tordre tout entier se soumit sans distinction ni réserve. Pourquoi rendre un corps responsable de la fautede quelques-uns de ses membreSy supposé que réellement elle ait eu lieu?
Dès le temps de Clément XI, les Jésuites députés par toutes les provinces de leur ordre représentèrent à leur général^ dans un mémoire dont je traduis les expressions, que le nom de la Compagnie était déchiré par une accusation très indigne, qui lui causait beaucoup plus de douleur que ce nombre iofini d'accusations, de médisances et de calomnies qu'on avait coutume d'inventer et de répandre contre elle, qui la blessait au vif et touchait à là prunelle
ils obéirent fléèlement et avec eoorage* Leurs coavIeCioos persoDoelles cédèrent à la tonte paissante aaloritè en face de laquelle toate Intellfgeni'^ hamatae doit s'IocUoer et toute volonté se tracer des bornes qu'elle ne doit Jamais fraocbir. Malgré les suites qu'ils prévoyaient pour la religion et pour eux en particulier, ils se soumirent et donnèrent ainsi une nouvelle preuve d'une vérité constamment vérifiée dans tous les temps, que la Compagnie de Jésus, forte des lumières et des vertus de ses membres, pourra quelquefois lutter contre les plus sublimes puissances de la terre, en présence de qol elle se tiendra toqjours dans les limites d^une défense forte et courageuse ; mats en même temps qu'elle saura toujours se soumettre, lorsque la vplx de Dieu aura parlé par l'organe de son représentant sur la terre. » M. Luqnet, Lettre à Mgr VEvéque de Lanf/ree eur la ConQrégation dès mUsiom étrangères; lettre 8«, p. 179 et 180.
de SOS yeux ; car, ajoHtaieDt-ils, à propas des rites chinois» < ses plus véhéinents adversaires formulent ainsi leur accusation : Les Jésuites proclament au son de la trompette leur soumission plus exacte aux décrets des pontifes que celle des autres, leur obéissance plus aveugle; cependant ils sont les premiers ï s'en écarter, Jorsqu'ils ne SQnl pas de leur goût. »
Ils assurèrent donc lé Pape, comme je l'ui déjà dit, par la voix de leur général, et au nom de tout Tordre représenté par eux, de leur soumission pleine et entière, protestant contre la désobéissance des particuliers, s'il s'en rencontrait, qui Refusassent de se soumettre (1).
lY. La Compagnie de Jésus montra aut^^nt de générosité en Asie qu'en Europe. Que dira-t-on si je prouve par un monument incontestable que ses missionnaires^ répandus dans tputes les ^ contrées des Indes et de la China, furent les plus prompts à envoyer au Saint*Siége leurs formules d'adhésion à ses décrets? Sur le point de parler des discussions survenues de même au Malabar, et terminées aussi par Benoit XIY, en 4741, je réunis ces deux causes dans un même argument, anticipant sur la seconde, afin de ne pas répéter plus tard le même témoignage.
Un ex-général des Augiistins, le père Jean de Saint-Facond, de Sarragosse', dans un ouvrage dédié à Benoit XIV 4ai-même, et Imprimé à Rome sous les yeux du pmlifei «s I74K, trois ans après sa première bulle, un a^seuleHieBt après la seconde, publia les lignes suivirites: < Bien que les religieuxdes
(1) Extraies du aueriUmi; IMàiri$ chinaUe , p. 241 et 242. u. 4**
M¥$ Mif^^'^Sfh^ ^vait «cjcqrdé en i7M guel- S9PS Rfi^P^îf ^iftM sQllipité^a par (es mi^ioanaires; lp9 {^9i|e^ ^H pvpà^èrent, aipsi que les autres, jusqu'à la pfpoiiilgation ^'una t)\k\\^ QQUYelle qui les réypqga }e ^ ^pût 1742 (iJ. Leur aflbésion à cette %H^^!'6 4éii^nS^ QQPiplét^ )<9Ur sacri^ce. Ils obéiref^t^ pi \% ipjssion entière se tut, diaparfiissant peu h pçH Jl^^P ^H^' ^)* luttèrent poujctaot avec persé^é-
qi)^{gj]e^^(fçspat9onf et c^st^epcesmolndres^troi^ collèges iy)p £qDd^^,c'^s( ^djre ^ans r^y^ims 0:^çs,pp ooYlclat^ vlngtai^atfg fésl^eiicps fondé^ç ^t Juri^^iqSPffl^nt jaatpriç^.ç p^v raatori|é ctyile ; environ deux cept^ ftslises sij[q^es ef| |)$ctledans1e$ villes et en partie dms les bpurgades, sa^ns CQippter les oratoires, les chapelles et les missions. Prœ[atio,p. i. Le 9 décembre ilO% lepèreGrlraaldi Inaugura une église magnjflqaeé Pékin, dans Fenceinte même du palais. L'empereur aoraU permis de la b|tlr, avatt môme donné de l'argent pour lacoos(rqirft»0iri;O9DnalâsaiiQe d'une llyre de quinqaina, <}Bb .^V'Pte^'^l^F lpf.RAcç9(T^r|)Vlq|} ^SouxreMllaTaltgrQéri 4'jng qèyr^ jjf pjçe, fi^pn^cj jf m^pifltMje ^4l9/;çfpiaç|uey6, les censeurs de V^Wif^ ^^ Kouvérçfil tj-fjp^ jj^ijt, ç} reRréç^R" terenl au monarauè qu'fl fallait rabaisser^ spa| peine ^'(nfraction m anif^este des lois. <( C'est moi qui ait tort, répopdft-ir? c'est par mon ordre que les pères l'ont élevé de la sorte. » Gqmiàè on laslstaft : « Que Vdulez-vous que Je fasse, répondu Kam-BI? Cesétrangel^ me rèndentlous les'Jonrs de très grands services ; JfBne sais comment les récompenser; ils refusent les emplois et les dignités ; Hs ne yeolent point d'argent ; U n'y a que leur religlop qui les intéresse , et c'est par éésènl éndrôlf que jé*puisse leur faire plaisir : qu'on ne ip'cQ parle V^VLB, » bd Hal'dé,' Dwcrîp'eionefo Vémpîrede Chii^XX p. un et lis.
- (1) £» qu^ HntfuUin , Intlariom Benedicti XIY , t. l ,
p. las. • ' ' ''
rance contre jp^ ç^^^l^cles et Ie§ persécuiîpns, jpsqu'9 cp qu^e 1^ s^pprASçipR (je leur ordre en furope les priva de su.cçç§§eiir^. Ai| commencepient de ce siècle, qijie|gùes pcto^énqjres pleuraîent encore à Pékin la ruine de leujrs égjjscs pt dp leur Çonfipaj[nîe. JII. Les ennemis de5 Jesuite§onivudanslabullede
ans après cçUe de Clément XL et Tacte solennel du généra} Tamburînij pn^ preuyê éyjdente de la désobéissance des missionnaires en Chine. A quoi bon, disent-il§, ces nouvelles menaces, si Ton avait plié sous les premières? Mais cet argument porte à faux; car la nouvelle constitution apostolique qu'on ciie comme preuve de rébellion, fût donnée pour révo- (juer les permissîon.s, accordées par le légat dq Çlélî^ent XL en 1721. On y lit, il est vrai, quelques reproches sévères faits a des hommes qui se glorifient de professer le plus grand respect pour Tautorité du Saint*Siége ; et ces ex{»;ession8 semblent s'appliquer tout naturellement à la Compagnie de lésus (1^.
(1) ibtd., p. 197, 8 il. Voici comme a parlé de l'obéissance des Jésuites de la Chine an Sainl-Siége, lin écrivain dont j'ai déjà cité le témoignage avec çpnûance,'e{ parceqa'|l Tait consciencieusement Tapologie de leur^ adversaires, et ^arcequQ les reproches mêlés a ses éloges attestent que la bieqveiUance ne Ta pas emporté trop loin. « Noi^^ le confessons de nouveau, fjs'cherchèrçnl Ifoo Jcjpgj^paps 4 ^ÎRîJeç les décrets des souyèrains Pop|ifes, ^an| uij |:j|pmen( si^r|on| où U était §i,glorleuxpour la Compagnie |]§ donner ag ^^(^Q^e UD exemple 4opt l'iÈglise i^yait aloj-| |^ })las gragd l>e|oip. Mais nous disons auss} 3%, (^^ \\m\in\ oi je l^p œepj )q^: leanel fut renda, de manière à nepla|^^ig^^faca9..d9(^(^l
Non seulement par la raison qaej'ay rapportée cy des- SUS sur la Chine, mais encore parceQue je doute fori que les missionnaires osenl s'engager à un pareil serment. Nos pères de Chine ont la faveur de TEmpereur, et par là pourront peut-estre se conserver ; pour nouSy nous n^avons ici aucun protecteur, ou plutôt nous avons autant d'en nemys qu'il y a de princes, de seigneurs, de grands.. Aussy n'entrons- nous dans les villes qu'à la faveur des ténèbres ; nous vivons dans les villages les plus écartés^ souvent dans les bois où Ton ne vient que trop nous déterrer. Le dernier des hommes suffit pour nous faire de grosses affaires; et c'est un miracle continuel que nous nous conservions. Je dis souvent que chaque missionnaire est un miracle, chaque église un miracle, chaque chrétien un uGÛracIe ; tant nous sommes environnés de toutes parts de loups ravisseurs. Nous ménageant comme nous faisons , tous les ans nous avons des persécutions, tous les ans on nous renverse des églises, on nous chassé tantôt d'une province, tantôt d^une autre. Tous les jours nous pleurons la perte de quelque brebis que le loup nous enlève, et nous ne nous en consolons que parceque quelque autre vient prendre la place. Que sera-ce si nous sommes obligés! choquer davantage les inQdèles? Tout se révoltera contre nous, et nous serons obligés ou de quitter la partie, ou de nous ensevelir sous les ruines de là mission. Mais quoi qu'il arrive, nous ne nous départirons jamais, avec la grâce de INeu, de l'obéissance due au Saint-Siège (1). »
(1) Lettre autograplie.
Quand les dernières défenses de Rome arrivèrent en Chine, ceux qui les avaient sollicitées avec le plus d'ardeur en furent fort embarrassés. Un missionnaire jésuite écrivait en 1748 : « A l'égard de la dernière bulle , nous Fobâervons en toute rigueur ; et nous voyons ceux de nos néophy tes/que nous ren* ▼oyons parcequ'ils ne veulent pas obéir, reçus à bras ouverts par des gens qui nous diffament à Rome, comme rebelles aux décrets du Saint-Siège. Que Toulez-vous? Dieu nous jugera tous (1). »
(1) Ji^NHiM au Hvre MilnUé : Extraits deauMtiiom ^U Z^p. 188 el 159.
GBAPITREVIL
DBS RITS9 M ALABiitBB.
i. Là Compagnie de'^Jésùs avait trois grandes missions dans là [liresqu'ile occidentale des Indes; deux t)6rtiigfli9es) telles de 6oa (Bt du Malabar, el une française, dont le chef-lieu était Pondichéry . Blléé s'ëtbndirent d'abord le long des côtes du Malabar^ de la Pêcherie et de Coromandel; puis pénétrant dans l'intérieur des terres, elles embrassèrent les royaumes de Maduré, de Tanjaor, de Gingi, de Maissour et de Carnale (i).
«Dans les commencements, dit H. Perrin, missionnaire dans rindoelftA) il n'y avait (en ces contrées) que des Jésuites portugais, ou qui étaient censés de cette nation... Bientôt après, la plupart des nations de l'Europe y ayant formé des établissements ôommerciaux, les missionnaires vinrent de tous les pays et débarquèrent sur tous les points. Chaque ordre religieux se piqua d'émulation : les Jésuites français, les Carmes, les Augustins, les Dominicains et les Capucins; chaque contrée de fEurope voulut s'associer à la bonne oeuvre et payer son contingent de zèle et d'efforts. Les Italiens, les Siciliens, les
(1) hiUret édifiantes et curieuses^ écrites dès missions étrangères (Paris, I78i), t, 13 , pag. ao et &i.
àlitdiiiâ, lés f*IôrehtinSy lés Piéhiontais^ te^ âllàialè, l'eÈ Allemands, §e mêlèrent avec les Français éi M Porltigdis dans celle portion dii champ du IPefe defaifaitlê: CHà'cuiî dëfrichïi la terre qui iiiî échut en partage ; tous arrosêréni le chaiiip dé leur èuêur, et (jilëlbûek-ubs ïft^më de leur ëang. »
i II eut êié iéêpèhdànf à clësiref, ajôule îmmélliaieméH't Ife Hdème missionnaire, qiie iôuieâ les chrétlehiéfe indiennes, fco'ihrliencéés avec taiit de sôîh {)à} l'âpètirè i\ï sèizlôiiie àîèciè, eussent pu Uré cbàtitiitës è( è^ùf ëfhées bar les seuls religieux de sa Ctiftipa^file, t'est S oîrè par dés mînîètres sageâ, tBiis arllHiëâ £(u mëtnè éàpirit, ayànf tous lès rnômes pHhcîpëè de fhbràlè et àè dirècliôn, la même Hianier e de gouverner, soumis aux mêmes supérieurs, et éipoSês àiix yèiix des riiémèi siirveîîlahts. La fiineste càiasifoplië de la Brillante église du Japon nous à niâilleUréuéëmenf àpprîg combien ils feoht fuiiësiès lis îrîcorivénîèiits qilt hâiàsent dé la divèrsiiè dek èspHls èi téi Iriélliodes (îj. i .
(ië vcëii, qiïî chôquefaîf dans la iioScHé 3'iïn Je- Siillé, ^e irduve dans celle d*ûn ancien apôli-è dès iHdé^, préitë ae la Congrégation dès mîèsioîis étrangères, c est a dire de la Société chargée en IHd {{àr Pife "Vt et par le gduvei'hèrïiëhî français de
ailleufè lui -même, a une àséôciaiîbh de prêtres séculiers qui âVaîénl ëd dés ;débaîs très longs èi très vifs avec les pères Jésuites, et qui auraient jpu
(i) Vogcige dans Vlndoslan, t, 2, ch. iv, p. i^ bt l57.
être regardés comme leurs ennemis^ si des chrétiens étaient capables d'en avoir. Mais je leur dois cette justice aux uns çt aux autres, d'assurer que, malgré leurs débats, ils se sont toiyours témoigné de l'estime et de la considération (i). »
Dans les Indes, comme en Chine, les rites nationaux étaient imprégnés de superstition, et les lois du pays ne permettaient pas de les détruire Yiolem> ment. Je n'entrerai point dans le détail des difficultés qui divisèrent encore les ap6|res de ces contrées. Je craindrais de me répéter ; car des deux côtés on partit des mêmes principes qu'm Chine : les mœurs et les croyances des peuples en varièrent seules l'application. Interdire aux néophytes indiens tout ce dont l'idolâtrie avait abusé, eut été leur défendre l'usage des choses les plus nécessaires à la vie. Car les habitants avaient tout, consacré à leurs Dieux; les actes les plus indiflTérenta étaient devenus à la longue des actes de religion. Trop de rigueur rendait le christianisme impossible; trop de condescendance exposait à la superstition. II fallait im juste tempérament : les Jésuites crurent Savoir trouvé ; mais quelques autres ordres religieux» les Capucins entre autres, les accusèrent de favoriser l'idolâtrie.
Le Saint-Siège donna encore une Ibis gain de cause aux adversaires des successeurs de François Xavier, qui se soumirent avec promptitude. I*ai déjà parlé de leur obéissance, en racontant celle dès missionnaires de la Chine; je vais en citer encore quelques preuves.
(t) /Md.» p. 162. . ,
II. Ce fut le 24 août 1734 que Clétoent XII porta le premier décret absolu sur les rites Malabares (i). A. peine les Jésuites des Indes en eurent-ils connaissance, qu'ils firent le gouverneur de Pondicbéry, H. DumaSy dépositaire d'une déclaration signée par les pères Le Gac» Lalane, de Montalambert, Turpin et Yicary; et OMiçue ^i ces termes : « Nous soussignés» déclarons que nous recevons très voloniiers le décret de N. S. P. Clément XII; que nous le garderons purement et simplement, et que nous le ferons observer dans nos missions. Fait à Pondlchéry, le 22 âécembrei735 (2). »
Dans la bulle donnée Iel2 septembre i74&y.et publiée le 7 octobre suivant, sur les cérémonies» usages et coutumes à observer pu à éviter» à permettre ou à abolir dans les royaumes de Haduré, de Maissour et de Garnate, Benoît XIV déclare que tous les missionnaires de ces contrées se sont soumis» et lui ont en* voyé les exemplaires du serment d'adbésion exigé de chacun d'eux (3). Mais en le prêtant ils faisaient trois questions nouvelles; et ce fut pour y répondre que ce pontife promulgua sa constitution apostolique. Voici ses paroles mêmes : « Quelques-uns» après avoir prolesté qu'ils avaient observé les lettres pontificales Compertum exploratunique(de Giément XII en 1734)» et qu'on les avait accusés à tort comme des opiniâtres, affirment néanmoins qu'ils ont été jetés dans le plus grand embarras et d'extrêmes angois-
(1) BuUaHum Benedtctl XIY » 1. 1, p. 406-412. (2} Bépome lau Hvn intUuié : Extraits d€$ assertions, etc., t.3, p.l6t.
(5) Bullariwn Asnedictl XIV» U i, p. 416, S 31.
sfefei i càiîsè delà rfelîglbh dfi IferÔifent, dii danger de Teicdhiîhunieâtibti et des autres (iëiHbi tirés gravés àuiqùellés sont iii'évîiaDlëment sodmi^ et exposés fcbux qaî désobélsseiit bu répugnent à Id iBi.Âiinom de tous ceîix bùl partagent leut ihtnîstèfe lél leiirs périls, Ils ïià\ïi t>nt donc demandé trois choses, pour sdtalâgël*, dlsërit-llSy lenrâ constifëâcëé chargées et t^èhiblarttès; et pont rrièttte en étireté le salut A*h gfâttd hottibre de cHtétléHs' iili, HoâvéliehleHt convertis, Sdtil cohtihbellement IhàltrâUës fiât la tempête deà iJeràiéCtitioiis (1); IJ
Ainsi y citer cette bulle coninde lihë preuve de la tëbéllîon dés hiiséroJinalrés, ë'èst montrer qu'on ne l'a tnêhiè t)as lue [Û).
m. Cbmmfe quelque^ fe^pHls grdvéè, loiil en reconnaissant que les Jésiîitès Se Soumirent quand il leiir ftlt împoèsîble dé rébîsiéf à des sentences ài)solues, leur ont rfe|[)rôchë d'avoir Itilië Irop longternps, d*ai^oir tergitléhé, prié dë^ bidis, et chercliè dés îhtérpfëtaiidttè évdsivtes, Je Vaié pirddiiîre dé nouveau pour lèiir d'éfénsë ùfa tëhldignàge moins siispecl que le hiien, pdlfeqîi'îî seta t)ris dans leô fangi dé leurs àliélens adversaires. '
« 115 ri'bht iâittalS Reliée, dit M/ Perfîfi , qu'il Ae fallait ^âs ôbéil^ ddk dfdrëâ m Soliveralhs t)6hiltes, tliaii qu'il fallait dgît cbifirhè râliraiënl fait Ifeë sbiiv^Mifaé pBntiréS èùx-thèhiés, S'ils àvalerlteté m Hélix. IW oril épulSê loué leùrS in(jyèhs>diir ne pas être forcés de quitter des enfanta que le zèle leur
(i; /Md.» p. 417, §23.
(2) Voyez U^ Çdlhfel, IV* Leçon, p. «T et 2i9,
•endajt chers jj ej nous yerifpns î)içnlôt CQinJ)ien ce :è]e était pur et dési|:}térçssé, par le tab)eau 4?3 p/îr nations de tp^ute ^spèf:^. auxque||^3 se. condamaaient ses bomme's si dignes, ^e reçRepl. Mai3 jettTÇi açlyeT? saires élaien|-il$. blâm^b,|e^ ^e ue ps^^ p^r^^er çomipe eux, ei de ^uger qu'ils CQrroir^pç^ieai \^ pureté 4^ la (oi et de la npiçrale? Je i?i$ (^qnd^ïRfiP p^5 iiq» pl\^9 ceux-ci; leurs yue$ étaient bpnneç §ai^s ^PH^ • i^ (lisaient, ayee l'apôlrç, q^/jl ijj'est'j^r^^iç P^W? 4^ faire un m^al, spus pr0tç.^te gu'jj (ipij e» «paultef ^n grand bien* Ce principe é^ts^it incoiite9.1^^\lo; §t les Jésuites plaient trop |héologi€^n.8 pp'ur Tig^ûpr^r, Qt trop droits poyr. rifi jas jB^^ ÇOBY^mç; ina|j^il r§?t§i^ asavoiif si/ rapplic^tfofl ^^i Rrififtîpft éWU JHçlç: celait là l'état qe la question,»
«Or, (juï pouvait naîeu:?^ \^ ^^9i^^ V^ 99Wt qu'elle concernai^, quj h\^\^} ^W^» ^^^ filUS.^ft • soin, qui s'^n f ntr^iqnai^fl^ ç)flq^e J9|}Ç,^ q^i Ig wé?
allaient 4 t9^tef ^sbeur.eSi^y;pi€id4p ift^F F^PÎ^i^? II éiait très aisé ^yx ^dyi^^içe^ ^ ^gçjy te^-dg bl^i^er, de coqd^u^neî» 4'?nalhéjtn^tisey : \\f ui'é^ept pas chargé^ ' de ^'oçuyif^ ; les iç^coijyéï)\ç.nt§ $'HP^ décision tr()p jigouçe^çq n^V^\ang^^^^ ^lai. Tranquilles^ ^u fond d'un ça|),ii;i€i^ ^ \3iU^ à }a Promenad^ ou dsji^^ ui^e spciété, iç,^r9 Jours eussent ^oulé ^usi aerçable.pieq^ ^^nd Çf^ênje i,ojjis les cb^é- ^iens aui;a\êni apostasie, pu q^e la ^issipiTj aurais é\<^ détruite.» ' "' '
«Gel aperçu se\il doit déternainer les hpoimes sages * suspendife au moins leur jugement ^i^r ces mor, %Qs çoQte^lées ; car s'il était permis de nourcic '^^s prévMrtion» , et déjuger d'après elles , combien
ne seraient-elles pas favorables aux Jésuites! On dirait : esi-M probable que des hommes studieux et appliqués y des hommes k talents , à grandes vues ; des hommes qui , sans sortir de leur maison , trouvaient des faisceaux de lumière , aient dû recevoir la leçon de la part de gens à connaissances fort circonscrites et à faibles talents ; de gens encore qui savaient à peine bégayer quelques înots des idiomes, dont la pleine et entière connaissance était requise, ain&i que celle de Torigine des rites et des usages, pour pouvoir prononcer ? »
On ajouterait : c doit-on aisément supposer que des hommes qui / en demeurant en Europe , se seraient acquis la plus haute considération , par leur facilité à saisir , à embrasser tous les genres d'érudition , à enseigner toutes les sciences , à conduire toutes sortes d'affaires, aient sollicité comme une grâce (i), de pouvoir renoncer à toutes leurs espérances , de pouvoir quitter leurs liaisons » sacrifier toutes leurs habitudes y pour aller mourir au milieu des peuplades de rindostan, après avoir parcouru la carrière d^s vertus les plus pénibles ; et tout cela , afin de corrompre la foi chrétienne quMls se chargeaient d*étendre jusqu'aux pôles du monde » et afin d'altérer la morale qu'ils pratiquaient eux-mêmes avec la plus grande sévérité f Sil y eut jamais d'hypothèses absurdes , ne sont*ce pas celles-ci (2)? >
(1) tf Un Jésuite postulait qyelqoefois pendanl dix aos la pernilsslon d*aller aux Indes. Le général lui laissait faire ges cours, et lorsqu'il commençait à faire parler de lui, qu'il était lancé dans la carrièie des lettres oo de la ehatre. Il lui envoyait Tordre de s'embarquer. » Note de M* Pèrrta.
(<2) Voyage dàm l'inioslan, t. â, p. I63-1S6. M. Perrln dil,
Malgré toutes Ces raisons et les miennes , il res* tera toujours quelque chose au fond de certains esprits. Etonnés de voir la méthode suivie par les Jésuites condamnée dans toutes leurs grandes missions de l'Asie , ils se demanderont comment des hommes sages et éclairés auraient pu étendre leur erreur sur une si vaste échelle.
Mais leur conduite aurait été bien plus extraordinaire, ce me semble , si cherchant à Pékin les moyens de corriger insensiblement le caractère de peuples opiniâtres y ils avaient pTétendu le violenter àMaduré, à Pondichéry , à Goa. Partout même principe, circonstances semblables : donc partout la conséquence devait être la même.
Au reste ce principe de condescendance et de iransformaiion adopté par le zèle des Jésuiies, l'Eglise ne Ta jamais condamné. Gé fut , comme je l'ai déjà dit ailleurs, celui des apôtres, lorsqu'ils ' permirent pour quelque temps aux Juifs convertis, certains rites de la loi judaïque abolie. Ce fut celui
après avoir faU l'éloge des missionnaires inconfiuibles et ^^(aligàbies de la Compagnie de Jésus : « Je sois Torcé de tenir ce langage, car rinde enUëre élèverait la voix et me convaincraU dMmi>oslure si je pariais autrement... Je ne désire pas que la Providence envoie dans l'Indostan des thaumaiQrges et des prêtres à talents éclatants ; mais je forme les vœux les plas sincères pour que les missionnaires qui seront appelés à cultiver cette chrétienté ne dégénèrent ja- Q|ais des Jésuites qui les précédèrent. Qu'ils aient le même zèle, le même esprit de morliflcalion ; que leur conduite soit aussi pure et aussi irréprochable que le fut celle de ces an* ciens apôtres : on pourra alors assurer que les meilleurs Prêlres sont ceux de rindoslan. nlbid., p. 167 et 175 ) ' H. 5
des Pères deTEgliseï lorsqu'ils convertirent en rites chrétiens certains rites dont Tidolâtrie avait abusé. Ce fut celui du Saint-Siège , lorsque S. Grégoirele- Grand recommandait à S. Augustin, apôtre des Anglo-Saxons , au sixième siècle , de ne pas brusquer la Bretagne y de respecter les préjugés des néophytes, de plier graduellemejit les coutumes nationales aux devoirs de la religion (1).
On exagéra dans les missions de l'Asie les conséquences de ce principe salutaire; et le Saint-Siège en condamna les abus, s'en réserva Tinterprélation (2). Mais les Jésuites doivent-ils répondre de tous les excès qu'il occasionna? Des religieux de plusieurs ordres l'appliquèrent avec eux. Parce que dans les bulles de Benoit XIV, on voit des rites proscrits comme superstitieux , il ne s'ensuit pas que les Jésuites les avaient adoptés^ tels absolument que le vicaire de Jésus-Christ les rejette. Aucune de
(1) Liogard , Antiquités de l'Eglise angl0'êaœan$9 cb. i*
(2) « Eminentissiml dixerunt : Qaod flat decretam, qao imponatar missionnariis, cajascumque ordinis, etiam Societalis lésa, (fi ^rrtttMis ffifldeliam degentlbas, treaudeant pemttt«re rltas, vei consoettidlBes proprias fenttlhnii, nec tllos lot illas proprlo arbftrlo vertere fa rltos vel eonsnetadioes clirfstfaB® reilgfenls, Inconsalta Sancta Sede. » Décret de la Congrégation des cardinaux, confirmé par Clément VI leâ4 ao«t 1734, SullaHum Benediet. XIV, t. i, p. 411. Cette danse eliem Soeietalis jesu^ que Ton retrouve ioot^d^ dans les bulles, n'a rien d'odieux. C'est une fMHHité et lA chancellerie romaine motivée par le nom de clercs refaite douné aux Jésuites, et qui les distingue des autres trdres religieux. Il faut, cause de ce titre, une clause spédilepotif que les dénominations générales les afltectent légalement'
ces condamnations particulières ne leur est odieu-
Enfin rappelons-nous que sMls étaient demeurés seuls dans ces missiavs, iifi Movie^t pu opérer sans scandale et sans danger une régénération que le trouble finit par r«iiiivB flcaiidaèeiiM €4 fatale. C'est là surtout ce qui détermina les sentences du Saint- Siège. Les défenses furent rigoureuses; atceux des misstowi^ires qui hs avaient provoquées n'en furent pas les moins embarrassés*
Bans le procès des rites Ifalabareâs, il est une {flestion propre au ^ractère des peuples de la presqu'île occidenlâle de l'Inde. C'est celle des P^riahs; s^n originalité demande une étude spéciale.
des Pères de l'Eglise» lorsqu'ils convar' chrétiens certains rites donlTidol^^ Ce fut celui du Saint-Siège»)' .^ % le- Grand recommandait à S^ Anglo-Saxons» au sixième ' quer la Bretagne, de resp phytes» de plier gradv tionales aux devoirs d
On exagéra dans ' sionnaire
quences de cepr» - Nobili,
en condamna ^ ^ papes a
tion (2). Mai?^ i étendait tirer
tous les exr ''^ Othon III. Neveu du
plusieurs "^ ' ^^ s'était fait jésuite aussi, au
dans les "' ^® ^^ mère; mais son départ pour
criis ' ^^^^'^ encore plus affligée. Cependant le
les y ^f^^^^^^ Aquaviva , après lui avoir longtemps
nu Ùf^ '^ mission des Indes, ne la lui avait accordée
^ dans le cas où sa famille n'y mettrait pas d'obs-
^<?ie. Il pria longtemps en vain : on lui répondait
^r des larmes. La foi avait fini par triompher de la
lendresse; et Robert, fort de rinspiration de Dieu et
de la bénédiction paternelle , était venu se dévouer
au salut des indiens idolâtres (1).
De grands sacrifices supposent un grand vouloir; et dans l'âme du nouvel apôtre , l'ambition des conquêtes évangéliques égalait la générosité. Or, Tas- Ci) Jouvency, Historiœ Societatis Jesu, pari, 5, lib. lO.n.46 et 47. PatrIgnanI, Pie memorie d'alcuni religiosi délia cmpania di Getù^ au 16 Janvier 1656 (Venezia, 1730). Robert de' Nobili est quelquefois appelé de Nobilibus, mot formé delà traduction latine de son véritable nom italien.
issièns Malabares lui serra 16 cœur : les
\ ^ il venait partager les travaux et les
^ ornaient du petit nombre des conver^
-, ^ ncial , Gonzalve Fernandez , en le
""^ iré , ne put s'empêcher de lui
>sse ; et tous les confrères qu'il
\ ^, y dans les royaumes de Gar-
' '"anjaor, lui montrèrent dès
e sorte de découragement, eurs et de privations se le du travail et de la pacd d'un demi-siècle qu'accourus .V.CS de saint François Xavier, des censés d'apôtres avaient converties Indes, et pourtant la croix arborée sur les côtes ne pouvait pénétrer dans l'intérieur du pays. Les pêcheurs convertis par Xavier étaient demeurés fervents ; mais les classes élevées refusaient opiniâtrement le baptême donné par des Européens. Car les Européens étaient profondément méprisés, et les chrétiens du pays vivaient sous l'opprobre et le poids d'un anatbème universel, indestructible.
Robert en apprenant ces tristes nouvelles , interrogeait sur la source du mal autant que sur ses conséquences déplorables. 11 datait de bien loin , il tenait aux entrailles mêmes d'un peuple dont on avait blessé le génie. D'un côté la croix , présentée par les compatriotes d'Albuquerque , lui rappelait l'épée sanglante et les mœurs des aventuriers qui accompagnèrent le conquérant ; et de l'autre , l'Evangile adopté par la plus méprisée de ses tribus, lui semblait infâme. Jamais peuple ne fut plus en-
télé (to 8â8 difttmctîoas \ et se hit^ ekEQiieo^ c*4tait 66 déclarer pariab.
II. Les Indiens sont partagés en castes on ré* unions de plusieurs famiUes d'un mtoie raoi et d'une mtoke piofessioa. La première de toutes est celle des brahm^^ issus , suivant eux , de U tête de BrahvM leur dieu suprfitae : gardiens de la religioa et de la science » ils sQnt prêtres et docteurs do la nation. Dans la seconde caste ^ sont les rnjaU, qui se disent sortis de^ épaules de Brahm» : parmi m se trouvent les magistrats , les jugi^s et les chefs d'armée. Les chaiUre^^ et les pariahi nés du centre et des pieds du dieu , forment la troisième et U quatrième tribu (1). Aux chotUres appartîeooent tous les arts mécaniques ; et les pauvres porioAs^ ser{& de rinde et lie du peuple 9 sont cultivateurs. Ce o'est pas de trois degrés , mais de deux ou trois cents qu'on les place au dessous des autres» car chaque caste d'Indiens se subdivise en quatre^vingt» et naême dans certaines contrées, en plus de cent autres dont les limites excluent toute espèce de
(1) JoaveD«y , md > n. 46 et 47, M. Dabols donne ainsi la division des castes. « La première et la plas distinguée de fontes est celle des brahmanafis aubrahmes; tiennent emoKe cel\eêe»MutMM ou retjtihê^ colle âeê vHgêêak» ea Meeleon de ratrIeuUiire et de comneroe , et celle deenadref oi Is- ))oiirears et esdaves... la pins nombreuse ««t cellf d#i«(' dras ; elle forme en quelque sorte la masse de la populo (ion, et, Jointe â celle des partoA», elle éqaiyant aux neuf dixièmes de» habitants. » Mœwr$^ insHM/Um» et eérémowei dupmÊpUsdê Vinde (Farta, ImiirlmeHe reyate^ iWDtt*^ Ci, p. |.3< Le père Jfouveaey ayant éerH fiur les mtaoif^^ du tempa dont le parle, Tal cra devoir suivre sa dWisleti*
fasîoq. Les pins hants placés stir cette vaiste échelle regardent avec dédain ceux qui sont plus bas ; et Ton ne peut comprendre en Europe tout le mépris qui pèsesur les derniers. Tous les autres ont quelque degré de noblesse et dominent sur quelqu'un : les pariahs seuls, dominés par tous , sont déclarés în« fâmes. On les dédaigne même au point de les appe* kt gens sans caste; comme s'ils étaient rayés de tous les ordres de la société (1).
De nos jours le commerce arec les Européens a diminué ces distinctions » sur les côtes surtout. Voici cependant le tableau qu'un sayant et zélé missionnaire de notre siècle, M. Dubois, a tracé de l'avilissement des pariahs et de Thorreur qu'ils inspirent.
« Le mépris et Faversion que les autres castes en général , et surtout celle des brahmes , témoignent à ces malheureux^ sont portés à un tel excès que, dans bien des endroits , leur approche seule ou la
(i) royoQê dams Vfndostsm^ par M» Ferria« métên mtssioiH naire des iodeB (Parts, 1807), 1. 1, e. 4, titre 7« ». 304. « Cependant les pari^, dit c«t autour, d« se tieniieiii pas ponr l)al(Q8. Ils premieot le nom faslaen^ de per^onmges de kk ^in droite; et dès lors tous les nobles ne sont pins qa'Aom- ^9 de (a main gauche on de la main sale. Ce nom qoe prennent les parlas dans tons les actes publies, ne lenr^est contesté par personne, et semble prouver quMls n'ont pas tonloars été aytffs. » M. Dubofs, Mesuré^ ineUtHHene et eérémeniei ^ peupêee êe ftnâe, 1. 1, fin da «h. i. p. l«-K^ donne des bch lions sar les rivalités et les combats entre le» caslss de Im «i«in dretU/e et de ia inoIii §Qmeh0. La triba des brahmes et <^elle des rajahs sont neutres dans cette guerre entre la troisième caste soutenne par les savetiers, et la quatrième appuyée par les parlabs,qui font toujours le plus de bruit et de mal.
trace de leurs pieds est considérée comtne capable de souiller tout le voisinage. Il leur est interdit de jamais traverser la rue où logent les brahmes ; s'ils s'avisaient de le faire , ceiix-ci auraient le droit , non pas de les frapper eux-mêmes , puisqu'ils ne peuvent pas 9 sans se souiller ^ les toucher même avec la pointe d'un long bâton , mais de les faire assommer de coups par d'autres personnes. Un pariah qui pousserait l'audace jusqu'à entrer dans la maison d'un brahme pourrait être mis à mort sur-lechamp; et l'on a vu des exemples de cette iniquité révoltante, dans des pays soumis à des princes indigènes y sans que personne y trouvât à redire. »
c Toute personne qui a été touchée y soit par inadvertance, soit volontairement, par un pariah, est souillée par cela seul> et ne peut communiquer avec qui que ce soit, jusqu'à ce qu'elle ait été purifiée par le bain , ou par d'autres cérémonies plus ou moins importantes , selon la dignité et les usages de la caste à laquelle cette personne appartient.»
« Manger avec des gens de cette caste, ou toucher à des vivres apprêtés par eux , et même boire de l'eau qu'ils auraient puisée ; se servir des vases de terre qu'ils ont tenus dans leurs mains; mettre le pied dans leurs maisons , ou leur permettre d'enirer dans la sienne , tout cela offrirait autant de motifs d'exclusion ; et celui qui l'aurait encourue n'obtiendrait de rentrer dans sa caste qu'après de pénibles et dispendieuses formalités. »
« Lespariahs, convaincus qu'ils n'ont rien à perdre ni à gagner dans l'opinion publique , se livrent sans retenue et sans honte à toutes sortes de vices, et
l'on voit régner parmi eux les plus grands désordres, sans qu'ils paraissent en ressentir le moindre re* mords... »
c Ce qui révolte le plus contre eux les autres IndienSy c'est la qualité repoussante des aliments dont ils font leur principale nourriture. Attirés par la puanteur d'une charogne, ils courent en troupe en disputer les débris aux chiens, aux jackals, aux corbeaux et autres animaux carnassiers; ils s'en partagent la chair à demi pourrie , et vont la dévorer dans leurs cabanes^ souvent sans riz ni aucun assaisonnement qui l'accompagne. Peu leur importe la maladie dont l'animal est mort, puisqu'ils empoisonnent quelquefois secrètement les vaches et les buffles pour pouvoir ensuite se repaître de leurs infectes et morbifiques dépouilles. Les corps des animaux qui meurent dans un village appartiennent de droit au totty ou valet du lieu, qui en vend la chair à très bas prix aux pariahs du voisinage. Ces derniers ne pouvant pas consommer en un seul jour la provision qu'ils ont achetée, en font sécher au soleil une partie qu'ils conservent dans leurs cabanes pour les circonstances où ils se trouveront sans autre nourriture. Il est peu d'habitations de pariahs dans lesquelles on ne voie suspendues des guirlandes composées de ces lambeaux dégoûtants.... >
c Faut-il s'étonner, d'après ce qu'on vient de lire, si les autres castes ont horreur de celle-là? Sont-elles si blâmables lorsqu'elles refusent de communiquer avec de pareils barbares, et les obligent de se tenir à l'écart et de se bâtir des villages séparés des leurs? Il est vrai qu'on porte à leur égard les choses à l'ex-
ces; mais... le génie des Indiens les pousse Uwjom vers les extrêmes (1). »
m. Quand les Portugais s'établirent aux Indes, ignorant les limites des castes, ils prirent des par iahs à leur service; ils furent donc réputés înf&mes» et Tanathème pesant sur tous les Européens venus à leur suite, sur les missionnaires comme sur les autres, la conversion des classes élevées fut impossible. Les miracles eux-mêmes ne pouvaient ries sur les brahmes. JPoussés à bout, ils convenaient de la divinité du Christ et de la supériorité de sa doctrine; mais ses ministres étaient dégradés à leurs yeux, et Ton ne pouvait les fréquenter sans se perdre d'honneur et renoncer à sa caste«
Ce préjugé était tellement fort que S. François Xavier lui-môme n'avait pu en triompher. Nulle purt il ne fit plus de miracles que dans la péninsule de rinde ; et cependant aucune caste noble ne se rendit à ses prédications (2).
Jusqu'à l'arrivée du Père de' Nobili, l'eau du bap* tême n'avait guère mouillé que les fronts qui ne savaient pas rougir. C'est un missionnaire du Ha* duré qui, le l^^juin 1700, écrivait les lignes suivantes (3) : « Il n'y a parmi les Indiens que trois sortes de personnes qui aient embrassé la religion cbri^
(i)jraii». i'MiiivMwM et cérémmUs âei peupUs da f^mde, t.l, ch. 5, p.53, 5S-60.
(2) Lettres édifiantes et curieuses^ Mémoires des Indes , 1. 10; Lettre du père Pierre Martin, missionnaire de ta Compagnie de Jésus, au pire Le Gohien, de ta mém^e Compagnie, du MadUfé, U %^ juin 1700, p. 64 et salv. (Paris, 1781).
(S) Le père MarUn^ lettre citée, p. ae*7^
tienne, lorsqu'elle lenr a été prêchée par les mission* nalres d'Europe reconnus pour Européens. Les premiers sont ceux qui se mirent sous la protection des Portugais, pour éviter la tyrannique domination des Maures. Tels furent les Paravas, ou les habitants de la côte de la Pêcherie, qui pour oela, avant même que S. François Xavier vînt dans les Indes, se disaient chrétiens, quoiqu'ils ne le fussent que de nom. Ce fut pour les instruire de la religion qu'ils avaient embrassée presque sans la conâaîlre, que cq grand apôtre parcourut cette partie méridionale dq l'Inde, avec des travaux incroyables. En second lieu^ ceux que les Portugais avaient subjugués sur les côtes par la force des armes professèrent d'abord ^ l'extérieur la religion de leurs vainqueurs. Ce furent les habitants de SaUette et des environs de Goa, et des autres places que le Portugal conquit sur la côte occidentale de la grande péninsule de l'Inde. On les obligeait à renoncer à leurs castes et à prendre le$ mœurs européennes; ce qui les irritait extrêmement et les mettait au désespoir. Enfin la dernière espèce d'Indiens qui se firent chrétiens dans ces premiers temps furent ou des gens de la lie du peuple, ou des esclaves que les Portugais achetaient dans les terres, où des personnes qui avaient perdu leur caste par leurs débauches ou par leur mauvaise conduite. Ce fdt principalement à l'occasion de cesr derniers^ qu'on recevait avec bonté comme tous les autres lorsqu'ils voulaient se faire chrétiens, que le& Indiens conçurent tant de mépris pour les Européens. » < Il y a dans la ville de Goa presque autant de
prêtres et de religieux que de séculiers européens ; les cérémonies de la religion s*y font toutes avec autant de dignité et d'appareil que dans les premières cathédrales de l'Europe; le corps de S. François Xavier, toujours entier, y a été jusqu'ici un miracle continuel et une preuve authentique de la vérité de notre sainte religion; et cependant, quoiqu'on compte dans cette grande ville plus de quarante ou cin* quante mille idolâtres, à peine en baptise-l-on cha^ que année une centaine, encore sont-ce la plupart des orphelins qu'on arrache par ordre du vice-roi d'entre les mains de leurs proches. On ne peut pas dire ici que ce soit faute d'ouvriers, ou faute de con* naissances et de lumières dans les gentils. Plusieurs d'entre eux écoutent la vérité, la sentent^ en demeurent persuadés de leur propre aveu ; mais ce serait une honte pour eux de s'y soumettre, tant qu'elle leur est annoncée par des organes vils et souillés^ selon eux, de mille coutumes basses, ridicules et abominables. C'est ce que les missionnaires qui ve-* naient d'Europe dans les Indes furent longtemps à pouvoir comprendre, ou s'ils le comprirent, ils se contentèrent de déplorer un si étrange aveuglement sans se mettre en peine d'y apporter remède. »
IV. Le nouvel apôtre du Maduré, destiné par le Ciel à renouveler, à étendre même les triomphes de François Xavier, se demanda à I ui-même pourquoi connais^ sant les causes d'une si déplorable stérilité dans le champ du Seigneur, on ne se hâtait pas de les faire disparaître. On avait vainement tenté de répandre la religion chrétienne par les rangs inférieurs : pourquoi n'essayait- on pas à\\giv jmm^diij^iemeni au
contraire sur les rangs les plus élevés ? La grâce pouvait fléchir peu à peu ces âmes ridiculement hautaines, et faire descendre jusqu'au peuple ces brahmes auxquels le peuple n'avait pu et ne pourrait jamais monter. D'ailleurs prêtres et docteurs de la nation, ils avalent une vaste influence ; leur exemple seul devait être tout puissant. Pourquoi ne pas respecter le génie d'une nation, ne pas adopter ses usages, ne pas s'accommoder même à ses préjugés autant que l'Évangile pourrait le permettre? Ses compagnons s'étaient faits frères des pariahs, pourquoi, afin d'aborder les brahmes sans compromettre leur dignité, ne marcherait-il pas leur égal ?
Les premiers apôtres de Jésus-Christ avaient, il est vrai, prêché le peuple avant tout : mais Paul avait parcouru les grandes villes et les synagogues; il avait aitaqué l'aréopage, ébranlé l'obstination des consuls. François Xavier avait passé des pêcheurs aux rois ; et pour paraître à la cour de Bungo, il avait déposé sa pauvre soutane pour endosser une robe magnifique. D'ailleurs les missionnaires jésuites avaient aussi commencé par les humbles; depuis cinquante ans ils vivaient au milieu des pariahs. N'était-il pas temps de songer efficacement au reste de la population? Le voilà donc résolu à tenter un nouveau système.
11 communique ses plans à ses supérieurs ; il consulte l'archevêque de Cranganor et les plus savants Européens qu'il rencontre aux Indes. Son provincial et ses confrères l'approuvent, le prélat le bénit. Il se hâte donc d'exécuter ses projets. Car il est perdu comme les autr^ ^i les brahmes du Maduré Taper-
ç«iire»l «ftm qati\ Mil dev^m mdîM^ aavMl ei saint eûmmA e^a. Il »t (aul pas qu'ite ptûaaesi âife : il >î6nt encttTô boua prôcher le Dim des ps^ahs (1).
(t) JFonyeiicy, fffstûria S, /., p. 5, 1. fa, n. 47, 48. HisMre de lapmpmné ptnâant Us ivr êi xtii« siMês^ pav M. lèepold
d'une itUrcNlticiion iMur M* ▲iQxawlredia Saiot-Cbèroa, t. 4, 1. 7. c 1^ S Yi. Sii$$iQns, p. 157, 159 (Paris» Debécoart, 1858).
B*s=SBm<Hi9i«9B9BaacsssESB9BaBaKsaBC3m