CHAPITRE m
6IUPLB CONCLUSION DU CHAPITRE PBtCÉDENT.
Je n'ai pas envie d'en rester là : nous sommes en trop bonne voie. Mais n'en ai-je pas assez pour tirer dès ce moment deux conséquences rigoureuses qui déjà terminent la question?
La première m'est fournie par H. Quinet lui-même. Après avoir parlé des citations incontestables qu'il a dû faire pour combattre le livre des Exercices spiri^ fuels de S. Ignace^ il ajoute : < Que l'on ne pense pas non plus quej'ale choisi méchamment dans l'examen de cet ouvrage les parties les plus singulières, qui auraient le plus embarrassé ceux que je combats. Je n'ai extrait que les points sérieux.... (1). > Mais ce que M. Quinet affirme d'un livre de l'institut des JésuiteSy j'aime à croire qu'il le dit de tous ceux qu'il attaque; car je ne pense pas qu'il ait prétendu ailleurs faire des citations moins incontestables, ni choisir mé^ chamment les points les moins sérieux. Donc il fait luimême le plus bel éloge de l'institut qu'il combat, puisque pour attaquer ses points sérieux il faut recourir à de si mauvaises armes.
(i) III« Leçon, p. 190. Plus tard j'en viendrai â ces Exercices spirituels mutiiés conome la méibode des ëtades.
Eli second lieUy rappelons-nous cette maxime fondamentale de toute instruction judiciaire : Mendacium in ttuo dicenSj in ommbas prœsumlur dixisse. Dans un témoin^ il syflit d'une déposition fausse pour rendre toutes ses autres dépositions suspectes de fausseté. Or ce n'est pas un seul témoignage, c'est dix témoi- ^ages faux que nous venons de rencontrer dans les dépositions de l'adversaire des Jésuites. Donc toutes les autres sont au moins inadmissibles jusqu'à plus ample information. Que dis-je? Une justice rigoureuse ne devrait-elle pas le faire passer du banc des accusateurs à la sellette des accusés?
— M. Quinet serait-il donc descendu jusqu'à la calomnie ?
— Je ne dis pas cela. Est-ce croyable dans un homme que des milliers de lecteurs viennent d'honorer de leur confiance ?
— 11 aurait donc au moins voulu tromper, puisqu'il change , en les mutilant, les textes qu'il attaque?
—Je ne dis pas cela, répondrai-je toujours avec AIceste. Là où vous verriez de la malice je puis ne voir que de la légèreté.
— Il se serait donc trompé lui-même.
— Je ne dis pas cela. Le contexte était si clair que pour croire à ses méprises il faudrait à notre tour descendre jusqu'à la bonhomie.
-* Il faudra donc en revenir au mensonge? —Je nedis pas cela : le mot n'est pas français. Que de gens voudraient qu'il m'eût échappé I — Que dites-vous donc ?
— Eh bien ! si l'on veut absolument connaître ma
pensée, je finis par où Molière commence^ et je dis avec lui :
« Qa'il faat qa'an galant homme ait toujoars grand empire Sur les démangeaisons qai nous prennent d'écrire ; Qu'il doit tenir la bride aux grands empressements Q«'0B a de faire ëelat de tels amusements; Et que, par la chaleur de montrer ses ouvrag es^ Oo s'expose â Jouer de mauvais personages (i). »
(i) le Mi$afUhrop€y acte 1» scène t.
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