CHAPITRE XL
SUFPBBSSION. DES JÉSUITES EN FBÂNCB : LCTTB DBS PABLBMBNTS
ET DE L*ÉGLISB.
I. L'expulsion des Jésuites du Portugal, eni759,eut quelque chose de si violent et de si arbitraire, que je crois inutile de la soumettre à un sérieux examen. L'histoire a flétri le minisire qui les jeta dans l'exil et dans les cachots. Ceux même qui reconnaissent que Garvalho rendit quelques services à sa patrie, disent : Ce qu'il fit de bien, il le fit à coups de hache. D'ailleurs ses sentences furent revues et solennellement annulées à Lisbonne en 1781 : il fut lui-même déclaré criminel et digne d'un châtiment exemplaire à cause de ses injustices sanglantes ; la vindicte royale ne lui laissa même la vie que par pitié pour ses quatre-vingt-quatre ans (1).
IL Le concile de Trente avait déclaré que l'institut de S. Ignace était pieux et approuvé par le Saint- Siège (2); vingt papes l'avaient loué, confirmé, depuis Paul III, dans sa bulle Règimini de 1540, jusqu'à Clément XIII, en sorte que les vicaires de Jésus- Christ avaient élevé la voix plus de cent fois pendant deux siècles, pour défendre et recommander les con«
(1) Biographie universelle; Cbrist. de Marr, Journal ivf Kunstgeschichle ^ septième partie, p. 280-292; neuvième partie, p. 328-350.
' (2} seMio 25i cap. 16>(
stitutîons des Jésuites (i) : cependant le 9 octobre 476iy le journal du parti Janséniste proclamait ainsi la dénonciation de ce même institut, faite au parlement de Paris par M. l'abbé Chauvelin, le vendredi 17 avril de la même année :
« Rien ne prouve mieux qu'il est un Dieu dans le ciel, qui règle les temps et les moments de toutes choses, que le grand événement dont nous avons à rendre compte. Gomment a-t-on ouvert les yeux si tard sur l'institut des Jésuites, sur leur doctrine et sur l'esprit de leur gouvernement? Ou pourquoi n'a« t>on pas agi plus tôt? Pourquoi tant de faits éclatants survenus depuis deux siècles n'en ont-ils pas accéléré le moment (2) ? »
Le rédacteur des Nouvelles eceUsiattiques parle ensuite de l'instant où Dieu attendait l'orgueil des Jésuites, « pour délier toutes les langues, et pour manifester au genre humain avec toute l'authenticité et la solennité possible, la turpitude de leur enseignement et l'égarement de leur esprit (3). »
Le 17 avril, l'examen de l'institut de S. Ignace fut donc résolu par les chambres assemblées; et Tordre fut donné aux Jésuites de déposer dans trois jours, au greffe civil de la cour, un exemplaire de leurs constitutions, de l'édition de Prague faite en 1757. Dès le lendemain samedi matin^ 18 avril, les Jésuites obéi-
(1} Réponse au livre intitulé : Extraits des assertions, etc,^ Se partie, cb. 11, t. 2, p. 179 et saiv.
(2) Nouvelles ecclésiastiques ou Mémoires pour servir à Vhisloire de la Constitution Uafgeaitus, pour l'année 1761, p. 161, col.i.
(5) Ibid.
rent; et Texeniplaire requis fut apporté par le père Antoine de Montigny, procureur de la province de France (1). •
Le 2 juin était le jour indiqué par Tarrèt du 17 avril, pour entendre le rapport de messieurs les gens du roi. Mais le samedi matin, 30 mai, arriva un ordre de Louis XY portant que Sa Majesté « voulant prendre connaissance par elle-même des constitutions de la Société des Jésuites, ordonnait au parlement de de lui envoyer à Marly, le lendemain dimanche, le premier président avec deux présidents et les gens du roi, qui lui apporteraient l'exemplaire desdites constitutions, remis au greffe, par les Jésuites (2). »
Les magistrats obéirent ; mais après s'être procuré un 9utre exemplaire d^ l'institut. L'examen continua donc; et le 8 juillet 1761, il fqt arrêté qu'il serait nommé de^ conimissaires < à l'effet d'examiner, tant les constitutions de la Société dite de Jésus... que les faits les plus imporiantsconcernant ladite société, arrivés depuis son établissement.., pour être par la cour délibéré ainsi qu'il appartiendra (3). »
Cependant Louis XY par une déclaration du 2 août 1761 « ordonnait que pendant un an, à compter du
(1) Jbid.j p. 168, col. 1. Le journal Jansëalste se (rompe lorsqu'il nomme le père de Montigny ijrovincial. Le provincial était le père Etienne de la Croix, né le 2G sept. 1706, admis dans la Compagnie le 2 cet. 1722, cl cliargé de Tadministration générale de la province, le i5 déc. 1760. Le père de Montigny, né le 9 déc. 1694, était entré au noviciat le 15 ocl. 1710. Voyez première Partie, cli. 1, p. 15, 7Wle.
(2) Nouvelles ecclésiasliques, p. 18â et 183.
(5) Recueil par ordre de dates de tous les arrêts du Parlemenl
jour de Tenregistrement des présentes, ses cours ne pourraient rien statuer ni définitivement, ni provisoirement sur tout ce qui pourrait concerner lesdits institut, constituiions et établissements de ladite société, si ce n'est qu'il eu fût autrement par lui ordonné (i). >
Cet édit n*arrôta pas le parlement qui, quatre jours après, appela comme (Tabus.», généralement de toutes' bulles, brefs, lettres apostoliques, concernant le^ prêtres et écoliers de la société se disant de Jésus , constitutions dMcelle... notamment en ce que son institut serait attentatoire à l'autorité de l'Église, à celle des conciles généraux et particuliers, à celle du Saint-Siège, de tous les supérieurs ecclésiastiques et des souverains (2). »
Le lundi 31 août fut porté l'arrêt ordonnant que les passages extraits des auteurs de ladite société... et leur traduction . . . seraient et demeureraient déposés
de ParUy déclarations, édils, lettres patentes du roi, et autres pièces concernant les ci devant soi-disant JésuitesMCtti^con** tenant les arrêts de 1780,176! eti762 (Paris, Simon Imprimeur do Parlement, Comptes rendus, etc., p. 105, 1766.) Les Nouvelles eceliiiaUiques, pour Vannée 1761, mettent cet arrdt loas la date da 9, p. 196, ool. s.
(1) Nouv. ecelés.^ p. aOB, col. 1 et 2. aeeueil, par ordre de dates, de tous tes arrêts, etc.
(2) Nouv. ecclés., p. 211, col. 1. Procédure contre l'Institut ei les constitutions des Jésuites, suivie au Parlement de Paris, sur Vappel comme d'abus interjeté par le procureur-général du roi; recueillie par un membre du Parlement, et publiée par M. Gilbert de Voisins, membres de la chamlyre des députés (Pari8»182S), p. 47 et 48. Ji^ti^il, par ordre de dates, e(c., arrêt du 6 août
au greffe de la cour... pour être vérifiés et collatlonhés... (i). »
Telle est Porigine des fameuses pièces de conviction réunies et imprimées en 1762, sous le titre suivant, qu'il est bon de rappeler.
Extraits des assertions dangereuses et pernicieuses en tout genre, que les soi-disant /««utt^s ont» dans tous les temps et persévéramment , soutenues, enseignées et publiées dans leurs livres, avec l'approbation de leurs supérieurs et généraux.
Vérifiés et colladonnés par les Commisswres du parlement, en exécution de l'arrêté de la Cour du 31 août 1761, et arrêt du 3 septembre suivanty sur les livres, thèses, cahiers composés, dictés et publiés par les soi-disant Je* SUITES, et autres agites authentiquas,
Déposés au Greffe de la Cour par arrêts des 3 septembre 1761 ; 6, 17, 18, 26 février et 5 mars 1762(2).
III. Voilà donc des vérifications sanctionnées par sept décrets ! Les différentes cours du royaume se servirent de ces pièces; et deux mois et denii.après leur publication, M. de la Ghalottais s'écriait : « Si les Jésuites sont innocents, si les Assertions sont faussesement imputées à leurs auteurs, le générai a dû s'unir au reste de la société pour demander justice. lis ont dû s'inscrire en faux contre les commissaires du parlement et contre le parlement même. Ils ont dû faire imprimer leur plainte et leur justification, pour se laver de l'opprobre dont ces assertions les
(1) 2VOttt7. ecclés., etc,, p. 217, col. 1.
(2) Paris, chez Pierre GuUlaume Simm^ imprimeur du Parlement, 1762.
ont publiquement couverts. Ils ne Tonl pas fait; ils demeurent atteints et convaincus sans retour (1). » .
Les accusations remplissaient un volume in-4* de 542 pages, à double colonne. 11 fallut du temps pour vérifier les testes de plusieurs centaines d'ouvrages incriminés ; les Jésuites ne purent donc répondre par un premier volume in-4°que Tannée suivante, 1763; ils démontrèrent que les extraits vérifiés et colUuionnét par ordre de la cour ne contenaient pas moins de 758 falsifications (2).
Cependant le parlement de Paris, par un arrêt da 5 mars 1762, chargea le procureur général du roi « d'envoyer sans délai lesdites assertions imprimées à tous les évêques et archevêques étant dans le ressort de la cour, attendant du zèle dont ils sont animés pour la religion, pour la pureté de la morale chrétienne, pour le maintien des bonnes mœurs, pour la conservation de la tranquillité publique^ et pour la sûreté de la personne sacrée du Roi, qu'ils se porteront, chacun en ce qui les concerne, à prendre toutes les mesures qu'exige leur sollicitude pastorale sur des objets aussi importants (3). »
(1) Réponse au livre intUûlé: Extraits des asserlionStetc^Uif discours préliminaire, p. lij et Iv.
(2) Ibid,^ 1. 1, Table générale où Von voit les espèces principales^ O'Uc le nombre des falsifications et altérations plus ou moins considérables contenues dans les Extraits des assertions^ etc. Documents historiques^etc.^ concernant la Compagnie de Jésus, t. 2, n» 14.
(3) Procédure contre VInstiiut et les constitutions des Jé^ ittt(€t, p. 154 et 156. Le même Joar est ordonnée Timpression
Le parlement de Toulouse ayant ordonné le même envoi aux prélals de son ressort, Tévêque d'Uzès répondit, le 19 août 1762, au procureur général : « Cetl g collection ne peut avoir été faite que pour surprendre la religion des magistrats, pour indisposer et révolter le public mal instruit contre un corps religieux, estimable par ses vertus et par ses talents. Si on s'était délié des mains suspectes qui ont présenté ce recueil des assertions, si on Tavait fait examiner par gensda métier, non suspects, on y aurait bientôt aperçu, non un vrai zèle pour la saine doctrine, mais un dessein formé de difiFamer et de perdre un corps dont Fallachement à la religion et la soumission aux décisions de l'Église déplaisent et irritent. Malgré les eflforls des extracteurs pour donner un air de nouveauté à ce recueil, et le. rendre par là plus propre à faire une espèce de commotion dans le public, on aurait bientôt montré que ce n'est qu'un recbauffé de pareilles collections mises en œuvre d'abord contre l'Église catholique, par des auteurs protestants, et ensuite contre les Jésuites, par des écrivains intéressés à tirer les Jésuites de la foule; collections condam-
da recueil des assertions, et àa iexle de l'arrêt qu'on yoH en tète, <c afin qu'une pareille doctrine ne paraisse qu'avec la flétrissure la plus forte et la plus authentique. » Ibid, p. 153 eti57. Ce sont les paroles du magistrat qui proposa et fit adopter cette mesure. Ceux qui étalent dans le secret des nombreux et criminels mensonges que la cour allait signer pour les rendre anthenliques, ne craignirent donc pas de compromettre Thonneur du parlement aux yeux de rimpartlale histoire!
nées dans'leOr temps au feu p^r plusieurs cours souvernînes, comme libelles diflîimatoires(l). »
(l) Documents hisloriqucs, elc, concernant la Compagnie de JéiU5,Li>,n. m, p. 16. II yaurailloul un mémoire à écrire sur la mélamorphose dece f ecueîl d'imposlaros ébauché à Genève par laRérorme, et perÀîedofind à PA^Is par le Jansénisme. J'empronle la noie ralvimle â La t^itUé défendug ei prouvée par les fa&s contre h$ eéhmmiof amiennei el nouvelles^ c. tut, P'i 05 (Poloel^, i^l? ; Avignon, i$25, p.^5, par 1 e P. de Rozayeo} «En 1632, le proteslant DamqulJQ composa un libelle qu'il fit imprimer à Genève el qu'il tolilola, Ca/a/o(/Mg oudénom'^ hrement des traditions romaines; c'est à TËglise catholique qu'il en voulait. En 1642, le même ouvrage reparut sous le litre de Théologie morale des Jésuites, etc., et fut atlrlbuë dans le temps au docteat Arnaud, qui voulsMt se venger des attaques des JèsoUes contre le livre de Jaftsémius, qui eommen- Çaii à paraître. Et» iêbS, on le reproduisit eneore sous le nom des curés deFr^nce, avçc le tMre de Nouvelle Rhéologie mar^i-le des Jésuites et des nouveaux easuisies. Ce Tut Port-Royal Qui fll celte nouvelle édition. Le docteur Perrault donna <îQcore en 1667 la Morale des Jésuites; et c'était toujours le Diême ouvrage : 11 ne Ût, comme les autres, que faire disparaître du catalogue de ITumoulin Tes auteturs qui n'élaient i^as Jésuites. Pascal rémania ce même H^elle dans ses ^roHncialés, êou8\a forme (|e plaisanterie. Ces reproductions du mémo ouvrage^ toaioors cofidamaées p^r Paotorlté ecclésiastique, furent également flétries par rauLorilé civile, et brûlées en 1644, en 1667 et en 1670. Enfin ce même ouvrage foi eneoré Fe^rèdoit au temps de la d€âtrac(km des ^^suites, en f ajeutaiit q«iefi|Éèe neiiw île pk», et on lof ^ouna pour tlt»e : E»iTûUê 49$ iiMt#Mi>nr dcOngeirvim» et perlieuses, en tout gentê, iue lessoi-âisanè JévuHet^ etc. Yoyez 3QS8i Mes doutes sur Vaffaire présente des Jésuiiês, S» doute, P* ^; Dœumenêê Mêioriqfm^ Ha.^ eewMmu^iiU lu Om^agnie
L'évêque de Castres répondit au même magistrat : « Nous ne pourrions, monsieur, qu'applaudir à une démarche aussi sage, si les circonstances qui ont précédé et accompagné cet envoi ne nous donnaient lieu de craipdre que Taccusaiion n'ait tenu lieu de conviction, et que l'horreur du spectre que l'on a présenté, n'ait fait songer plutôt à le combattre et à le détruire qu*à s'assurer de son existence (1). »
N'importe, le spectre était dénoncé; il fallait en finir avec lui. Si la justice devait condamner une chimère, les Jésuites devaient porter la sentence; et c'est uniquement ce qui importait au parti Janséniste. Port-Royal criait du milieu de ses ruines : à tout prix il faut détruire Garthage (2) !
Les philosophes en disaient autant. Écoutons d'Alembert : il va nous déclarer s'il fallait être scrupuleux sur les moyens à prendre pour triompher des Jésuites. « Ces pères, dit-il, ont même osé prétendre, et plusieurs évêques leurs partisans ont osé Timprimer, que le gros recueil d'assertions extrait des auteurs jésuites par ordre du parlement, recueil qui a servi de motif princip^il pour leur destruction, n'aurait pas dû opérer cet effet; qu'il avait été compilé à la hâte par des prêtres fansénîstes, et mal vérifié par des magistrats peu propres à ce travail; qu'il était plein de citations fausses, de passages tronqués
de Jésus^ n^'S, 1. 1 (Paris, 1827), V Instruction. pastùraUàe M. de Beaumont sur les atteintes dannées à Vautorité de l'Égliu par les jugemems des tribunaux séculiers^ dans Vaffairedes Jésuites, 5« partie, lx, p. 171 (Paris, 1774).
(I) JWa., p. 27.
(2j la Vérité défendue et prouvée par les faits^ chap. vm.
ou mal entendus, d'objections prises pour les réponses ; enfin de mille autres inûdélilés semblables...
« La plainte des Jésuites et de leurs défenseurs fut-elle aussi juste qu'elle le paraît peu, qui se donnera le soin de vérifier tant de passages? En attendant que la vérité s'éclairclsse (si de pareilles vérités en valent la peine), ce recueil aura produit le bien que la nation désirait, l'anéantissement des Jésuites; les reproches qu'on est en droit de leur faire seront plus ou moins nombreux; mais la Société ne sera plus; c'était là le point important (1). »
Je ne prétends pas faire peser la responsabilité sur tous les membres du parlement : trop d'hommes honorables y siégèrent. Pourtant ils eurent tort de s'en fier aux vérifications de leurs commissaires. Avouons aussi que, grâce au silence imposée sous peine de la corde et du feu, la vérité pouvait difScir ïement parvenir jusqu'à eux. En 4762, tous les ouvrages qui venaient d'être publiés en faveur des accusés furent brûlés par ordre du parlement (2).
Le 42 janvier 1763, d'AIcmbert écrivait à Voltaire: « Le Châtelet vient de décréter Caveirac de prise de corps, pour avoir fait t Appel à la raûon,'en faveur des Jésuites. Tous ces fanatiqnes en appellent de part et d'autre à la raison; mais la raison fait pour eux comme la mort :
La cruelle qu'elle est se bouche les oreilles, El les laisse crier.
(1] Sur la dêslruclion de$ Jésuites en France^ par un auteur désintéressé (ne^)^ p. iU'iéQ.
(% Documents histfyriqueSfetc^eoneemant la Compagnie de Jésus, l. £, p. SS2. e**
« On dît que frère Grijet pourrait bien se trouver impliqué dans raffaîre de CaveiraCy qui très sagement a pris )a fuite. Notez que ledit Caveirac est Tauteur de VApoloyie de la Saint-Barthélemi^ pour laquelle on ne lui a pas dit plus haut que son nom; mais on veut le pendre pour VApologie des Jésuites, Aîi surplus, pourvu qu'il soit pendu, n'importe le poiirquoi. Le parlement vient de faire pendre un prêtre pour quelques mauvais propos; cela affiriande ces messieurs, et l'appétit leur vient en mangeant (4). »
Voltaire, accoutumé à se jouer de tout, lui répondit six jours après, c Les Jésuites ne sont pas encore détruits; ils sont conservés en Alsace ; ils prêchent à Dijon, à Grenoble, à Besançon ; il y en a onze à Versailles, et un autre qui me dit la messe...
« Pour l'autre prêtre qu'on a pendu pour avoir parlé, îl me semble qu'il a l'honfaeur d'être unique en son genre; c'est, je croîs, le premier depuis la fondation de la monarchie, qu'on se soit avisé d'étrangler pour avoir dit son mot; mais aussi on prétend qu'à souper, chez, les Mathurins, il s'était un peu lâché suTYùbbéChauvelin; cisla rend le cas grave; et il est bon que ces messieurs apprennent aux gens à parler.
« Depuis quelque temps, les folies de Paris ne sont pas trop gaies ; il n'y a que l'opéra comique qui soutienne l'honneur de la nation (2). n
(1) md.j p. 241 et 242.
(2) OEuvres complètes de Yoltafre, t^ 68, p. 259. L*abbé Ghaavelin était plein de feu, peUt et contrefait. Roy fit celte ëpigramme contre lui :
Quelle est cette grotesque ébauche?
Est-ce un homme? est-ce an sapajoà?
Quand l'archevêque de Paris, Christophe de Beaumont, TAthanase du dix-huitième siècle, publia» le 28 ociobro 1763, sa célèbre Instruction pastorale sut les atteintes données à r autorité de l* Eglise par les juger • ments des tribunaux séculierSf dans t affaire des Jésuites^ les archevêques d'Auch, d'Aix, de Rouen, les évêques de Langres, de Saint-Pons, de Sarlat, d'Amiens, de Lavaur, de Vannes, du Puy, d'Uzès, de Pamiers, da Grenoble et successivement tous les prélats dt^ royaume la souscrivirent, à l'exception de quatre ou cinq. Mais le parlement de Paris, au lieu d'aller chercher la vérité dans ce plaidoyer remarquable, au lieu d'interroger les évoques de France, juges plus com- ' pétents et plus éclairés que lui dans des matières de discipline et de doctrine théologique, condamna le mandement de son archevêque à être lacéré et brûlé par la main du bourreau. Le roi fut même obligé d'exiler ce prélat courageux à la Trappe^ afin d'apaiser sa cour de justice (i).
Cela parle... Une raison gaache
Sert de ressort â ce bijôa.
Il veut Jouer no personnage ;
11 prête aux fous son firôie appui ;
Il caresse 4a propre image
Pans les ridicules d'aatrai ;
Et s'exlasie à chaque ouvrage
Hors de nature comme lui.
(1) Documents historiques, etc., concernant la Compagnie de JétHS, t. 3, n. 18, préface de Véditeur, p. xxj et xxlj. Nouvelles ecclésiastiques, pour Vannée 1764, du 12 mars, p. 41-44. Le décret du parlement est du 23 Janvier 1764. 11 se trouve dans le Recueil par ordre de daêes de Sous les arrêts, etc. (déjà Indiqué), I. 4.
Qu'avait-il donc fait ce pasteur Uvré, disaient les magistrats, au fanatisme et à l'esprit dejaction? Il avait examiné, discuté le recueil intitulé : Exlraili dei assertions, instrument de la proscription des Jésuites, et démontré six choses; savoir, que cette étrange compilation était : !<> inopportune ; % inexacte; 3® pleine de partialité; 4» remplie d'erreurs dogmatiques; &> fondée sur des textes mutilés, altérés, décousus, pris dans des sens tout opposés à ceux des auteurs; &" enfin inspirée non par l'équité, mais par la passion et la violence. Récapitulant ensuite son argumentation nerveuse, il s'était écrié en s'adressant aux fidèles de son diocèse:
« N'allons pas plus loin, mes très chers frères, l'ouvrage que nous venons d'examiner peut causer tant de maux, que l'esprit est indigné et le cœur flétri par la lecture d'une collection si pernicieuse. C'est un tableau de vices et de crimes, qui apprend le mal à ceux qui l'ignorent, qui le présente à ceux qui le fuient> qui ménage des ressources à ceux qui l'enseignent, qui fournit des prétextes à ceux qui le commettent. C'est une école où l'on attaque les bons principes en prétendant les défendre, où Ton corrompt les mœurs en voulant les réformer, où l'on insinue le poison de Terreur en montrant un faux zèle pour le dogme.
«Telle est l'idée que vous devez avoir du livre des Assertions, Vous avez vu les rédacteurs de ce recueil formfT les plus graves accusations contre un corps religieux, sur le fondement d'un système imaginaire d'unité de sentiments et de doctrine. Système chimérique dont rinveiUion, faux dans la supposi'
lion, impossible dans l'exécution, et contredit dans le fait par la seule diversité d'opinions qui régnent parmi ceux à qui on Tattribue.
« Vous les avez vus remettre au jour les horreurs qu*il aurait fallu laisser dans les ténèbres profondes où elles étaient ensevelies ; traiter dès matières propres à souiller Timagination et corrompre le cœur.
« Vous les avez vus rassenibler un grand nombre de textes, comnlie pour semer Talarme dans le camp du Seigneur, et reprocher aux premiers pasteurs; d'avoir laissé entrer l'eïiriemi dans l'héritage de Jésus-Christ^ tandis que le Saint-Siège et le Corps épiscopal n'ont jamais cessé de veiller à l'intégrité delà foi, et à la pureté de la morale.
tt Vous les avez vus confondre des sentiments qu'on agite librement d»ns les écoles catholiques, avec des opinions qui en Mt été légitimement proscrites; mettre au noiàbA^ dis- errêiiâ^ plusieurs assertions dont les contradictoireB ont été' condamnées par le Saint-Siège réi par lès évèqùed ^France. '
« Vous les avez vus traduire si mal- les textes dont ils faisaient la base de ieors aeéusations, qu'on 'ne peut les excuser qu'en disant' avec S. Jérôme, « qu'ils ont rendu les choses non confime ils les avaient trouvées, mais> comme ils les ont enten4 dues.
« Vous les avez vuscbangeldes motsetdës noms, supprimer des autorités, rapprocher des textes "séparés, isoler des matières liées ensemble. *
«Vous les avez vus enfin manquer à l'équité, en confondant les auteurs anonymes avec les écrivains avoués par la Société; en renversant l'ordre des.
lempSy pour ne laisser aucun vide dans leur tradition imaginaire; en mettant au nombre des régicides une multitude de Jésuites qui n'ont pas même traité les questions relatives à cette matière.
« Or, mes très chers frères» un duvrage entrepris sans nécessité et compilé sans exactitude; un ouvrage où Ton a violé toutes les règles de T impartialité, de la vérité et de Téquité; un ouvrage, en un mot, qui rassemble presque tous les traits de tant de libelies que les parlements ont flétris, comment a-t-il pu servir de fondement à la proBcrIption des Jésuites (l)î »
Y. Reprenons le cours des événements. Louis XV vit bien dès le début que ses parlements allaient trop \çk\n ; il aurait voulu évoquer Taffaire à son conseil, et prendre l'avis des juges ecclésiastiques, seuls composts eii matière de discipline religieuse et de doctrine iliéologique. Dès le 35 novembre de Tannée 1764, le comte de Saint-Florentin, ministre de la maison du roi, écrivit au cardinal de Luynes la lettre suivante :
« Le roi étant aoluellemeat occupé de l'examen de rinstitut et du régime de la Soeiété des Jésuites, afin d'y pourvoir ainsi qu'il le jugera à propos; 8a Majesté a reconnu, par le compte qu'elle s'en est déjà
(I) Mand^metUs^ Mires ei imlruetions pastorakê de monseigneur Varchevéque de Paris, depuis 1763 jusques el comprit 1774, t. 2, p. 168 (Paris, 1774)« Ce mandement se trouve aussi dans les Docytments hisloriques, elc^ concernant la Compagnie de Jésus, t. 5, n. 18; el dans la brochure f îliluléc : L'Église^ son autoriléj ses instiluUons et l'ordre des Jésuites^ etc.^ par un homme d'état, p. 127-129 (Paris, Debëcourt, 1844),
fait rendre, que dan& une affaire de cette nature et aussi instante, il était de sa sagesse de savoir quel est le sentiment des évoques... Elle désire que Votre Éminence confère, avec ceux qui sont actuellemeql à Paris, sur les points qui suivent :
« lo L'utilité dont les Jésuites peuvent être en France, et les avantages ou les inconvénients qui peuvent résulter des différentes fonctions qui leur sont confiées ;
c 2o La manière dont les Jésuites se comportent dans renseignement et dans leur conduite, sur les opinions contraires à la sûreté de la personne des souverains, et sur la doctrine du clergé de France, contenue dans sa déclaration de 1682, et en général sur les opinions ultramon laines;
« S*" La conduite des Jésuites sur la subordination qui est due aux évèques et aux supérieurs ecclésiastiques, et s'ils n'enireprennnent point sur les droits et les fonctions des pasteurs ;
« 4*" Quel tempérament on pourrait apporter en France à l'étendue de l'autorité du général des Jésuites, telle qu'elle s'y exerce (1). »
Tous les cardinaux, archevêques et évèques alors à Paris se réunirent donc le 30 novembre; et douze commissaires furent chargés d'examiner les quatre articles indiqués par le roi. Ce travail dura tout le mois de décembre.
Les Jésuites de la province de Paris crurent alors
(1) Collection de$ protèe-verbaux det asumblées généraUs dm clergé de France, c(c., t. vni, seconde partie^ Pièces Jusli/icalivei n. 1, p. 350.
qu'une déclaraiion publique et solennelle de la manière dont ils interprétaient leurs règles était nécessaire pour répondre aux calomnies de leurs accusateurs. Ils signèrent tous, au nombre de cent seize, le 19 décembre, une protestation adressée aux prélats assemblés par ordre de Louis XV, dans laquelle ils proclamaient leur horreur pour la doctrine du régicide, leurs égards pour les quatre propositions de l'assemblée de 1682 , leur soumission aux évêques, et enfin les limites de leur obéissance à leur général y dans le cas où il leur donnerait des ardres contraires aux lois du royaume et aux droits des éyéques. « Persuadés, dirent-ils, que nous ne pour* rions y déférer sans péché, nous regarderions ces ordres comme illégitimes ,' nuls de plein droit,' et auxquels même nôiis ne pourrions, ni ne devrions obéir en vertu des règles* de Tobéissance eii général, telle qu'elle 'est prescrite par nos constitutions, i»
Le clergé de France adopta cette déclaration et la fit imprimer dans ses mémoires (1). Elle était* de nature à rassurer les esprits les plus prévenus : mais nous allons voir* les attestations même de l'Église de France rejetées par des juges décidés à ne rien entendre en faveur des accusés.
Cependant la commission nommée pour Fexamen des questions proposées par le roi, fit quatre réponses entièrement opposées aux conclusions du parlement. Elles furent lues en pleine assemblée, et adoptées par quarante-cinq prélats et par les deux agents généraux du clergé. Six seulement furent d'un autre
(1) iHd., p. 549«55i.>
avis : à leur tdtese trouvaii le cardinal de Ghoiseul dont le nom rappelle la guerre faîteaux Jésuites (1). 11 proposa donc, avec quatre évoques-, quelques jnodifications au régime de la Sociétés Le seul évèque de SoissonSy M. de Pitz-James, fut pour Teùtière suppression de l'ordre, qu'il-prétenidait être non seulement inutile,' mais dan^reux. Il envoya donc à Louis XV une lettre à parti dans laqqelle il rendit cependant à ceux> qu'il condamnait ce témoignage honorable : c Quant à leurs niœurs, elles sont pures. On leur rend ''volontiers la justice de'recontiaitre qu'il n'y a peut-être point d'ordref dans TÉglise, dont les religieux soient plus réguliers et plus ausières dans leurs mœurs (2): »
L'assemblée adressa au roi un mémoire que sa longueur m'empêche seule de transcrire. Il est difficile.d'imaginer une réponse plus favorable aux Je-* suites : on peut en juger par ce passage du dernier article, concernant TautôÉté du plierai.
• ff Après avoir examiné. Sire, avec la plus grande attention, dans les constitutions des JésùUes, quelle est l'autorité du général et les objets sur lesquels elle s'étend, nous avons reconnu que l'obligation à l'obéissance envers le général est au moins aussi res-
(1) ibU.^ p. 331 et 332.
(2) Picota en rapportant ce tëmoigûage, ajoute : « Cet aveu d'an ennemi pourrait répondre à plus d'un reproche. Il serait moralement impossible que toute une société fût pure dans ses mœurs, et professât des principes corrompus. » Mémoires pour. servir à V histoire ecclésiastique pendant le dix-huitième sièclcy année 1761, sonov., t. â, p. 406 et 407 (Paris, iSfô). ^
treinte dans les constitutions de cette Gompagaie, que daps celle des autres religieux...
« Il y a. Sire, dans les autres ordres mendiants, encore plus de religieux assujétis à des généraux étrangers par le lien de l'obéissance ; pourquoi les Jésuites seraient*ils les seuls redoutés? 11 n'est point de corps dont l'État n'ait quelque chose à craindre, s*il sort de ses devoirs et de sa légitime subordina* tion. Faut-il pour cela supprimer et anéantir tous les corps? La craîAte des abus doit-elle faire détruire ce qui procure actuellement un bien réel ? D'ailleurs, SirCi les Jésuites sont toujours sous l'autorité des lois, ^t elles veillent sans cesse pour les rappeler à leurs devoirs, s'ils avaient le malheur de s'^i écarter...
« C'est, sans doute» par ces considérations que le concile de Trente a approuvé ces constitutions avec éloge ; que N. S. père le Pape Benoît XIV» dans sa l)uUe Depoium^ en 1746, les appelle des lois et des constitutions les nlus sagw : Exptœ^cripto aapieniU' iin^arum legum ei consiiMl^num ab eodem Ignatio cotatiputare ipm tradîUirum; le clergé de France, en 1574, de bonnes eomUuUom. Et le grand Bossuet disait qu'on trmviUt cent ttaiiê ie sageue danê ce véniraUeInstitia(i)' C'est ce qui a engagé les fondateurs de plusieurs ordres qui se sont établis depuis à former une grande partie de leurs règles sur le modèle de ces constitutions.
< Par ces raisons, nous pensons, Sire, qu'il n'y a aucun changement à faire dans les constitutions de
(1) Maximes et réfleœions surlaeomédie^ èdit.de 1674, p. 138 et 139; édU. de Lebel (Vc^rsallles, iSfS), t. 57, p. 613.
la Compfignie de Jésus, par rapport à ce qui regarde l'autorité du général. Votre Majesté nous permettra même de lui représenter^ que quand il y aurait quelque réforme à faire à ces constitutions, elle ne pourrait être faite, selon les lois caitoniques, selon Tusage de tous les temps, selon la discipline de l'église de France, et même suivant les maximes constamment suivies de vos cours de parlernent, qu*avec le concours de N. S. P. îe Pape, des évoques de votre royaume et delà congrégation générale des Jésuites... que depuis cent cinquante ahs, cette autorité du général n'a pu être nuisible à TÉtat, que dans une seule circonstance, en 1681 , et que l'épreuve où on ai mis pour lors la fidélité des Jésuites de France à leur Souverain, n'a servi qu^à letir mériter de la part de votre cour de parlement, le témoignage qu'on ne surprenait point leur sagesse, et qu'on ne corrompait point leur fidélité; que Heiiri IV (1) un de vos augustes prédécesseuTS, a cru, même dans le temps où son État était dans la plus grande fermentation, et où on s'efibrçâil de lui Inspirer beaucoup de défiance des Jésuites , qu'il n'avait besoin , vis-à-vis d'eux, d'autre sûreté que de celle âe la résidence ordinaire d'un d'entre eux, auprès de sa personne, pour être son prédicateur, et de l'établissement d'un assistant français à Rome auprès du général (2).
(1} Henri lY finissait la lettre qu'il avait daigné écrire â la Congrégation générale, par ces paroles : Vos horlamur ad relinendiam insliluH vestri inUgrilalefn et splendorem, Nous vous extiorloDS à conserver Vlntégrité et la splendeor de Yotre Institut.
(3) Le Général ayant fait connaître à la Congrégation, en
« Cessûretés subsistent toujour.^^ Sire;elé(ant prou* \é par une expérience de plus de cent cinquante ans qu'elles ont été sufDsantes^ il n'y a nulle néçe.ssitéd'y en ajouter de nouvelles ; qu'enfin les dispositions de l'édit de 1603, et Ja déclaration que les Jésuites ont remise entre les mains de Votre Majesté, par laquelle ils reconnaissent clairement que si leur général leur ordonnait quelque chose de contraire aux lois de votre royaume, et à la soumission qu'ils doivent à Votre Majesté, ils regarderaient ces ordres comme nuls et illégitimes, et auxquels ils ne pourraient, ni ne devraient déférer, même en vertu de l'obéissance envers leur général, telle qu'elle est prescrite par leur constitution, .paraissent avoir pourvu, sire, à tout abus que.le général^ des Jésuites pourrait faire dans votre royaume (1). ». , ,
VI. L'année suivante , 1762 , s'ouvrit le 1" mai, à Paris, une assemblée générale du clergé de France , réuni extraordinairement pour fournir des subsides au roi, attendu les frais d'une guerre longue et ruineuse contre les Anglais. Le 9, à dix
4608, le désir da Roi à ce.spjet, elle rendit un.décret où elle dit : Quia non exigua res ista SqeîekUis erga Regem chrislia' nissimum, pro lam singularibus ab ipso in eam collatis bene/idis, gralUudinis et propensœ in ipsum voluntatis esse videbatur argumentum,summa omnium éoimensioneetcommuni quadam animorum lœtitiœ atque alacrilalis signiflcatione quinlum assistenlem Galliœ ProvincUs concedendum esse. Décret. I Congregat. vr, t. '],p.{^6.
(1) Coileclion dee procès-verbaux des assemblées générales du clergé de France, etc., (. vni, 2« partie^ Pièces Sustificat,, n. 1,
heures du matin, les prélats furent admis à Versailles à l'audience de leurs majestés le roi et la reine ; et l'archevêque de Narbonne haranguant Louis XYy au nom de tout le clergé de son royaume^ lui dit entre autres choses : « Sire, toujours disposés à partager les pains sacrés avec les guerriers d'Israël, les ministres de l'Église ne feront jamais entendre ni plaintes, ni regrets, que lorsqu'une impuissance absolue mettra des bornes insurmontables aux effets de leur amour et de leur zèle.
« Que ne pouvons-nous garder le même silence sur les attaques redoublées que reçoit le dépôt sacré qui nous est confié I Malheur à nous, si nous dissimulions des entreprises aussi réitérées qu'elles ont été in* connues jusqu'à nos jours (1) ! »
Ces pasteurs des peuples avaient en effet de graves remontrances à faire au monarque dont la faiblesse enhardissait les ennemis de l'Église. Les assemblées provinciales avaient recommandé à la vigilance de rassemblée générale l'affaire des Jésuites poursuivis par les parlements de Paris, de Rouen et de Kennes (2). 11 fut décidé dans la séance du 18 mai que l'on ferait de la conservation de ces religieux le sujet d'une lettre à Sa Majesté (3)« Cette pièce étant composée, fut lue et approuvée à l'unanimité dans l'assemblée du 21 juin. Le lendemain tous les évoques et tous les députés la signèrent; et Mgr l'archevêque de Narbonne fut prié de la présenter au roi,
(1) J&id., t. Tiir, "i* partie, Astemblée de 1762, p. 1024 ti 1025«
(2) ibid, p. 104S.
(3) Itid.y p. 1049.