II
testable; que les choses en étaient venues au point < que ceux même dont on célèbre partout, comme un droit héréditaire, l'antique piété et la libéralité envers la Compagnie de Jésus, savoir, nos très clvers fils en Jésus^Ghrist les rois de France, d'Espagne, de Portugal, et des Deux-Siciles, ont été contraints d'expulser ses membres de leurs roy a umes (1 ) » ; et c'est encore un fait dont j'ai moi-même constaté la vérité. Mais ce tumulte, ce désordre doit*!! être attribué i la faute des Jésuites ou de ceux qui crièrent contre eu\*! aux enfants et disciples de 'S. Ignace, aux successeurs de S. François Xavier, aux frères de Borgia, de François Régis, de Louis de Gonzague, de Stanislas, et de plusieurs autres dont l'Église vénère la mémoire, ou bien aux disciples de Jansénius, aux élèves de Port-Royal, aux philosophes soulevés par Voltaire? Le roi très-chrétien avait été forcé de chasser les Jésuites de France pour faire taire les cris. Mais étaient-ce les cris de sa conscience ou ceux de sa maîtresse? Voilà ce qu'il aurait fallu définir, et sur quoi le bref garde le silence.
Tout juge qui prononce un arrêt afiirme deux choses, l'existence du crime et la convenance de la peine. Clément XIV décide la seconde et ne dit rien sur la première. Gar se contenter de rapporter des accusations, comme accusations, et ne pas ajouter qu'elles sont vraies, n'est-ce pas garder le silence sur la culpabilité? Or c'est ce qu'a fait le Pontife. La peine qu'il inflige n'est donc pas un châtiment, mais
(1) Bullarii romani corUinualiOj etc., t. 4, p. 613^ col. 2, §23 (Romae, 1841}.
un sacrifice fait àTespoir de la paix; sa sentence n'est donc pas exigée par la justice, mais c'est une mesure administrative conseillée par l'embarras du mo* ment (1).
Fut-elle légitime? Oui, car le Saint-Siège avait le droit de supprimer ce qu'il avait lui-même établi. Fut-elle prudente et opportune? Beaucoup de gens l'ont nié : moi je respecte avec mes pères l'étrange situation dans laquelle se trouva le vicaire de Jésus- Christ; et je regrette que cette fois le S£^crifice de Jonas accordé à la fureur des flots n'ait fait qu'enhardir la tempêie. Vingt amées après, l'Église de France vit quatre-vingt-treize; et le successeur près* que immédiat de Clément XIY, dépouillé non plus seulement d*Avignon,deBénéventetde Pon!e«Corvo, mais de tous ses états, mais de sa liberté, ût revivre
(1) Il le dit lut-môme. « Nos prédécesseurs ont toujours préféré la méthode qui leur a piiru la plus sage et la plus propre à fermer la porte aux discussions, et â écarter toute dissension et toute animosité de partis. Ainsi, négligeant les formalités pénibles et embarrassantes qui sont d'usage dans les tribunaux Judiciaires , ne consultant que les lois delà prudence, ils ont exécuté ces opérations en vertu de la puissance qu'ils ont reçue comme vicaires de Jésus-Christ sur la terre, et comme suprêmes modérateurs de la république chrétienne, sans donner aux ordres réguliers, destinés à la suppression, la faculté de suivre les voies de droit, de repousser les accusations les plus graves^ ou de détruire les motifs qui avaient engagé à prendre une telle résolution. Ayant donc devant les yeux ces exemples, etc.» jBuHaru rom* coniinualio, etc., t. 4, p. 610, col. 2, § 14.
pour la consolation des fidèles Tordre vainement immolé à leur repos.
Précisons davantage la question. La condamnation ne pouvait tomber que sur les règles des Jésuites, ou sur leurs mœurs et leur conduite, ou sur renseignement de leurs écrivains et de leurs écoles. Les parlements de France voulaient que Ton condamnât leur Institut et leur fidélité à des constitutions funestes : la Péninsule, au contraire, voulait que respectant leurs règles, on les punit comme infidèles à de saintes lois rédigées par un saint et sanctionnées par l'Église. Sur ce premier chef les magistrats du royaume très-chrétien furent déboutés de leur inique et insultante demande : le juge suprême, au lieu de maudire l'Institut d'Ignace, rappela tout ce que ses prédécesseurs avaient exercé de libéralité et de magnificence envers la Compagnie de Jésus (1). Aussi les parlements ont-ils refusé d'enre: gistrer le bref, qui jamais n'a été publié en France.
L'Espagne et le Portugal au contraire le reçurent avec plaisir. A son arrivée, tous les canons de Lisbonne tirèrent à la fois, comme à la nouvelle d'une grande victoire. Avignon, Bénévent et Ponte-Corvo furent rendus dans Tannée môme (2). Mais un peu de calme et de réflexion fit voir que le triomphe était illusoire^ puisque sur les deux autres chefs d'accusation rien n'avait été défini.
(1) /bid., p. 6ll,co1.l,S17.
(2) Le bref demandé fat donné le 21 Juillet 1773; et le 17 Janvier 1774 le Pape tint un consistoire secret où il déclara que le roi trës-cbrétien et Ferdinand, roi des Deux-SicUes,
En effet, le Bref dit qu'on impute bien des choses à la Compagnie de Jésus, et en particulier d'être trop avide des biens de la terre; voilà la phrase la plus forte. Mais il ne dit pas si c'est à raison ou à tort qu'on le lui impute (1).
De même par rapport à l'enseignement, je défie de trouver une proposition plus défavorable que celleci : « L'univers fut de plus en plus rempli de disputes les plus fâcheuses à l'occasion de la doctrine que plusieurs déférèrent comme opposée à la foi orthodoxe et aux bonnes moeurs. » Mais ici encore rien n'est statué sur la vérité de l'imputation (2).
Cependant, si la doctrine générale de Tordre était mauvaise, il était du devoir de Clément XIV de la flétrir solennellement. Comment aurait-il oublié de le faire lorsque l'Église gémissait sur les prédications impies de la philosophie voltairienne; lors-
riavitaient à rentrer dans la possessioa de ses domaines. Nos ullro compellurU^ et tanqmm sua ipsi manu amantissime inducunt. Bull, rom, continuatio, etc., t. 4, p. 666-668.
(1} Le bref de suppression Dominus ac Redemplor noster, dit le protestant Schoell^ ne condamne ni la doctrine, ni les moeurs, ni la discipline des Jésaites ; les plaintes des cours contre l'Ordre sont les seuls motifs de sa suppression qui soient allégués, et le Pape la justifie par des exemples précédents d'ordres supprimés par respect pour Topinion publique... Toutes ces suppressions, comme Clément XIV l'observe, ont été prononcées non par jugement , mais par de simples motifs de prudence. » Cours d'histoire des étals européenSf t. 44, p. 83.
(2) ibid,, p. 612, col. 1, g 20. Rappelons-nous les disputes de la Chine et du Malabar.
que lui-même, trois ans auparavant, le 21 mars 1770, avait écrit à Louis XV que le premier devoir de sa charge était de réprimer la licence des mau* vais livres avec tout ce qu'il avait de force, de sagesse et d'autorité (1) ? La môme année, tous les évoques de France, assemblés à Paris, réunissaient leurs voix pour pousser un cri de terreur capable d'éveiller le monarque qui s'était endormi dans le sein de la volupté, tandis qu'une presse impie compromettait à la fois la sûreté de l'État et de l'Église; et ces mêmes prélats, neuf ans aup^uravant, le 30 décembre 176*2, avaient solennellement déclaré, comme nous l'avons vu, qu'il n'y avait rien à réformer dans l'enseignement des Jésuites (2).
Ce silence de l'Église sur la doctrine des Jésuites, si elle était pernicieuse, serait d'autant plus inçoncei vable qu'elle parut approuver des livres alors condamnés par les parlements. Ainsi, au moment même
(i) Bullarii rom. conlintuUiOy, t. 4, p. 150, i 2> Yayex Pieot, MémQir^9 pow servir à Vhisêeire eccléHa$H9U0y année 1770, i" mars, t. 2, p. 5S1 et soiv.
(â) Chapitre XI* Voyez les aasemblèea 4a clergé de ITSO,
4755, 175S, 1765, 1770, I77S, 1775; tOQS leurs pcaeè»-VM^
baux sont pleins des alarmes qae les mauvais Uvres inspiraient aux ëvêques, et des précautions d prendre poar g drantir les fidèles du danger de la séduction. L'assemblée d« 1770 veut donner des preuves de satistactlon à c^ux qui (At bien mérité de la religion par les écrits qu'il» ont publiés pour la défendre ; et le nom du P. Bergier, ex-Jésaite, est le premier qui se présente. Coll^clio» det preeèê^verham i^ asêemblées générales du clergé de France^ t. 8, £• partie, p* 18Sûi et 1821.
OÙ Paris voyait la théologie morale de Busembaum flétrie par ces magistrats et brûlée par la main du bourreau, un évêque, un saint, un docteur renommé^ Alphonse Liguorl, la commentait dans sa théologie célèbre, dédiée à Benoît XIV dès 47ôâ, enseignée sous C!ément XIV, déclarée par Pie VU ne contenant rien qui fût digne de censure.
Lisez le Bref, qui supprima les Jésuites sans les condamner» qui lesafiQigea sans les punir, et je vous défie d'y trouver une seule proposition qui confirme positivement les dépositions de leurs accusateurs. Je ne puis le citer en entier, il triplerait mon chapitre, et je n'ai pas le courage de prendre çà et là, comme M. Quinet^ quelques lambeaux dont le rap« prochement pourrait former un contexte trompeur (1).
Si vous trouvez indigne d'une voix aussi pure que celle d'un pontife d'avoir reproduit des accusations iniques, même sans les confirmer, les Jésuites, trop religieux poulf ne pas respecter l'inviolable autorité qui les frappa, ont répondu en bénissant Jésus-Christ de ce que son vicaire a su s'arrêter aux limites de la Justice et de la vérité, a su restreindre dans une question de eonvenance et d'honneur personnel ce
(1) IV Leçon, p. 163-165. M. Qulnet ajoute uae lellre du cardinal de Sçruis donl il aurait dû indiquer la source. Cette pièce, fui- elle authentique, ce dont je doute beaucoup, ne serait que le témoignage fort suspect d*un homme qui tra« vailla de son mieux à la perte des Jésuites. Les ëvêques de France n'y crurent pas, supposé qu'elle leur soit parvenae, puisqu'ils ne publièrent pas le bref.
qui^ conduit avec moins de prudence» pouvait soulever des questions plus graves, opposer le Saint- Siège à lui-même, compromettre son uniformité de doctrine.
VIII. Étudiez sans passion cette grande catastrophe qui, après deux siècles de contradictions incessantes^ après trois grandes luttes successives avec la réforme, le jansénisme et la philosophie, mit fin à h première existence de la Compagnie de Jésus ; comparez r.extînclion et la renaissance de ce corps indestructible, et vous admirerez bien moins le sacrifice fait à ses persécuteurs que les précautions prises pour le ménager lui-même, pour le faire plutôt disparaître que mourir, pour entretenir jusque dans sa tombe, un germe de vie qui, au moment voulu par le Ciel, devait le réveiller et le rendre à de nouveaux labeurs. Je vais accumuler les faits, sans examiner les intentions des hommes.
La sentence de Clément XIV paraît sous forme de bref et non de bulle, afin qu'elle soit moins solennelle et plus facile à révoquer (1).
(1) Uq bref est une lettre que le Pape écrit aux rois, princes on magistrats, et quelquefois à de simples particuliers : on a coutume de l'expédier en papier, sur des affaires briëves, légères et succinctes. La matière des bùUes est ordinairement plus importante; leur forme est plus ample; elles sont toujours écrites sur parchemin. Quand le Pape est mort, ofl n'expédie plus de bulles pendant la vacance du Siège, t^ nouveau ponUfe lui-même s'abstient de cette forme plas solennelle avant son couronnement: il ne donne alors que des brefs ou des demMuUes {semi^holle ou mezze hollé), nom dérivé du cachet en plomb qui les accompagne pendu avec uoe
Ce bref n'est pas même publié en France; et l'Eglise gallicanne, d*après ses principes, dut le regarder comme nul, ne Tayant pas accepté. C'est d'après les principes des parlements que je raisonne.
A Naples sa promulgation fut défendue sous peine de mort (1).
A Rome même, il n'eut pas la solennité accoutumée, n'ayant été affiché ni au champ de Flore ni aux portes de Saint-Pierre, n'ayant pas été non plus, dit-on, dénoncé aux Jésuites selon les formes voulues par le droit. Car des canonistes remarquèrent que son intimation à la maison professe de Rome ne fut pas légale, n'ayant été faite qu'au seul général et aux assistants, lesquels se trouvant dès lors déposés, n'avaient plus d'autorité pour la notifier aux autres membres de la maison et de la Compagnie. Du reste tous les Jésuites du monde s'y soumirent (2).
ficelle, et dont une des faces est alors sans inscription. Dans les balles proprement dites, ce cachet représente d'un côté les têtes de S. Pierre et de S. Paul, et de Tautre il porte le nom du Pape régnant: mais dans les demi-bulles^ il n'y a que l'image des apôtres. Dizionario di erudizione sloricoeccle" siastica, etc., compilaiodi 6. Jlforom'^ au mot Bolla, §Siet vni, au mot Brève, g i, t. 5, p. 277 et 281, t. 6, p. il 7.
(1) Louis XVJ détrôné avant d'être roi, œuvres complètes de Vahhé Proyart, t. i, p. 331 (Paris, 1819). (2) Votumseusuffrdgium ab Eminenlissimo CardinaliXMatum, in caussa Jesuilarum 1775. Christ.de Murr, Journal zur Kunst' geschichte, etc. (ix» partie), p. 283 et suiv. (Nuremberg, 1780). Lettres d'un Anglais sur la Vie de Clément XIV, par M, Caraccioli^ xr letlrcy p. 190 et 191 (Paris, 1776). Je suis loin d'approuver le ton violent de cet ouvrage.
Enfin on avait songé à un concile, et le sacré collège ne fut pas même rassemblé.
Lorsque Clément V voulut supprimer l'ordre des Templiers, il convoqua tous les évéques du n^onde : trois cents examinèrent avec lui les imputations et les défenses, et tout le monde convint qu'il était nécessaire d'ouïr les accusés; ce fut l'avis de tous les prélats d'Espagne, d'Allemagne, de Dannemark, d'Angleterre, d'Ecosse et d'Irlande, de tous ceux de l'Italie, hors un seul^de tous ceux âe la France, excepté des trois archevêques de Reims, de Sens et de Rouen. Chacun des religieux fut cité à comparaître en personne, pour être au moins jugé par des conciles provinciaux (1). Les Jésuites ne furent ni cités, ni entendus. Les chefs eux-mêmes de Tordre n'ont pas comparu pour se défendre eux et leurs frères. Je me trompe: on les enferma au château Saint- Ange, après que la sentence fut portée ; et là on fit subir au général un interrogatoire si futile que le commissaire qui, tous les huit jours au plus, vint lui faire trois ou quatre questions à chaque séance, lui demandait pardon àchaque fois et rougissait d'un jeu pénible à sa conscience. Pie VI un an plus tard réhabilita la mémoire de ce grand coupable (â). Je sais que le pape pouvait supprimer le« Jésuites sans informations juridiques, sans procédures judiciaires; mais toutes ces formes étrangères aux lois canoniques et aux tribunaux de l'Église comme aux tribu-
(i) Fleary, Hist. eceléi.^ I. ai» p. «»0 et 151 (Gaen, 1781), (% Procesfo falto al générale LorenMo Hiçeit Gbrial. 4«Miirr, Journal, etc. (»• partie), p. S54 «t aaiv.
naux séculiers^ n'annoncent-elles pas une volonté secrèle de donner à l'arrêt le moins possible de solennité et de garanties?
Cette réflexion n'est pas la mienne. Elle vient de haut. C'est l'avis d'un cardinal interrogé par Pie YI. « Personne^ dit-il^ne peut nier que l'extinction de cet ordre a été conçue, proposée, intimée par Clément XIV; mais certainement il n'a pu, peut être même n'a-t il pas voulu en venir à l'exécution. » L'auteur avait d'abord fait remarquer les défauts de formalités; et voici la raison qu'il apporte de celte proposition singulière. Rappelons-nous qu'il parle en 1775,deuxans seulement après la sentence, quelques mois après la mort du juge (1). »
« Le corps de la Compagnie de Jésus n'est pas éteint; il existe toujours certainement; car autre chose est la suppression de plusieurs membres et celle du corps tout entier. L'extinction est indivisible comme la mort ; celle dont je parl« a été ou totale, en faisant évanouir la Compagnie tout entière, ou seulement partielle, en n'atteignant que quelques-uns de ses membres. Dans ce second cas, qui est le véritable, ce n'est pas une extinction, une mort réelle; car un homme, s'il n'est mort tout entier, s'il a un souffle encore, ne peut être appelé réellement et véritablement mort. »
c Or, ajoutait ce prince de l'Eglise, que Votre Sainteté observe maintenant si la Compagnie est réellement et véritablement morte et éteinte. En France, les Jésuites sont toujours Jésuites, puisque d'un côiô
(1) iHd., P.S89.
le pouvoir séculier, n'ayant pas pour les abolir Tautorité r<>quise, n'a pu les éteindre, et que de Tauire la puissance sacrée n'a rien fait contre eux, et ne leur a pas dénoncé leur abolition. De même en d'autres provinces, au vu et au su de tout le monde, du Saint-Siège, de Clément XIV lui-même (Votre Sainteté sait si ce que j'affirme n'est pas véritable et certain), les Jésuites existent encore, parcequeie bref de Clément leur a été promulgué sans aucune forme légitime, et n'a pu par conséquent produire de fait leur extinction véritable et canonique (1). »
Si je cite ce fragment du long mémoire demandé par Pie VI, ce n'est pas pour défendre l'opinion du cardinal anonyme; c'est pour constater l'empressement que le Sainl-Siége mit à relever d'une main ce que de l'autre il avait malgré lui abattu.
IX. Clément XIV lui-même permit aux Jésuites de la Silésie prussienne et de la Russie blanche d'observer leurs règles et de vivreen commun,non plus sous Tauiorité d'un général, mais sous celle d'un vicaire général seulement. Le prince évêque de Warraie écrivit aux Jésuites russes, le 7 juin 1774, trois mo/s par conséquent avant la mort de Clément XIV, arrivée le 22 septembre suivant, qu'on venait de recevoir du Pape, par la voie du nonce Garampi, une réponse à leur sujet très favorable, et qui leur permeltaif ^^ rester in statu quo jusqu'à nouvel ordre. L'évêque de Mallo, M. Siestrzencewicz, vicaire apostolique en Russie, fit aussi mention, dans un mandement donne en 1779, du privilège accordé par Clément XIV !«»"
(i) Ibid., p. 289 et 290.
m<jme aux Jésuites protégés par Catherine II (1).
Dès 1775 Pie VI, comme nous venons de le voir, songea à la révision, du procès des Jésuites : il fit ouvrir les portes du château Saint-Ange à ceux que les tracasseries de Charles 111 y avaient fait renfermer; et Rome entière célébra pompeusement les obsèques du pèreRiccî^ mort le 24 novembre, au moment où ses fers allaient tomber (2).
Le 7 juillet 1770, Frédéric avait écrit à Voltaire, en parlant de Clément XIV : « Ce boncordelier du Vatican... me laisse mes chers Jésuites que Ton persécute partout. J'en conserverai la graine précieuse pour en fournir un jour à ceux qui voudraient cultiver chez eux cette plante si rare (3). » Le 18 novem-
[\)Ibid,i Epistola pasloralis albœ Russiœ epUcopi, etc., p. 314-318 ; Picot, Mémoires pour servir à Vhistoire ecclésiasLf aa 28 Juin 1779, t. 2, p. 653 et 654 (Paris, 1815); Schoell, Cours d'MsL des étals européens^ t. 44, p. 84 et 85; Tabbë Georgel, Mémoires pour servir à Vhisloire des événements de la fin du dix-huitième siècle^ t. i, p.i3t et 144 (Paris, 1817). J'emprunte la note suivante à une histoire manuscrite de la conservation de la Compagnie de Jésus en Russie^ par le père Ch. Plowden, provincial des Jésuites d'Angleterre, mort en 1820 : <« Ceux qui nient la réponse faite au prince évéque de Warmie ignorent peut-être que les archives ecclésiastiques de Warmie, de Polotsh;, de Varsovie et de Saint Pélersbourg ea conservent des copies authentiques. L'impératrice en fait mention dans une dépêche à son ambassadeur à Madrid; elle ordonne à son résident à Rome de se récrier contre la hardiesse téméraire de ceux qui osaient la nier. »
(2) Biographie universelle; Christ, de Murr, Journal, etc.,
(3) (ouvres comph de Voltaire, t. 65, p. 408 (Paris, 1784).